Une éducation de sauvageon
Par Dric le jeudi 20 mars 2008 - Histoire - Lien permanent
L'intervention magistrale de la voix coupa net l'envie de Ramdam
, qui se dépêcha maladroitement de se refroquer sous l'oeil vivement réprobateur de Parmesan. La voix poursuivit :
"- Non mais vraiment, j'ai jamais vu ça ! Mais où avez-vous donc été éduqué ?!
- Bah euh, à l'Université
, et un peu par mes parents, bredouilla Ramdam.
- Et ils n'apprennent pas les bonnes manières dans cette université ? Tempêta la voix.
- Ah non ça c'est les parents, mais ceux de Ramdam étaient plutôt ignares en la matière, signala Parmesan
.
- Hé, tu insutes mes parents là ?
- Je peux aussi t'insulter toi si tu veux, vous êtes vraiment à mettre dans le même panier !"
Alors que Parmesan et Ramdam en venaient aux mains, le petit Bureaucrate
de l'accueil déboula en courant, affolé par le bruit. Emporté par son élan, il glissa sur le sol en marbre et finit sa course dans une grande poterie finement décorée, dans laquelle il se retrouva coincé.
"- Muhmuhmuh mu mumuh ! Dit-il du fond du vase.
- Pardon ? Enlevez ce truc, on ne vous entend absolument pas mon ami", lui reprocha la Voix pendant que les deux Barbares se collaient des baffes.
Le préposé à l'accueil se débattit cinq bonnes minutes avant de pouvoir s'extirper de la poterie. Il se rajusta tant bien que mal et tenta de déclarer d'une voix ferme :
"- Messieurs, vous ne pouvez pas vous battre ici, c'est interdit par le règlement !
- Je me battrai où je voudrais, rétorqua Parmesan en esquivant un coup de poing de Ramdam qui finit sa course dans le mur, occasionnant à son propriétaire une douleur intense qui lui arracha une larme.
- AAAAh, mais on n'a pas idée de faire des murs aussi durs ! Beugla Ramdam en faisant la danse universelle de la douleur.
- S'il vous plaît taisez-vous un peu, pleurnicha le préposé à l'accueil.
- Ouais, bouclez-là ! Ajouta la grosse voix.
- Mais qui êtes-vous à la fin ? Demanda Parmesan à la voix.
- Je suis la Porte de Sortie, misérable cloporte ! Depuis des siècles je permets aux êtres morts de revenir à la vie, et voilà comment on me traite : non content de me pisser dessus, vous ne savez même pas ce que je suis ! C'est intolérable, je me plaindrai à la Direction !
- Non non, ne faites pas de scandale, pitié, restez tranquille, tout va bien, je m'occupe de tout, bredouilla le Bureaucrate de l'accueil.
- Tiens, mais pourquoi êtes-vous aux petits soins avec nous ? Demanda Parmesan.
- Je parie que ce tire-au-flan a comme responsabilité le passage des morts à travers la Porte de Sortie. Et comme il sait qu'il n'a pas fait son boulot il se fait pipi dessus ! Ricana Ramdam.
- Ah non, pas encore !" Protesta la Porte.
Finalement, après une discussion acharnée, tout le monde décida que les deux Barbares du Nord pouvaient emprunter la Porte de Sortie, que le petit bureaucrate de l'entrée était un trouillard incompétent et qu'on ne pouvait pas se lécher le coude sans être invertébré. Les deux Barbares franchirent la Porte de Sortie, qui leur joua un air qui se voulait majestueux pour l'occasion. C'est donc sur une musique céleste reprenant l'air d'une chanson paillarde lutine que Ramdam et Parmesan revinrent parmis les vivants.

