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Lutins

Les Lutins sont de petits êtres d'un peu moins de 2cm. Il est d'ailleurs communément admis qu'un humain fait cent fois la taille d'un lutin. Les lutins vivent dans le Monde des Lutins , un monde qui fait fort logiquement le centième du nôtre. Pysiquement les lutins sont plutôt quelconques, et il est beaucoup plus fréquent de rencontrer un lutin laid qu'un lutin beau. Les lutins sont au centre de cet univers. Non pas parce qu'ils sont les plus importants, mais par hasard.

Les Lutins habitent au Royaume des Lutins . On pourrait penser que les Lutins ne se foulent pas pour trouver des noms aux choses qui les concernent, mais en réalité ces noms simples sont surtout utilisés parce qu'ils sont simples à retenir. En effet, le Lutin est stupide de nature. Un crétin à peine bon à manger du foin, une brute épaisse au cerveau mou comme un poulpe.
Les lutins ne sont dans l'ensemble pas très malins lorsqu'on les regarde individuellement. Mais lorsqu'ils sont en foule, c'est encore pire. Un sociologue du nom d'Adrien Monks émit une hypothèse comme quoi le QI d'un lutin au milieu d'un groupe baissait proportionnellement au nombre d'individus présents dans ce groupe. Personne n'y comprit rien, donc on s'empressa d'en faire une loi sociologique qui perdure encore aujourd'hui.

De plus le lutin moyen est aussi méchant qu'il est bête. L'Université des Barbares du Nord a pendant longtemps étudié les moeurs sociales des Lutins et en a déduit que ceux-ci étaient parfaitement incapables de vivre en société en raison de leur incroyablement faible taux de tolérance vis-à-vis des autres, mais qu'ils ne peuvent survivre seul car ils ne pourraient alors nuire à personne et mourraient de déprime.
Les lutins sont par essence égoïstes. Ils ne vivent que pour eux, et le fait même qu'un autre lutin puisse être plus heureux qu'eux leur est insupportable. Des études faites encore par les Barbares du Nord montrèrent qu'un lutin pauvre ne désirait pas que les inégalités s'effacent, il voulait seulement prendre la place des riches. Et s'il n'y parvenait pas, il souhaitait tout au moins que les riches souffrent beaucoup plus que lui.

On trouve une quantité incroyables de sous-espèces chez les lutins, car ce sont les seuls êtres du Monde des Lutins à pouvoir se reproduire avec n'importe quel individu de n'importe quelle race. Toutefois la progéniture naissant d'accouplements parfois contre-nature est loin d'être toujours viable, d'autant que les lutins normaux se font une joie de reporter leur hargne et leur haine sur ces phénomènes de foire.
Les lutins vivent très longtemps, mais leur vie ne défile pas de la même façon suivant leur âge. Leur enfance dure 1 siècle, l'adolescence dure 80 ans, leur vie d'adulte dure environ 30 ans, et ils meurent si tout va bien vers l'âge de 230 ans. Bien sûr cette longévité est relative car la plupart des lutins meurent bien avant, que ce soit par les guerres, les meutres, les famines et les épidémies.

L'histoire des lutins est nébuleuse et incomplète car les guerres, les actes terroristes et les membres du Conseil ont réduit à néant les archives historiques du Royaume. On dispose donc d'informations éparses, souvent fausses et trafiquées, que personne ne lit puisque la profession d'historien est interdite depuis plus de 500 ans par ordre du Conseil. Il se trouve que la seule façon d'apprendre quelque chose sur le peuple des lutins, c'est de consulter les multiples ouvrages qui en parlent dans les gigantesques bibliothèques des Barbares du Nord.

L'économie des lutins est rurale et minable. Environ les deux tiers des lutins vivent en dessous du seuil de pauvreté, et on assiste même à des scènes de cannibalisme dans certains coins très largement défavorisés.

Seul un quart des lutins sait lire et écrire, et sont inclus ceux qui ne savent déchiffrer que leur nom. Les écoles sont pour la plupart en ruines, et l'éducation est faite par les anciens, quand il en reste. Les jeunes lutins sont souvent employés comme domestiques ou esclaves, et les jeunes filles ont souvent comme seules alternatives la prostitution ou la reproduction intensive. C'est certainement de là que provient l'idée répandue que les lutines sont très portées sur le sexe, alors qu'en vérité ce sont les mâles qui les cantonnent à ce domaine.

Rencontre avec des vrais lutins

Ramdam était dans les cordes. Il faut dire que même étant un fier Barbare du Nord , se battre contre 7 lutins ivres et brutaux restait un acte extrêmement stupide. Parmesan qui était assit au fond de la taverne, regardait le spectacle avec enthousiasme et ne manquait pas d'encourager non son coéquipier mais les lutins ivrognes, qui n'avaient pas du tout apprécié de se voir traiter de sous-espèce stupide et bornée.
"- Allez les gars, je plaisantais quoi, vous n'allez pas en faire une montagne ! Protesta Ramdam en évitant une chope en bois.
- Tu nous a *hips* insultés, moi et euh... toute ma famille ! Eructa un lutin au faciès couleur vin.
- Allez-y, cognez sur sa face de barbu ! Cria Parmesan.
- Insultés, insultés, comme vous y allez ! Plaida Ramdam. Non, j'ai eu des propos quelque peu maladroits, j'en conviens et je m'en excuse par av...
- Essaie pas de nous embrouiller avec *hips* tes phrases avec plein de mots et de lettres dedans ! Le coupa un de ses adversaires.
- Pendez-le, il l'a bien mérité ! Cria Parmesan.
- Bon on va faire plus simple, soupira Ramdam en envoyant une droite à un ivrogne un peu trop proche. Moi y en a être pote à vous, et moi y en a payer tournée à vous si vous me foutre la paix. Ok ?
- 'Tendez, faut qu'on s'concerte, dit un des assaillants. Allez les gars, réunion."
Les lutins ivres se mirent tant bien que mal en cercle et commencèrent un concert de beuglements qui se voulait des messes basses, le tout ponctué de jurons, de rots sonores et de pets qui ne l'étaient pas moins. La discussion dura cinq bonnes minutes, le temps que chacun donne son point de vue et ricane à une bonne blague de l'un d'entre eux. Puis un des lutins s'avança vers Ramdam :
"- C'est d'accord eh couillon, tu payes à boire et t'es notre ami pour la vie !
- Bien, voilà qui est rassurant. Laissez-moi aller chercher de quoi vous payer une tournée, j'ai oublié ma bourse à l'extérieur.
- Il bluffe, il est fauché, il va se barrer comme un voleur ! Cria Parmesan, toujours bien installé dans son fauteuil.
- Ah toi ta gueule *hips*, tu parle pas comme ça de notre pote, répliqua un des lutins.
- Il a manqué de respect à l'un de vos amis, vous devriez lui casser la figure, susurra Ramdam qui tenait sa revanche.
- Bonne idée, allez les gars, on lui pète sa gueule !"

Parmesan, sentant le vent tourner et lui apporter une nauséabonde odeur, prit ses jambes à son cou et tenta de battre le record du 100 mètres départ assis dans une taverne. Il atteignit presque la porte quand deux gardes se postèrent à l'entrée et lui bloquèrent le passage. Les poursuivants du Barbare se dépéchèrent de retourner vider leurs choppes, tandis que Ramdam hésitait à crier que Parmesan était un voleur ou à sauter par la fenêtre.
"- Le Conseil veut vous voir, dit un des gardes.
- Moi ? Demanda Parmesan abasourdi.
- Toi et l'autre barbu oui. Et si vous pouviez aller prendre un bain avant, ça serait pas un mal. C'est con pour vous, on n'a pas le temps. Veuillez nous suivre sans faire d'histoire, ça m'aurait amusé de vous découper en morceaux mais je suis assez pressé ce soir."

Les deux Barbares l'air piteux suivirent les gardes au travers de la cité endormie. La Capitale des lutins ayant été construite en dépit du bon sens, il était très difficile de trouver son chemin, même pour un habitué des lieux. Bon nombre de rues, de ruelles et même d'avenues se terminaient par un cul-de-sac plein de détritus. Heureusement, la présence des Gardes était suffisamment dissuasive pour que les bandes de voleurs n'agressent pas les deux Barbares. Il faut dire que les Gardes étaient considérés comme la menace numéro une dans la Capitale. Il ne passait pas une semaine sans que le Conseil, qui dirigeait plus ou moins le Royaume des Lutins ne soit assailli par une déléguation d'habitants protestant vigoureusement contre les exactions de la Garde.

Finalement les Gardes arrivèrent devant un grand mur seulemet doté d'une petite porte. Ils pressèrent sans amabilité les deux Barbares d'entrer.