T’es vraiment un mouton du cheveu toi…

Pondu le 14 avril 2021 - 3 commentaires

L’autre jour j’ai fait un rêve plutôt étrange, dans lequel j’étais dans une galerie de centre commercial avec Valérie Pécresse, qui me disait avec la voix de Nadine Morano (j’ai toujours pensé que ces deux personnages étaient en fait la même personne) qu’en matière de tourisme il fallait arrêter d’être un mouton et de visiter la même chose que tout le monde.

Voici ce que je lui ai répondu :

Si ça plaît à 90% des gens, alors ça me plaira aussi. Je ne vais pas aller visiter des trucs nuls que personne ne veut voir sous prétexte d’anti-conformisme.

Oui, j’ai vraiment rêvé ça et je trouve que ma réponse était parfaite. Et il se trouve que j’ai des personnalités politiques de droite qui s’invitent dans mes rêves, c’est comme ça et je ne m’excuse pas.

Vous vous demandez sans doute où je veux en venir avec tout ça, et bien je n’en sais rien non plus mais puisqu’on parle de moutons, je vais rebondir sur le fait qu’on associe les cheveux raides à des cheveux laids.

J’en veux pour preuve qu’on dit « des boucles soyeuses », et des « cheveux raides comme de la paille ». Convenons ensemble de la discrimination évidente qui est faite à l’égard des cheveux qui ne courbent pas, puisque les termes soyeux et paille sont à chaque bout du nuancier de la douceur.

Et personne n’aime se rouler dans la paille. Ça pique, ça gratte et c’est pas du tout agréable. Donc en avoir sur les cheveux, ce n’est évidemment pas bon signe pour votre carrière d’Apollon Mondain.

On va me rétorquer que beaucoup de personnes aux cheveux longs aiment les lisser. Ce en quoi je vous ferai remarquer qu’à part une minorité de punks à chiens, aucune d’entre elles ne souhaitent les voir raides comme un piquet. Vous voulez vraiment que votre tête ressemble à un dessin d’enfant avec des traits droits en guise de cheveux ?

Non ce que les gens veulent dans ce cas, c’est qu’ils ne bouclent pas. Si vous observez un cheveu lissé, il n’est évidemment pas raide et droit sur toute sa longueur. Simplement la courbe est très très modérée1.

C’est exactement le même problème qui fait qu’en cas de pilosité faciale (ce qui arrive plus souvent aux hommes, convenons-en) on se retrouve avec des poils dignes d’un scotch-brit qui vont empaler le visage des malheureux et malheureuses à qui vous ferez la bise ou un câlin2.

Mais il y a pire. Le problème des cheveux raides touche plus la population masculine que féminine (Étude IPBI de mars 2021). Et ça peut donc se combiner avec un autre souci capillaire, à savoir la chute de cheveux et l’apparition de zones sur le crâne qui sont désertés par les poils. Et alors qu’on pourrait penser qu’un problème chasse l’autre (pas de cheveux = pas de problème de cheveux raides), ce n’est en réalité pas le cas puisque la calvitie comme la raideur des cheveux ne sont pas des phénomènes homogènes et vous aurez donc les deux calamités conjointement installées sur votre cuir chevelu. Oui, c’est moche et c’est surtout très compliqué à camoufler3.

Vous allez me dire que certaines personnes y arrivent très bien. Et pour me rabattre le caquet, vous allez me parler de Jude Law4. Voyons ce qu’il en est sur cette photo, alors que nous surprenons notre homme en pleine introspection :

Jude Law, un gars concerné par la collecte des déchets
Jude Law, un acteur qui ne semble pas vieillir selon la même ligne temporelle que tout le monde (il a été jeune, puis vieux, puis re-jeune, puis on ne sait plus).

Et bien vu comme ça effectivement, on voit mal en quoi ça handicape le bonhomme d’avoir des problèmes capillaires. Sauf que mon propos n’est pas de vous parler de perte de cheveu5 mais de cheveux raides. Et Jude Law n’a pas ce problème, la preuve en images :

Jude Law, un gars qui est soyeux du cheveu
Le même Jude Law probablement un peu plus jeune ou un peu plus vieux, on ne sait pas trop. Mais il a plus de cheveux.

Donc c’est facile d’être beau gosse avec de telles bouclettes. Et avec un super coiffeur. Et quand le reste n’est pas moche non plus. Non parce que vous avez choisi Jude Law, mais vous avouerez qu’on trouve plus laid comme garçon.

Dans tous les cas c’est mieux si vous avez de belles bouclettes mais si vous le pouvez, soyez belle/beau aussi, ça aide :

Une touriste avec une chevelure soyeuse
Si comme moi vous aimez ce que vous voyez, alors vous n’êtes vraiment qu’un mouton. Sortez des sentiers battus et ayez vos propres goûts un peu. Ça ce sont les miens, et je ne les prête pas.

J’avoue avoir hésité à vous mettre des photos de Nadine Morano tout en bouclettes, et Valérie Pecresse tout en cheveux lisses. Mais vous n’y perdez pas au change avec mes illustrations, je vous le garantis.

Mais pour en revenir à ces deux femmes politiques, est-ce qu’on les a déjà vu l’une à côté de l’autre ? Moi je dis qu’on sait pas, et que si ça se trouve c’est la même personne ! Et comme elle est super fourbe, elle fait semblant de détester son alter-ego pour éviter d’avoir à se retrouver avec ses deux avatars au même endroit en même temps.

C’est aussi ça ne pas être un mouton, c’est oser le complotisme.


  1. J’avais dans l’idée de vous assommer avec le calcul d’une courbe, mais je n’y comprends tellement rien que je ne vais même pas m’y risquer. Mais si vous êtes curieux-se, voici l’article wikipedia

  2. Cette note a été écrite un beau jour de pandémie, mais peut-être qu’un jour on pourra de nouveau se dire bonjour avec un contact physique. 

  3. Je précise par fierté que je ne suis pas encore touché par la calvitie, même si on m’a déjà dit quelques fois qu’on voyait mon crâne un peu plus qu’avant. Les gens sont méchants, que voulez-vous… 

  4. Vous aurez écarté de vous-même Bruce Willis qui est chauve depuis tellement longtemps qu’il faut regarder un des premiers Die Hard pour se souvenir qu’il a déjà eu des cheveux un jour, qu’il avait lui aussi un problème de calvitie précoce et que de toute façon il n’avait pas les cheveux raides. 

  5. En fait bien sûr que si, mais vous êtes ici chez moi et ce blog carbure à la mauvaise foi. 

On est bien sur skyblog ici ? Vite, je commente !


C’est pas ma faute !

Pondu le 25 septembre 2020 - 0 commentaires

Il se trouve que je suis informaticien de métier. Un vrai de vrai, avec des lunettes, mal rasé, geek, amateur de jeux vidéo. Et comme j’aime les clichés, j’assume totalement d’en être un.

Jusque là rien de fantastique, on connait tous un gars qui dit qu’il bosse dans l’informatique. Et on s’empresse de lui demander de réparer de vieux ordinateurs qui n’aspirent qu’à un repos éternel et poussiéreux, ou plus récemment des tablettes et smartphones bas de gamme qui étaient déjà dépassées dès leur achat.

Mais venons-en à notre propos du jour1 :

Nous avons tous un jour entendu de la part d’un organisme ou d’un magasin la merveilleuse excuse : « Ah là là là là oui, nous n’avons pas pu traiter votre demande, nous avons un problème informatique. »

Ce qui sous-entend que sans informatique, les gens sont incapables de travailler. Les informaticiens devraient donc être payés plus chers que des traders sous cocaïne. Tout comme un nombre faramineux de professions qui ont été mises en valeur pendant le confinement d’ailleurs.

Mais contrairement à ces braves gens qui ont reçu plus ou moins de remerciements ou applaudissements, les informaticiens ne méritent pas tant que ça une paie faramineuse. Enfin moi si, mais ce que je veux dire c’est que nous ne sommes en réalité pas si indispensables puisque l’informatique en temps normal, ça fonctionne très bien. En fait, tant qu’un humain n’y met pas les pattes, le seul risque c’est la panne matérielle.

Les principaux cas où l’informatique plante sont :

  • Une mise à jour (des logiciels ou des matériels)
  • Une fausse manip de quelqu’un sur un logiciel (j’ai rippé chef !)
  • Un bug parce que le logiciel a mal été testé (le contrôle qualité est très performant pour vous ennuyer, mais nettement moins fiable pour améliorer vos conditions de travail)
  • Une panne matérielle bloquante, mais dans les moyennes et grosses structures le système est fait pour ne pas crasher lorsqu’un seul matériel plante, les équipements sont doublés pour qu’en cas de panne de l’un d’entre eux, un autre prenne le relais immédiatement.
  • Lorsque les gens cherchent une bonne excuse pour justifier un retard qui ne passerait pas super bien auprès de leur interlocuteur qui vient leur demander des comptes.

On pourrait donc penser au vu de cette liste (qui n’est pas exhaustive, il y a probablement d’autres cas de plantage) que l’excuse n’intervient que dans 20% des cas. Je vous le dis avec tout mon professionnalisme et sans même invoquer ma mauvaise foi légendaire, c’est une erreur.

Parce qu’un bon informaticien est un informaticien feignant. Il va travailler plus pour en faire moins derrière et ne va donc pas risquer de foutre en l’air sa soirée ou son weekend avec une mise à jour hasardeuse ou un bug de dernière minute2. Et si le développeur est assez malin, il aura inclus des garde-fous pour éviter les fausses manips sur son logiciel3. Bref, les cas de plantage réels ne sont pas si fréquents4.

J’ai donc consulté l’IDMSP, un très sérieux organisme de conseil et de statistique pourtant très peu connu du grand public, qui m’a répondu qu’en réalité quand on annonce au client qu’il y a un problème informatique, c’est une fausse excuse à hauteur de 76%. C’est énorme. Cette étude réalisée à l’échelle internationale par l’Institut du Doigt Mouillé et de la Statistique Pifométrique aurait du secouer les fondations de la relation client et poser les nouvelles bases d’une économie fondée sur le respect d’autrui5.

Sauf que le COVID est passé par là. Et que je ne dirai pas la COVID, parce que c’est un sujet trop sérieux pour qu’on le conjugue au féminin et que la place des femmes sur ce blog est la plupart du temps anecdotique et cantonnée à de l’illustration en tenue légère6. D’ailleurs la preuve :

Ne cliquez pas sur ce lapin, il ne mange pas de carotte...
Le port du masque est obligatoire, même sur ce blog.

Mais revenons au COVID. Vous l’aurez vous-même constaté, les organismes auxquels vous avez affaire au quotidien se lâchent carrément ces temps-ci : pour expliquer leurs retards, leurs augmentations de tarifs et les possibles désagréments qu’ils nous font subir, ils mettent tout sur le dos du COVID.

Et vous avez remarqué ? Il y a beaucoup moins de pannes informatiques chez nos interlocuteurs qu’avant l’arrivée de ce virus. Je crois même que le COVID commence à être une excuse pour masquer des plantages informatiques, c’est dire le potentiel excusatoire de ce virus7.

Je pourrais donc vous faire une conclusion étoffée mais je peux pas, j’ai COVID.


  1. Ou de l’année, vu le rythme de publication sur ce blog. 

  2. Et c’est pourquoi il existe une règle d’or qui dit : « On ne touche pas à la prod le vendredi ». On y touche en semaine, on y touche le weekend si on a programmé une grosse intervention, mais pas le vendredi. Jamais. 

  3. Il y aurait gros à dire sur le fait que ce n’est pas tant le cas que ça, mais on n’est pas là pour pinailler. 

  4. Vous aurez noté que je suis parti du postulat que mes confrères étaient tous doués et compétents. Mais s’il y a bien une profession remplie de charlatans, c’est la mienne. Mais si on commence à vouloir inclure le taux de compétence des gens dans cette histoire, on va vite dépasser le taux d’incompréhension moyen de mes rares lecteurs, qui n’est pas beaucoup moins élevé que le mien. 

  5. On est bien d’accord que c’est un vœu pieux, les gens étant aussi pénibles en tant que clients qu’en tant que fournisseurs. 

  6. Et si on m’en fait le reproche, je répondrai avec véhémence qu’on ne peut plus rien dire maintenant, et qu’on est en train de construire une société de mimolettes, et que comme je suis grand, mâle et blanc, je suis une majorité opprimée qui n’a droit à rien. 

  7. Oui je sais, le COVID-19 c’est la maladie qui est déclenchée par le virus et non pas le virus en lui-même. Mais vu qu’aucun autre organisme ne déclenche cette maladie, je trouve idiot d’avoir séparé le virus de la maladie auprès du grand public. 

Je veux coucher avec Dric, vite je commente !


Tout ceci est vraiment barbant

Pondu le 31 décembre 2019 - 1 commentaire

Les gens qui viennent de temps à autre voir si je n’ai pas pondu une nouvelle note sur ce blog, Albane et les gens qui me demandent un service pas urgent ont en commun d’être persuadés que j’ai un poil dans la main long comme ma b…1.

Et ils ont totalement tort. Je ne suis pas feignant, je suis procrastinateur. Mais du genre procrastinateur compulsif.

Tant qu’on parle de poils, je pense qu’il est temps d’aborder un sujet qui fait bien plus consensus que de savoir qui de l’hippopotame ou de l’éléphant est le plus balèze : les intégristes et la barbe.

Notons d’emblée que les femmes sont infériorisées sur ce sujet. Vous ne verrez jamais de barbue islamiste, hipster ou guérillero. Les femmes n’étant en temps normal pas pourvues de pilosité faciale, elles ne voient pas l’intérêt de recourir à la chirurgie esthétique pour se faire pousser la barbe. Et si par malchance elles ont des poils faciaux, elles ont plutôt tendance à ne pas les arborer fièrement.

Comme à l’accoutumée ici, on va donc classer les femmes dans la catégorie « vague nuisance qui nuit à la pureté du propos » et ne plus les mentionner ensuite.

L’intégrisme, c’est avant tout l’histoire d’une personne qui se noie dans ses idées : on commence par trouver le truc sympa, puis on en parle autour de soi, puis on commence à prendre à partie les gens en disant que c’est mieux que ce qu’ils ont déjà, et pour finir on veut brûler tous ceux qui ne pensent pas exactement comme soi.

Les intégrismes suivent à peu près tous les mêmes codes :

  • Le rejet de ceux qui ne promeuvent ni ne se conforment aux doctrines de l’idéologie
  • Une vénération sans borne de leaders pourtant souvent controversés
  • Une argumentation sans limite de mauvaise foi
  • Le refus de convenir qu’on peut vivre en accord avec soi-même sans pour autant suivre les préceptes de l’idéologie
  • La croyance ferme que les infidèles recevront tôt ou tard un retour de karma, si possible pour l’éternité et dans la plus grande souffrance

Dit comme ça, on pense tout de suite aux extrémistes des grandes religions monothéistes, et assez curieusement aux athées2. Mais l’intégrisme est partout et ses sujets d’application sont bien plus vastes :

On trouve des intégristes dans les religions évidemment, dans les experts informatiques, dans les critiques (littéraires, de cinéma, de mode, de bouffe et évidemment de musique), dans les courants vestimentaires, dans tout ce qui contient de la technologie, dans tout ce qui n’en contient pas, dans tout ce qui roule, dans tout ce qui se lèche (je pense aux timbres évidemment), et dans plein d’autres domaines bien sûr (on ne va pas tous les passer en revue non plus).

Mais alors comment reconnaître à coup sûr un intégriste ?

  • À son accoutrement particulier qui lui permet de se différencier de la masse vulgaire tout en devenant un clone vestimentaire des autres pratiquants de son idéologie ?
    Mmh possible pour les chasseurs, les motards en Harley ou les fans de Johnny, mais certains intégrismes n’ont aucune particularité vestimentaire comme les athées et les anti-noëllistes – qui sont souvent les mêmes d’ailleurs.
  • À son hygiène douteuse ?
    Si ça s’applique très bien aux barbus du Logiciel Libre, aux altermondialistes et aux fondamentalistes de tout poil, ce n’est pas forcément le cas pour les fondus du diesel, les adeptes de la musique sur vinyle ou ceux qui ne mettent pas de chaussettes dans leurs chaussures de ville, et ce n’est pas vraiment représentatif des fanboys Apple ou des gens bossant dans la communication.
  • À son jargon volontairement obscur et compréhensible seulement par les gens de la même mouvance que lui ?
    Admettons pour les sociologues, les admins système ou les traders. Mais c’est déjà moins vrai pour un catholique de base (on ne parle pas des fondus de théologie) ou un collectionneur de Lego. Et un vegan pourra parfaitement se faire comprendre de n’importe qui, tout comme un noëlliste (oui, nous existons).

Il n’y a en réalité qu’un seul élément vraiment distinctif qui vous montrera à coup sûr que vous avez affaire à un intégriste : la barbe.

Le degré d’intégrisme est proportionnel à la longueur de la barbe.

Ça c’est pour le postulat de base. Mais l’être humain n’étant par nature pas égal à son prochain, il se peut qu’un être ne puisse pas refléter à l’extérieur toute la force de conviction qu’il possède en lui : en gros, il aura beau être le plus fervent défenseur de son idéologie, il n’aura que trois poils de fesse en guise de pilosité faciale.

C’est pourquoi cette règle ne doit pas être prise dans ce sens mais plutôt ainsi :

Si un type adhère à une idéologie et qu’il a une grosse barbe, alors c’est un intégriste.

Voyez, c’est tout de suite plus clair. Par contre ça ne s’applique absolument pas à ceux qui comme moi ont une pilosité faciale contrariée et contrariante, mais je n’ai jamais prétendu être un garçon inclusif et j’ai d’ailleurs déjà écarté les femmes de mon argumentaire, on peut donc exclure aussi ceux dont les poils faciaux n’en font qu’à leur tête.

Je suppose que pour eux on pourrait bricoler un corolaire qui dit que si quelqu’un adhère à une idéologie et qu’il a une pilosité faciale vraiment ridicule, alors c’est un intégriste contrarié3.

Il existe d’ailleurs une forme d’intégrisme qui s’est joyeusement répandue ces dernières années et qui pour le coup n’est pas du tout inclusive : les barbus. La mode était à la barbe, la plus soyeuse et fournie possible. Les gens qui ne pouvaient en dépit de leurs injonctions se laisser pousser un collier velu suffisamment épanoui était donc moqués et mis à part.

Ne cliquez pas sur cette image, cette jeune femme ne ronronnera pas. Et vous pourriez bien attraper sa photoshopose.
Cas pratique : cette personne est-elle une intégriste pro-chats ?
Vous avez deux heures.

Et que faire alors si on a affaire à un barbu ?

Écartons d’emblée la possibilité de dialoguer avec lui : le barbu (au sens intégriste du terme) n’admet que ses propres idées. Les concepts qui ne collent pas avec sa vision sont juste bons à être rejetés en bloc. Vous pouvez à la rigueur tenter de débattre, si vous vous ennuyez vraiment ou que vous cherchez un peu de spectacle. Ce sera l’occasion de tester votre mauvaise foi en tentant de rivaliser avec la rhétorique du barbu, et un entraînement régulier à cet exercice pourrait vous aider dans vos futures négociations salariales ou conjugales.

Le mieux, c’est encore de lui dire bonjour par politesse et de l’ignorer ensuite.

Mais si vous êtes amené à converser avec cette personne et que vous devez rester courtoisement en bon terme avec elle, parlez-lui de la seule chose qui va vraiment l’emplir de joie sans qu’elle essaie de vous convertir à son idéologie : sa barbe.


  1. Et je veux bien sûr parler de ma baignoire, qui fait 1m70. 

  2. Un athée croit fermement à l’inexistence de Dieu, même s’il ne peut pas prouver qu’il n’existe pas. Un agnostique quant à lui part du principe que comme on ne peut rien prouver scientifiquement en la matière, chacun peut croire ce qu’il veut. Il est l’inverse exact d’un intégriste. Les agnostiques peuvent donc même être croyants. 

  3. Et c’est de ceux-là qu’on devrait le plus se méfier, parce que c’est eux qui pensent avoir le plus à prouver. 

Je suis un spammeur, vite je commente !


Peut-on avoir trop de décorations de Noël ?

Pondu le 12 décembre 2019 - 2 commentaires

Commençons par la réponse : Non, bien sûr.

Voilà, inutile de lire le reste, vous avez la réponse à cette question.

Albane prétend que je ne sais pas m’arrêter, et que me laisser seul dans un rayon décorations de Noël est complètement irresponsable. Alors que j’arrête quand je veux.

La preuve, en juillet je n’y pense absolument pas.

J’ai toujours été fasciné par les décorations dans les téléfilms de Noël depuis que je suis adolescent, puisque je ne me souviens pas avoir vu ce genre de programmes télévisuels avant. D’ailleurs dans ce genre de films, ils ont toujours de quoi décorer un grand magasin, mais c’est bien rangé dans leur grenier dans des cartons même pas poussiéreux et ça suffit à peine pour leur maison il est vrai souvent comparable à un petit manoir.

Jamais on ne les verra ranger ces décorations, ni essayer de démêler des guirlandes bien entortillées. Je suppose qu’ils sont l’équivalent des gens qui sont capables de décortiquer des crevettes avec un couteau et une fourchette1.

Si j’aime particulièrement Noël, c’est parce que je suis un garçon optimiste et pas méchant, ce qui me classe régulièrement dans la catégorie trop souvent moquée des Bisounours. Et cette période est la seule où être un Bisounours est socialement acceptable parce que l’esprit de Noël est avant tout un gros mélange de guimauve, de bons sentiments et de petites clochettes qui carillonnent. En plus c’est l’occasion de retrouver un peu de cette naïveté qu’on avait étant enfant, et qu’on ne peut plus se permettre de conserver une fois adulte.

À Noël, chacun a ses traditions. Nous par exemple, on aime regarder des téléfilms de Noël avec des crottes en chocolat plein la bouche, blottis sous des plaids (de Noël bien sûr) alors que le poêle tourne à plein rendement, avec en prime le chat qui prend toute la place sur le canapé et des boissons chaudes. C’est finalement assez classique.

Mais certains en ont d’autres : nombre de grincheux profitent ainsi des périodes de fêtes pour signaler bruyamment (y compris sur les réseaux sociaux) que les fêtes c’est nul et que l’Esprit de Noël c’est à gerber. Et ils vont le signaler ainsi chaque année à cette période, transformant ainsi une critique compréhensible en tradition annuelle liée à Noël.

Autre tradition personnelle : ma ceinture abdominale a tendance à prendre du volume durant cette période sans qu’aucune explication scientifique ne puisse expliquer ce mystère. Pas le moindre petit indice, rien. Incompréhensible.

Noël, c’est aussi une bonne occasion d’aller braver les premiers gros froids hivernaux pour se balader dans les marchés de Noël, boire des trucs étranges comme du vin chaud, manger des gâteaux épicés, passer deux heures dans le froid, ne rien acheter d’autre que des trucs à grignoter sur le moment et finalement faire ses achats sur Amazon comme tout le monde.

Et parlons un peu de la bouffe : on peut manger d’excellents plats, tout en gras et en sucre, boire du bon alcool (avec modération parce qu’on conduit), entamer des débats enflammés sans que ça mène au pugilat puisque le plat suivant arrive et que ça clôt de fait l’épineuse question de qui de l’hippopotame ou de l’éléphant est le plus balèze.

Sans parler des calendriers de l’Avent, qu’on peut décliner à toutes les sauces avec des jouets, des bières, des chocolats, des sex-toys

Bon c’est aussi une grosse fête commerciale, mais acheter des tonnes de cadeaux pour les offrir à ceux qu’on aime est quand même une belle façon d’assouvir ses pulsions de consommateur compulsif.

Ne cliquez pas sur cette image, vous ne pourrez rien mettre dans cette Mère Noël...
Il me fallait une séparation visuelle avant d’entamer ma conclusion, voici donc un joli intermède.

De toute façon vous pouvez toujours lutter, dire que Noël c’est qu’une fête commerciale et que tous ces bons sentiments sont aussi faux que la rumeur comme quoi je perds mes cheveux. Car il est une vérité irréfutable, en ces temps où on ne peut plus faire confiance à personne :

Noël est un virus.

Cette fête s’est incrustée dans le commerce, dans la religion, dans la télévision, dans la vie locale (quelle ville ne propose pas de marché de Noël aujourd’hui ?), dans la gastronomie, dans la longue liste des trucs qui énervent les gens blasés, dans les photos érotiques, dans Netflix, dans votre budget, partout ! Et elle revient chaque année avec plus de régularité qu’une épidémie de grippe ou de gastro. Même pendant la 1ère guerre mondiale, elle fut l’occasion de trêves entre soldats ennemis.

Et ce n’est pas Eva2 qui dira le contraire. Il y a 8 ans elle était comme vous, elle me regardait d’un air méprisant quand je commençais à m’enthousiasmer pour les fêtes à la fin du mois de novembre, elle ne décorait pas sa maison et elle ne faisait même pas de réveillon.

Cette année, elle a commencé à poser ses décorations de Noël AVANT le 1er décembre3


  1. Et je l’ai vu faire en vrai, c’est même à la portée de tout le monde à condition d’avoir un bon professeur et de faire des rappels de temps à autre. Je savais ainsi le faire, mais par manque de pratique, je n’y arrive plus. 

  2. Ma meilleure amie, incapable de se freiner sur les cadeaux de Noël justement parce que ça justifie ses pulsions d’achat. 

  3. Ce qui est carrément une hérésie. Les décorations de Noël ça se pose APRÈS le 1er décembre. On est pas des sauvages non plus. 

Je voudrais la paix sur le monde, vite je commente !


Le coffre, ce générateur de chaos

Pondu le 28 septembre 2018 - 3 commentaires

Il y a quelques temps, alors que nous devisions tranquillement sur les potentielles améliorations à apporter à notre intérieur, nous nous sommes mis à débattre du type de meuble à chaussure à utiliser dans l’entrée.

Il faut savoir qu’Albane veut planquer les chaussures sous prétexte que c’est moche, alors que moi je préfère les montrer parce que c’est plus pratique à attraper pour se chausser/déchausser. Et alors que nous commencions à nous échauffer pour une discussion houleuse à base de « tes nul(le) » et « non, c’est toi qu’es nul(le) », Albane a sorti sa plus mauvaise idée depuis plus d’une décennie que nous sommes ensemble : utiliser un coffre pour ranger les chaussures.

Vous allez me dire que c’est un peu méchant et que ni Albane ni cette idée ne méritent un tel traitement. Et bien vous avez tort, et j’entends vous le prouver avec tout le sérieux et l’argumentation qui me caractérisent.

Les meubles appelés coffres (à l’exception des coffre-forts dont nous ne parlerons pas ici) possèdent tous la même amusante caractéristique que ce soit un congélateur-coffre, un coffre à jouets, un coffre de toit ou un coffre de type basique tout à fait ordinaire et généraliste dans son contenu : leur entropie augmente avec leur utilisation.

Dit comme ça, ça fait presque peur hein ? L’entropie pour faire simple1, c’est la quantité de désordre dans une chose. Plus l’entropie augmente, plus c’est le bazar.

Inutile de cliquer sur cette poitrine, elle a assez de coffre comme ça...

Alors que je cherchais un prétexte pour montrer une fille dénudée dans cet article, j’ai eu l’idée de traduire « Coffre » en anglais, ce qui donne « Chest ». « Chest » qui signifie également « Poitrine »… Et hop, voilà le lien que je cherchais !

 

Alors quel est le rapport avec les coffres ?

Prenons un coffre contenant des objets du quotidien. Vous allez passer deux heures à tout ranger élégamment, en mettant en dessous les choses qui vous servent le moins et qui sont les plus lourdes, vous allez optimiser l’espace en faisant du Tetris avec les boîtes, peut-être même que vous prendrez le résultat en photo pour montrer à tout le monde que d’une part vous êtes capable de merveilles en matière de rangement, et que d’autre part votre vie est tellement inintéressante que vous en arrivez à poster des photos de trucs rangés.

Les Lois de Murphy sont intraitables à ce sujet : si vous avez ensuite besoin d’un objet rangé dans ce coffre, ce sera systématiquement celui qui sera tout au fond.

Peut-être que vous arriverez à conjurer cette terrible malédiction en prenant le temps de tout re-ranger comme il faut. Une fois sans doute, peut-être deux…. Mais tôt ou tard, vous serez pressé(e) et vous craquerez en laissant le bordel s’installer dans ce coffre, bordel qui va encore augmenter la prochaine fois que vous aurez besoin d’un objet qui est dedans. L’entropie va ainsi augmenter jusqu’à ce que le contenu ne soit qu’un immonde fouillis dans lequel on ne retrouve rien.

Je vous le remet ici de façon à ce que vous puissiez briller en société si on vous demande votre avis sur le sujet :

L’entropie générée au sein d’un coffre est proportionnelle à son utilisation

Lorsque les convives de la soirée vous regarderont de travers, précisez avant qu’on se dise qu’il ne faudrait sans doute plus vous inviter :

Autrement dit, le chaos au sein du coffre va augmenter au fur et à mesure que vous chercherez des trucs dedans.

  • Dans le cas d’un congélateur, vous retrouverez sans doute des années plus tard ces magrets de canard congelés que vous avez cherché partout pour le réveillon.
  • Dans le cas d’un coffre de toit, c’est au retour chez vous que vous trouverez le papier toilette dont vous aviez pourtant urgemment besoin au bord de cette départementale.
  • Dans le cas d’un coffre à jouet, vous finirez par remplacer cette petite brique de Lego gris foncée permettant de finir votre reproduction au 1/20è du périphérique parisien2 par une immonde brique jaune qui surnage en quantité dans le coffre.
  • Dans le cas d’un coffre à chaussures, vous ne retrouverez cette sandale gauche que lorsque vous changerez ce coffre à chaussures démoniaque pour un meuble plus standard et ouvert.

Je vous laisse donc imaginer ce qui peut se produire le matin lorsque vous êtes en retard pour l’école, alors que vous avez une réunion super importante qui doit débuter dès que vous arriverez au travail, et que vos enfants vous sortent :

– Papa/Maman/Genre inclusif, je ne trouve plus ma chaussure de sport gauche !

– T’as regardé dans le coffre ?

– Oui, mais je trouve pas !

Votre journée part très mal, et les cinq minutes que vous allez perdre à fouiller par vous-même en retournant toute l’entrée (et sans plus de succès), plus les jurons que vous apprendrez à vos enfants dans l’intervalle3 ne vous feront pas sentir mieux.

Je vous laisse quelques instants pour faire redescendre tout le stress que vous venez d’accumuler rien qu’à imaginer cette situation. Respirez calmement… Voilà, tout va bien.

Alors certes, un coffre (aussi appelé malle) c’est beau. On peut y ranger plein de trucs et on ne voit pas ce qu’il y a dedans, permettant potentiellement de planquer des trucs moches sans toutefois les jeter ou les mettre dans le garage. C’est un aimant à bordel inutile.

Parce que soyons honnêtes : si vous avez réellement besoin d’un objet, vous vous rendrez vite compte qu’il faut le ranger ailleurs que dans ce coffre pour arriver à le retrouver. De sorte que vous allez finir par ne ranger dans le coffre que des choses totalement inutiles.

Les coffres, c’est un peu la version king-size des petits plats où on met les stylos qui ne fonctionnement plus, les piles HS et les clés qui n’ouvrent aucune serrure dans la maison.


  1. Je fais simple non pas parce que les deux visiteurs égarés sur ce blog seraient incapables de comprendre, mais parce que je ne maîtrise absolument pas la profondeur du concept. 

  2. Et il vous en faudra des briques grises pour le reproduire fidèlement… 

  3. On sait très bien qu’ils les connaissent déjà en réalité… 

Je suis fan de chats, vite je commente !