Ramdam était dans les cordes. Il faut dire que même étant un fier Barbare du Nord , se battre contre 7 lutins ivres et brutaux restait un acte extrêmement stupide. Parmesan qui était assit au fond de la taverne, regardait le spectacle avec enthousiasme et ne manquait pas d'encourager non son coéquipier mais les lutins ivrognes, qui n'avaient pas du tout apprécié de se voir traiter de sous-espèce stupide et bornée.
"- Allez les gars, je plaisantais quoi, vous n'allez pas en faire une montagne ! Protesta Ramdam en évitant une chope en bois.
- Tu nous a *hips* insultés, moi et euh... toute ma famille ! Eructa un lutin au faciès couleur vin.
- Allez-y, cognez sur sa face de barbu ! Cria Parmesan.
- Insultés, insultés, comme vous y allez ! Plaida Ramdam. Non, j'ai eu des propos quelque peu maladroits, j'en conviens et je m'en excuse par av...
- Essaie pas de nous embrouiller avec *hips* tes phrases avec plein de mots et de lettres dedans ! Le coupa un de ses adversaires.
- Pendez-le, il l'a bien mérité ! Cria Parmesan.
- Bon on va faire plus simple, soupira Ramdam en envoyant une droite à un ivrogne un peu trop proche. Moi y en a être pote à vous, et moi y en a payer tournée à vous si vous me foutre la paix. Ok ?
- 'Tendez, faut qu'on s'concerte, dit un des assaillants. Allez les gars, réunion."
Les lutins ivres se mirent tant bien que mal en cercle et commencèrent un concert de beuglements qui se voulait des messes basses, le tout ponctué de jurons, de rots sonores et de pets qui ne l'étaient pas moins. La discussion dura cinq bonnes minutes, le temps que chacun donne son point de vue et ricane à une bonne blague de l'un d'entre eux. Puis un des lutins s'avança vers Ramdam :
"- C'est d'accord eh couillon, tu payes à boire et t'es notre ami pour la vie !
- Bien, voilà qui est rassurant. Laissez-moi aller chercher de quoi vous payer une tournée, j'ai oublié ma bourse à l'extérieur.
- Il bluffe, il est fauché, il va se barrer comme un voleur ! Cria Parmesan, toujours bien installé dans son fauteuil.
- Ah toi ta gueule *hips*, tu parle pas comme ça de notre pote, répliqua un des lutins.
- Il a manqué de respect à l'un de vos amis, vous devriez lui casser la figure, susurra Ramdam qui tenait sa revanche.
- Bonne idée, allez les gars, on lui pète sa gueule !"

Parmesan, sentant le vent tourner et lui apporter une nauséabonde odeur, prit ses jambes à son cou et tenta de battre le record du 100 mètres départ assis dans une taverne. Il atteignit presque la porte quand deux gardes se postèrent à l'entrée et lui bloquèrent le passage. Les poursuivants du Barbare se dépéchèrent de retourner vider leurs choppes, tandis que Ramdam hésitait à crier que Parmesan était un voleur ou à sauter par la fenêtre.
"- Le Conseil veut vous voir, dit un des gardes.
- Moi ? Demanda Parmesan abasourdi.
- Toi et l'autre barbu oui. Et si vous pouviez aller prendre un bain avant, ça serait pas un mal. C'est con pour vous, on n'a pas le temps. Veuillez nous suivre sans faire d'histoire, ça m'aurait amusé de vous découper en morceaux mais je suis assez pressé ce soir."

Les deux Barbares l'air piteux suivirent les gardes au travers de la cité endormie. La Capitale des lutins ayant été construite en dépit du bon sens, il était très difficile de trouver son chemin, même pour un habitué des lieux. Bon nombre de rues, de ruelles et même d'avenues se terminaient par un cul-de-sac plein de détritus. Heureusement, la présence des Gardes était suffisamment dissuasive pour que les bandes de voleurs n'agressent pas les deux Barbares. Il faut dire que les Gardes étaient considérés comme la menace numéro une dans la Capitale. Il ne passait pas une semaine sans que le Conseil, qui dirigeait plus ou moins le Royaume des Lutins ne soit assailli par une déléguation d'habitants protestant vigoureusement contre les exactions de la Garde.

Finalement les Gardes arrivèrent devant un grand mur seulemet doté d'une petite porte. Ils pressèrent sans amabilité les deux Barbares d'entrer.