"- On est morts là ? Demanda Parmesan
d'un air ahuri.
- Indubitablement vous l'êtes, répondit un vieillard habillé en blanc et constellé de tâches de sauce tomate.
- Et euh... C'est définitif ? Hasarda Ramdam
.
- Ca on n'en sais rien, avoua le viellard. Mais depuis le temps, si on pouvait revenir à la vie en claquant des doigts ça se saurait !"
Le vieillard satisfait s'en alla embêter un fantôme qui traînait par là en faisant mine de lui mettre les doigts dans le nez. Parmesan
et Ramdam restèrent indécis une bonne dizaine de minutes, contemplant une immense plaine vide et herbeuse, jusqu'à ce qu'ils voient passer soudain un Lutin
poursuivi par une Fée
.
"- Salut ! Lança le Lutin aux deux Barbares
en continuant sa course.
- Salut ! Lança la Fée à sa suite.
- Euh... répondirent les Barbares.
- Hé, cria Parmesan à la Fée, on est où là ?
- Aucune idée !" répondit la Fée qui s"éloigna à grandes envolées en direction du Lutin qui continuait à courir à toute vitesse.
Les deux Barbares se regardèrent un court instant puis se lancèrent à la poursuite de la Fée. Ils coururent ainsi sur 200 pas avant de s'écrouler hors d'haleine. De dépit, ils décidèrent de s'asseoir en rond et de bouder. Bouder se révèlà assez aisé mais faire une ronde à deux leur posa plus de problème. Finalement ils se roulèrent en boule et s'endormirent comme deux clodos.
Voir un Barbare du Nord dormir est toujours un spectacle assez extraordinaire : la force de leur ronflement peut provoquer chez les plus bruyants sujets des mini-séismes, et leur barbe se retrouve inondée par la bave qui leur coule de la bouche. Et personne ne se risquerait à faire une description de ce qui leur sort du nez pendant leur sommeil.
Un quart d'heure plus tard, les deux barbares se firent promptement réveiller par des jets de pierres et des insultes véhémentes.
"- Ca suffit, cria un lutin avec un couteau planté dans le crâne, laissez-nous dormir !
- Oui, c'était marqué sur le prospectus 'repos éternel', on y a droit ! enchaîna une femme dont le cou était marqué d'empreintes de stangulation.
- Mais euh... risqua Ramdam.
- Silence, allez gêner plus loin !"
Les deux barbares s'enfuirent devant l'air malveillant de la foule de morts qui les encerclaient. Ce n'est pas parce que les Barbares étaient déjà morts qu'ils devaient risquer leur peau de cadavre.
"- Rah les salauds, grogna Parmesan en courant, même morts ils sont pénibles !
- J'en ai marre, haleta Ramdam, je veux redevenir vivant !
- Claque des doigts, on sait jamais" ricana Parmesan en claquant des doigts.
Et il disparut.

