Globalement inoffensif

Notes de la catégorie Mon taf (13)

Marvel, où t’es ? (de potiron)

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En ce moment j’ai pas mal de boulot au boulot (oui ça peut surprendre, mais rappelez-vous que je suis fonctionnaire). Et je ne sais pas pourquoi, mais il se trouve qu’il y a toujours plus de choses à faire lorsque l’effectif est réduit (pour cause de vacances essentiellement, il y en a pas mal qui préfèrent partir hors-saison à l’informatique).

Bref, il va de soi que lorsqu’on en demande plus à moins de personnes, ça prend du retard et ça met la pression. J’avais donc pensé me faire porter pâle pour cause de récidive d’appendicite ou de mort de mon cheval, jusqu’à ce que je découvre LA solution à tous mes problèmes. J’ai juste à devenir un super-héros.

Alors après j’ai le choix : soit je deviens à l’instar de Batman et du Punisher un type sans pouvoirs mais qu’est super balèze quand même mais ça me botte moyennement, soit je mute à la X-Men, soit je me prends des super-pouvoirs. Je suis beaucoup plus tenté par cette dernière solution, il paraît que les super-héros avec pouvoirs ont de réductions fiscales plus intéressantes.

Il doit bien exister un magasin de superpouvoirs quelque part sur Paris. Après tout c’est le centre du monde connu, s’il y a un endroit où je peux trouver ça ce sera là-bas (ou à Disneyworld en Floride mais c’est plus loin) :

- Bonjour, alors je voudrais… un pouvoir de téléportation, un de télékinésie, et euh… mettez-moi l’ubiquité aussi s’il vous plaît.
- Bien sûr Monsieur, laissez-moi vérifier que vos pouvoirs ne présentent pas de contre-indications entre eux… Oui, c’est bon. Il vous faudra autre chose ?
- Un costume pour aller avec et le livre “l’identité secrète d’un super-héros pour les nuls” s’il vous plaît.
- C’est votre première fois n’est-ce pas ? Ne vous en faites pas, c’est très facile. Bien, commençons par le costume, que voudriez-vous en couleurs et accessoires ?
- Je voudrais un truc sobre mais classe, si on pouvait éviter le slip par dessus les collants ça m’arrangerait.
- Mmh, laissez-moi réfléchir… Non, je ne vois rien… Il vous faudrait quelque chose d’inédit dans ce cas. Aviez-vous une idée en tête ?
- Oui oui, un short hawaïen.
- Pardon ? Et euh… vous ne vouliez pas un habit sobre et classse ?
- Bah c’est le cas, quoi de plus classe qu’un short hawaïen ? En bleu foncé ou noir s’il vous plait. Pour le haut ne mettez rien, de toute façon les muscles sont inclus dans le forfait non ?
- Bien sûr Monsieur, la musculature développée fait partie des traditions de la maison. Une cape pour accompagner ?
- Non ça ira, je risquerais de me prendre les pieds dedans de toute façon. Et puis je n’aime pas trop les accessoires.
- Bien Monsieur. A quel nom de super-héros aviez-vous pensé ?
- Il en faut un ? Euh… Bolognaise-Man ? Naan, c’est pas terrible. Je sais ! Mettez juste “Le Touriste“. Oui, ça ça claque.
- Quel excellent choix, très approprié… Comme description, que voudriez-vous ?
- Alors : “On fait appel à lui en cas de fin du monde, il est plus fort que Popeye et Frangin réunis, il est capable de convertir le franc CFA en roubles, il connaît déjà le vainqueur des futures élections présidentielles, il peut abattre un cheval juste en claquant des doigts, il a un pouvoir sexuel surdéveloppé, il est capable de comprendre les sous-entendus des femmes, il a déjà vu toutes les prochaines saisons de toutes les séries télé intéressantes, il peut ressuciter le pape et enfin il sait qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus fort.”
- Parfait, excellente description. Je vous inscris au registre des super-héros… voilà, c’est fait. Ca fera 300$ s’il vous plaît.
- On paie en dollars ? Ah oui, c’est pour faire américain c’est ça ?
- Non, c’est juste que je n’ai pas confiance dans l’euro et que j’aime prononcer le mot Dollar.”

Ah ah, encore un message secret, mais cette fois-ci pour vous dire que je n’aime pas les huîtres.

Donc si vous voyez un abruti en short hawaïen essayer de se téléporter en se concentrant à mort, c’est moi.

Le taf contre-attaque

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J’ai bien étudié la question, et il n’est matériellement pas possible d’être en vacances toute l’année sans être soit très riche, soit très pauvre (et tant qu’à faire, je préfère encore ne pas faire le touriste à l’année et ne pas me situer dans la deuxième catégorie). J’avais trois semaines de congés durement gagnés qui ont filé plus vite qu’un chat qu’on arrose.

C’est donc la mine basse que j’ai repris lundi le chemin du boulot. Ce n’est qu’en descendant de ma voiture que je me suis rendu compte qu’en fait de voiture, la mienne était toute seule sur le parking. Interloqué, j’ai vérifié la date1, mais on n’était pas du tout dimanche.

A cet instant, je me suis dit qu’ils étaient tous partis en vacances et que j’aurais la paix. J’ai failli avoir raison, j’ai juste déchanté lorsque j’ai ouvert mes mails, le nombre de messages non-lus de trucs à faire dépassait largement le nombre de partisans de la peine de mort au Texas2. Ca aurait pu être un cas parfait d’ascenseur émotionnel, mais un lundi de retour de vacances il m’est impossible de ressentir quoi que ce soit à part une légère nostalgie et une immense lassitude.

Mardi c’était pas mieux, j’avais encore moins envie de bosser. Heureusement, j’avais aussi moins de trucs à faire. Et c’est là, au détour d’un dépannage à distance au téléphone ayant failli tourner au drame3 que j’ai compris le sens de l’histoire de l’humanité : les grands héros, personnages bons ou méchants de notre espèce ont tous invariablement choisi de faire des grandes choses à leur retour de vacances. Si vous ne me croyez pas vous n’avez qu’à regarder dans le Poney Magazine de juin 96, ils ont fait 30 ans de recherche (soit autant que pour le Nutella, si c’est pas un signe de sérieux ça) pour arriver à la même conclusion que moi (sauf que moi ça m’a pris seulement 10 minutes - aimer les chevaux diminue vos facultés mentales, on ne le dira jamais assez).

J’en étais donc là, près à bondir de mon siège pour voler à la rencontre du destin monumental et glorieux qui me tendait les bras. L’intensité du moment était semblable à celle qu’on ressent lorsqu’on est sur le point d’écraser le moustique qui nous a pourri la vie toute la nuit. Mais le coquin de sort a fait qu’il était l’heure d’aller manger, et on ne rigole pas avec la bouffe. Bon appétit bien sûr4.

  1. Il n’est pas impossible qu’à un moment dans ma vie je me trompe de jour, je sais que j’en suis capable. Du coup il m’arrive assez régulièrement et avec une pointe d’angoisse de vérifier quel jour je suis.[Retour]
  2. Soit la totalité des habitants du Texas sauf les condamnés eux-mêmes, et encore certains pensent que tous les autres devraient être exécutés sauf eux.[Retour]
  3. Je pourrais vous détailler tout ça mais c’est vraiment pas intéressant.[Retour]
  4. A ce propos, sir vous allez fureter ici vous verrez les faciès les plus vilains du monde, à croire que France 3 n’aime vraiment pas cette émission et qu’elle veut la torpiller en sous-main par le biais d’une présentation hideuse des présentateurs.[Retour]

Parce que je n’ai rien à dire…

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…Mais que j’aime y mettre les formes, je change de thème pour un truc moins foncé.

Ce changement de peau me semble tout à fait approprié pour vous causer d’un truc qui n’a vraiment aucun rapport : la mystérieuse migration des stylos en milieu bural. Tous ceux qui travaillent dans des bureaux reconnaîtront là un syndrôme souvent vérifié mais jamais prouvé scientifiquement que nous allons exposer ci-après :

Procurez-vous un stylo (volez-en un à votre voisin au pire) et posez-le sur votre bureau. L’ustensile n’a même pas besoin d’être en évidence. Laissez-le tranquille pendant 2-3 jours (le temps peut varier suivant le nombre de personnes susceptibles d’interagir avec votre bureau) et tentez de le retrouver.

Fichtre, l’ennuyeux objet a disparu* ! A priori, les stylos sont inanimés, ils ne peuvent donc pas s’enfuir tout seuls. Faites le tour de vos collègues, ils jureront n’a voir jamais eu connaissance de ce stylo, et nieront toute implication dans son éventuel rapt. Mais où donc a bien pu passer votre stylo ?

J’avais émis l’hypothèse dans mon histoire de lutins débiles que les stylos traversaient un portail interdimensionnel, disparaissant ainsi de la vue des humains que nous sommes. Mais bon, ça reste de la fiction. Peut-être vos collègues mentent-ils ; après tout, n’avez-vous pas à maintes reprises emprunté un stylo dans un bureau voisin, stylo que vous aurez emmené sans faire attention et qui traîne désormais on ne sait où. Vous faites donc le tour du bâtiment tel un limier à la poursuite d’un malfrat dont la sudation abondante fait une piste remarquable pour ces chiens dont le flair est exceptionnel. Pas de stylo. Rien, que dalle. Vous abandonnez, la mine basse. Vous allez vous consoler avec un vieux crayon de papier machouillé que vous avez laissé dans le fond d’un tiroir (ou pire, avec les stylos de couleur verte dont personne ne veut), mais ce n’est pas pareil.

3 mois plus tard, vous soulevez un papier pour récupérer un post-it qui vient de glisser sournoisement dessous quand vous le voyez : le stylo, votre stylo ! Toute à la joie d’avoir retrouvé un si bon compagnon (bien qu’un peu ingrat, il faut le reconnaître), vous mettez un moment à percuter que le papier, tout cachotier qu’il est d’avoir dissimulé votre précieux moyen d’écriture, n’est arrivé sur les lieux qu’avant-hier à la faveur de la distribution du courier. Alors où était donc passé ce foutu stylo durant tout ce temps ?**

Des centaines de scientifiques de par le monde se sont penchés sur cette énigme. Sans succès. Certains parmis les plus farfelus (mais aussi les plus sages) ont avancé l’idée en 1987 (à plus ou moins 10 ans près) que les stylos échappaient naturellement aux lois de l’univers, ce qui leur permettrait de temps en temps de gruger l’espace-temps pour s’y dissimuler. Toutes les tentatives de reproduction du phénomène en laboratoire clos ont lamentablement échouées, et pourtant des millions de personnes en sont victimes chaque année, beaucoup plus donc que les enlèvements par des extra-terrestres sodomites. A ce jour, personne n’a de réponse cohérente et les théories s’affrontent.

Cette note est un hommage à Badablam.net.

* La disparition n’est pas systématique. Selon votre indice karmique et le poids du capitaine en phase ascendante, il se peut que vous ayez la chance de retrouver votre stylo, bluffant d’inertie et d’immobilisme.

** Ne demandez pas au stylo, il ne vous le dira pas et vous passerez pour un dingue auprès de vos collègues.

Mise à jour :  Valérie qui s’était déjà penchée sur la question a émis l’hypothèse que les stylos pouvaient avoir une conscience de groupe, car elle les retrouve généralement en grappe. De ce que j’en sais, ça expliquerait que personne n’ait jamais de stylo au moment où on en a le plus besoin. De plus, elle pense que les ciseaux ou les agrapheuses ne sont pas innocentes dans cette affaire, puisqu’à son travail ils perdent 1,3 paire de ciseaux par an et par employé***. Ce qui est somme toute considérable, moi je suis propriétaire de mes ciseaux depuis maintenant 4 ans, et autant pour mon agrapheuse, sans que ceux-ci n’aient jamais manifesté la moindre vélléité de me quitter sournoisement.

*** Je ne me souviens plus des chiffres, j’ai mis au pif.