Le baiser de Neptune

Pondu le 16 mars 2018 - 0 commentaires

Il est certaines expressions très jolies qui ne sont absolument pas utilisables en haute société, comme lors de dîners d’ambassadeurs avec Ferrero Rochers et tout. Pour la même raison, ne vous fiez pas au titre poétique de cette note, car on va comme d’habitude sombrer dans le pipi-caca. L’expression du jour que nous allons voir aujourd’hui s’appelle le Baiser de Neptune.

Qu’est-ce que le Baiser de Neptune ? Mettons-nous en situation :

Pris(e) d’une envie pressante de faire la grosse commission (je vous avais prévenu qu’on allait pas faire dans le truc classe), vous vous enfermez aux toilettes. Vous poussez, poussez, vous lâchez même un petit grognement dans l’effort. Tout à coup votre étron tombe en chute libre, semblant peser des tonnes. L’impact avec l’eau des toilettes est monumental, les hôtes chez qui vous pondez cette horreur1 peuvent entendre le plouf à travers la porte, le couloir et les rires des convives.

Mais l’onde de choc provoque une remontée d’eau froide qui vient vous éclabousser désagréablement le derrière. Et bien le Baiser de Neptune, c’est ça.

Pour reprendre une définition correcte :

le Baiser de Neptune est l’éclaboussement d’eau qui survient sur vos délicates petites fesses lorsque vous lâchez un étron conséquent dans les toilettes.

Alors pourquoi ce nom ? Et bien parce que Neptune est la divinité romaine des eaux vives et des sources.

Petit aparté qui a toute son importance si on veut éviter des débats interminables et sanglants du type « Mais qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus balèze ? » : on appelle également ce phénomène la Caresse de Poséidon, celui-ci étant le dieu des mers dans la mythologie grecque.

Alors faut-il dire Baiser de Neptune ou Caresse de Poséidon ? On pourrait dire les deux. D’ailleurs faites-le, je m’en moque. Mais le Baiser de Neptune est plus mieux pour plusieurs raisons :

  • Neptune, c’est plus facile à dire que Poséidon. Quand vous placez l’expression dans une conversation banale, souvent au terme d’une soirée passablement arrosée, ça fait toute la différence.
  • Neptune et Poséidon sont un peu le même truc, vu que les Dieux romains et grecs sont souvent pompés l’un sur l’autre. Mais il y a pourtant une différence : Neptune est le dieu des eaux douces, alors que Poséidon celui des eaux salées. Je ne sais pas pour vous, mais chez moi les toilettes sont alimentées en eau douce. Du coup c’est complètement ridicule de penser que le dieu des mers va remonter les fleuves, les rivières et les canalisations juste pour venir vous faire un bisou alors que Neptune est déjà là à glander dans le coin.
  • On parle d’eau, d’humidité et tout ça, alors pourquoi employer le terme « Caresse » ? C’est ridicule, on a affaire à un baiser, c’est évident.

Pour vous montrer le phénomène en images, voici une petite illustration que je ne peux malheureusement pas sourcer vu qu’elle existe sur une foultitude de sites et que je n’ai pas pu en déterminer la véritable origine :

Ne cliquez pas sur cete image, vous vous feriez éclabousser

Le Baiser de Neptune, une illustration toute en poésie.

 

Maintenant qu’on a décrit admirablement le phénomène, comment l’éviter ?

  • En utilisant des toilettes sèches. Je sais, c’est extrême, pas confortable, ça pue quoi qu’en disent les adeptes de la chose et ça demande de la maintenance en plus.
  • En mettant du papier toilettes dans la cuvette avant de procéder à l’évacuation de vos intestins. Mais pour que ce soit efficace il faut en mettre beaucoup, et si vous êtes pressé(e)s c’est infaisable.
  • En visant la porcelaine plutôt que le trou, mais ça laisse de sacrées traces de pneus pas faciles à essuyer, qui nécessiteront sans doute plusieurs chasses d’eau pour en venir à bout.
  • En interceptant la crotte avec la main avant qu’elle ne tombe. Mais c’est dégoûtant.
  • En retenant la crotte avec votre sphincter avant qu’elle ne tombe, pour minimiser l’ampleur et la vélocité de la chute. L’avantage c’est que ça fait bosser un muscle qui a tendance à se relâcher avec l’âge donc c’est très bien. L’inconvénient c’est que ça demande de la dextérité et de l’expérience avant d’être pleinement opérationnel, et que le résultat est loin d’être garanti parce que ça va dépendre de tas de facteurs comme la consistance de l’étron, son diamètre, sa dureté, etc. On rentre dans un truc d’expert là, et à part quelques fanas de performance, ça ne va pas intéresser la plupart des quidams qui veulent juste « poser leur pêche ».

Mes lecteurs réguliers (qui n’existent pas d’ailleurs, vu que pour ça il faudrait que j’ai un rythme de publication qui soit lui aussi régulier…) se demandent déjà où est passé la photo de jolie fille à moitié nue.

Je ne sais pas si vous avez analysé la structure de cette note2, mais plus on avance et moins c’est classe.

Du coup pour la dernière image qui va clore la note, je finis en beauté :

Ne cliquez pas sur cette image, vous pourriez être éclaboussé(e)

J’ai du mal à comprendre comment on peut mettre ce genre de choses en scène, mais je ne vais pas me plaindre puisque ça me fait une illustration.

 


  1. On est bien d’accord qu’on est dans une situation fictive en tout cas pour ma part. Je suis très territorial pour ce genre de choses et j’ai un mal fou à faire caca chez les autres. Mais c’est arrivé et je sais que les plus libres d’entre vous n’ont aucun scrupule à pourrir les toilettes des autres. 

  2. Et en plus je doute que ça soit un jour vu en classe de collège, vous savez, ces fameuses heures de français pendant lesquelles on essaie de déterminer tous les trucs alambiqués qu’a voulu dire l’auteur d’un texte, alors que tout le monde sait qu’en vrai il a écrit ça parce que ça lui venait comme ça dans la tête et que si il a pu vouloir faire passer un message, personne ne fait passer 20 messages en un paragraphe et qu’à part l’interprétation la plus évidente le reste c’est de la masturbation de cerveau… 

Je parle souvent pour ne rien dire, vite je commente !


La CacaBox, une box bien meilleure que les autres

Pondu le 11 mars 2015 - 0 commentaires

Il se trouve que dans mon entourage féminin, notamment celui qui se trouve la nuit dans le même lit que moi, c’est la mode des Box. GlossyBox, LittleBox, BirchBox (ce qui veut dire la Box du boulot – l’arbre, pas le travail), Big Moustache1, etc.

Le principe pour ceux qui ne connaissent pas, c’est qu’on s’inscrit, on paye, on remplit son profil (avec des infos qui seront probablement revendues à des sociétés tierces, histoire de rentabiliser un peu tout cet afflux de données), et on reçoit chaque mois une petite boîte dans laquelle se battent quelques produits qu’on pourrait aisément prendre pour des échantillons, qui ont été soit disant sélectionnés par rapport à votre profil.

L’étape suivante c’est de recevoir le colis, se dire que c’est trop cool, ouvrir la boîte et être déçu parce que c’est pas vraiment ce qu’on attendait, et qu’il y a la moitié des produits qui ne serviront jamais.

Si je me suis trompé dans la description, une bande de harpies extrémistes se chargera bien de rectifier le tir dans les commentaires.

Pour ma part, je trouve le principe génial commercialement parlant. Ce qui m’ennuie, c’est que du coup ma chère et tendre s’est laissé prendre au piège bêtement.

Afin d’ouvrir les yeux des gens qui jurent que c’est trop bien les box, j’ai donc créé la CacaBox, la Box qui vous vend des trucs tout pourris. et parce que je vais au bout des choses, j’ai même créé un petit site pour la présenter (et j’en suis très fier en plus) :

La CacaBox

La CacaBox, une box qui mériterait d'exister pour de vrai

La Cacabox dans toute sa splendeur. Merci Photoshop.

 


 

Oui, j’ai probablement mieux à faire de mon temps. Mais vous avez bien perdu le vôtre à lire ceci, alors vous êtes mal placé pour me faire la morale.


  1. Notez que pour la différence entre le français « Moustache » et l’anglais « Mustache », ils auraient pu tout angliciser, ou rester sur « Grosse Moustache ». 

Je n'ai jamais lu un tel ramassis de conneries, vite je commente !


Et si Tesla s’était un peu plus intéressé aux femmes ?

Pondu le 9 février 2015 - 3 commentaires

Nikola Tesla, un génie arrogant qui ne pigeait rien aux femmes

Ceci n’est pas une fille à poil. Au cas où vous auriez un doute.

Vous connaissez peut-être Nikola Tesla, brillant inventeur dans le domaine de l’électricité qui vécut à cheval entre le XIXè et le XXè siècle. Cet homme prompt à la fanfaronnade dont le père était Milutin, mimolette1 fit des découvertes scandaleusement prodigieuses comme le courant alternatif, le radar, les moteurs électriques, tout un tas de truc sur les ondes, les télécommunications, et le fait qu’être un génie arrogant n’est pas un avantage pour briller en société ou pour séduire la gent féminine.

Un de ses meilleurs ennemis, Thomas Edison, conduisit malgré lui à l’invention de la chaise électrique en voulant prouver au monde que le courant alternatif inventé par Tesla et que vous avez dans vos prises de courant était super dangereux, qu’électrocuter des animaux était encore admissible pour le grand public à cette époque2, et que Tesla était un gros caca de panda. Ce en quoi il avait d’ailleurs raison sur au moins un point, le bougre.

Nikola Tesla mourut comme un vieux con au début de 1943, tout seul, couvert de dettes et de rides, sans s’être jamais marié après avoir passé sa vie à inventer des trucs. On ne connait d’ailleurs presque rien de sa vie amoureuse. On va donc supposer dans la longue tradition de ce blog qu’il ne pigeait rien du tout aux femmes et qu’il les considérait comme « une vague nuisance parfois distrayante ». Ce qui en fait un dieu dans le panthéon des nerds3.

Et pourtant, s’il avait daigné leur consacrer un peu de son temps, il aurait pu révolutionner totalement un domaine qui, s’il est assez tendance actuellement, était plutôt en friche au début du XXè siècle. Je veux bien sûr parler des sextoys.

Le clitoris a à lui tout seul environ 8000 terminaisons nerveuses4. Ça fait beaucoup, surtout pour un organe qui est relativement délaissé par une partie non-négligeable des hommes. Mais en même temps il est très difficile d’avoir un mode d’emploi correct pour se servir de ce truc, et les quelques indications qu’on peut glaner pendant l’utilisation sont assez floues et parfois contradictoires.

Peut-on encore parler de décolleté sur cette tenue ? Et surtout, est-ce que le haut tombe lorsqu'elle ne le tient plus ?

Monsieur Tesla ? Je ne crois pas que nous nous soyons déjà rencontré, je suis une femme.

A ce propos, l’Association des Fiers Mâles Testiculés et Phallocrates de Haute Savoie (AFMTPHS pour la suite) a définitivement établi dans son colloque de 2003 intitulé « Les femmes, source de nuisance nécessaire » que le clitoris, à l’image de celles qui en sont dotées, est une invention du diable qui empêche les honnêtes hommes de vivre en paix. L’association des Éminentes Féministes Gynocrates en Colère leur répondit dans une tribune au doux titre de « Si ça vous plaît pas, restez donc entre vous et lâchez-nous la grappe ». L’année suivante, la FMTPHS se renomma lors de leur assemblée générale en Association des Fiers Gays Testiculés et Phallocrates de Haute-Savoie. Cette association fut dissoute trois mois plus tard, lorsque tous ces membres moururent de faim après avoir cru que la magie qui remplissait leur frigo de nourriture s’était tarie en même temps que leur femme quittait le domicile conjugal.

Parallèlement à ça, tous ceux qui ont maltraité des grenouilles pendant leurs cours de biologie savent qu’en stimulant des nerfs avec des courants électriques, on obtient des réactions pour le moins géniales/surprenantes/dégoûtantes/révoltantes suivant le degré d’empathie que vous avez avec nos amis batraciens et votre degré de sadisme.

Partant de là, nous avons à ma gauche un fantastique concentré de terminaisons nerveuses qui peut provoquer d’après la rumeur beaucoup de plaisir, et à ma droite un procédé qui utilise l’électricité pour stimuler des nerfs.

Donc, si Tesla avait correctement fait son boulot et s’était un peu plus intéressé aux trucs qui en valaient la peine au lieu de faire un concours de zizi permanent avec divers autres inventeurs, il aurait probablement pondu un stimulateur clitoridien qui envoyait un très faible courant électrique pour stimuler cette zone érogène.

Un mini-taser en fait. Mais mignon et rose.


  1. Ce jeu de mot ne devrait parler qu’à une minorité de vieux lutins qui hantèrent jadis un forum miteux mais où on rigolait bien. Et à condition de savoir que le père de Tesla s’appelait réellement Milutin. 

  2. Pour prouver que le courant alternatif était dangereux, il électrocuta divers animaux avec succès. 

  3. Les nerds sont des gens asociaux, souvent des hommes, qui sont souvent très spécialisés dans des domaines scientifiques obscurs, qui ont une culture et des loisirs qui leurs sont propres, et qui n’ont aucune idée de ce que sont réellement les individus du sexe opposé. On pourrait les définir comme des geeks extrêmes, mais ce serait encore loin de la réalité. 

  4. Certaines découvertes me laissent perplexes. Y-a-t’il un gars à un moment qui a découpé une femme – vivante ou morte –  pour étudier son anatomie et compter patiemment le nombre de terminaisons nerveuses, ou est-ce un type qui a fait l’estimation à la louche et dont personne n’a voulu s’enquiquiner à vérifier la véracité de ses propos ? Si c’était une personne syndiquée, il faudrait peut-être revoir ce chiffre fortement à la baisse. 

Je veux payer moins d'impôts, vite je commente !


Etude pharmaceutique

Pondu le 27 septembre 2014 - 5 commentaires

Vous avez peut-être vu depuis quelques temps que le gouvernement ainsi que certaines chaînes de grande distribution aimeraient que les médicaments achetables sans ordonnance puissent être vendus dans des supermarchés.

Evidemment les pharmacies et les laboratoires pharmaceutiques sont tout à fait contre, vu que ça entraînerait très certainement une concurrence plus forte pour les pharmacies, et que la grande distribution tenterait forcément de négocier les prix d’achat aux labos bien en dessous de leur valeur actuelle.

On voit donc fleurir de part et d’autre des arguments parfois teintés de mauvaise foi :

Ne cliquez pas sur cet ersatz de médecin, elle a un faux diplôme.

Je n’avais pas d’image suffisamment intéressante de pharmaciennes, mais je présume que vous ne m’en voudrez pas trop.

Les labos et pharmacies clament haut et fort que les supermarchés ne fourniront pas de conseils et qu’il y a donc un risque pour les consommateurs qui pourraient prendre des médicaments inadéquats ou n’importe comment, vu que les gens sont un peu idiots. Ce à quoi les consommateurs et les supermarchés répliquent que de toute façon les pharmacies ne donnent jamais de conseils d’utilisation, et qu’elles vendent les médicaments comme s’il s’agissait de produits qui ont tout d’ordinaires, sauf le prix. Et ils ajoutent que les pharmacies et les labos sentent le caca de poney mais que c’est vrai que les gens sont idiots.

La grande distribution et le gouvernement vocifèrent que les prix se trouveraient grandement diminués grâce à la concurrence, ce qui permettrait aux consommateurs de pouvoir se soigner sans se ruiner, et que comme ça ils couineraient moins quand on augmente les impôts. Ce à quoi les pharmacies et labos répondent que si on prend l’exemple de l’Italie qui a déjà fait ce choix, les prix n’ont pas baissé tant que ça sur la durée. Et que par contre ça va créer du chômage parce que les pharmacies ne pourront pas rivaliser et devront fermer. Et aussi que la grande distribution et le gouvernement ont une odeur de fiente de pigeon, mais que c’est vrai que les gens couinent beaucoup.

Cet argumentaire a entraîné un effet collatéral qui serait amusant si nous, gens de base, n’en étions pas victimes : soucieuses de montrer qu’elles ne sont pas d’une grave mauvaise foi, les pharmacies demandent depuis quelques mois à leurs employés de conseiller lourdement la clientèle, y compris si celle-ci n’a rien demandé. Il existe une norme informelle pour évaluer le niveau de conseil à fournir à la clientèle :

  • Homme de base avec un papier sur lequel on peut voir une liste avec une écriture féminine : niveau modéré de conseil, asséné avec un débit maximal afin de bien faire comprendre au pauvre hère qu’il ne comprendra jamais rien au monde étrange de la médication.
  • Femme seule, sortant visiblement du travail et semblant stressée : niveau élevé de conseil orienté de façon à générer de la peur chez la cliente, ce qui l’amènera à acheter encore plus de trucs à base de plantes.
  • Petite vieille seule ou accompagnée de son mari tout aussi petit et vieux : niveau extrêmement élevé de conseil, délivré avec une puissance sonore importante vu le degré de surdité de la cliente. Laquelle le répétera à son mari qui est encore plus sourd au besoin.
  • Mère entourée d’une tripotée d’enfants au degré de braillardise variable mais néanmoins élevé : niveau de conseil minimum ou inexistant, la cliente étant de toute façon déjà en négatif sur son compte, et ses rejetons étant une source potentiellement non négligeable de dégâts matériels dans l’officine.
  • Personne désirant être conseillée : les pharmacies à l’instar de tous les commerces, obéissent aux lois de Murphy, qui veulent qu’un client aura un niveau de renseignement inversement proportionnel à ce qu’il désire. Niveau de conseil minimum donc.
  • Personne de base voulant acheter du doliprane : niveau de conseil minimum à modéré, mais temps d’attente de toute façon beaucoup trop long vu que toutes les catégories de personnes à niveau de conseil élevé seront présentes dans la file d’attente au moment d’entrer dans la pharmacie.

Le résultat, c’est qu’on passe donc trois fois plus de temps à attendre pour acheter du Doliprane parce que les employés et les pharmaciens mettent un point d’honneur à montrer qu’ils ont une super valeur ajoutée par rapport aux supermarchés Leclerc.

Je demande donc au gouvernement de trancher une fois pour toute ce débat dans un sens ou dans l’autre, qu’on puisse enfin retrouver un délai d’attente dans les pharmacies qui ne se compte pas en dizaines de minutes.


 

Note du panda attentif : Les tests ont été effectués en toute subjectivité dans trois officines situés dans des lieux et villes variées, et des achats avaient déjà été effectués dans deux des officines avant ce triste conflit pharmaceutique.

Je voudrais la paix sur le monde, vite je commente !


Nos amis les moustiques

Pondu le 30 octobre 2013 - 0 commentaires

Avec l’automne s’en va l’ennemi de l’été1 : le moustique.

Le moustique a toujours été l’ennemi de l’homme. En fait c’est même l’ennemi de plein de bestioles, y compris pour ses prédateurs. Qui peut se vanter d’être une nuisance pour son prédateur ? (A part l’humain qui accompli le tour de force d’être sa propre nuisance et son propre prédateur)

Si j'avais eu un blog au XVIè siècle, voici le genre d'illustrations que j'aurais mis.

Si j’avais eu un blog au XVIè siècle, voici le genre d’illustrations que j’aurais mis.

Aux balbutiements de la science, les scientifiques qui étaient surtout des découpeurs de cadavres découvrirent par hasard que seules les femelles nous piquaient. Ils mirent ça sur le fait que chez les humains ce sont plutôt les femmes qui sucent (je vous rappelle qu’à cette époque l’opinion de Christine Boutin prévalait largement en matière d’homosexualité), donc ça devait bien être pareil chez les moustiques. Il fut d’ailleurs décidé que le genre de cette bestiole serait féminin, on disait donc « une moustique », à l’instar de toutes les bestioles pénibles comme les mouches, les araignées, les contraventions, les taxes, la petite et la grande vérole.

Cette opinion fut une explication cohérente pendant quelques décennies, avant qu’un type plus futé et disposant de beaucoup de temps libre observe un peu mieux les moustiques et découvre coup sur coup que non seulement sa femme le trompait, mais qu’en plus les femelles moustiques pompaient le sang des gens non pas pour le simple plaisir de les embêter (quoique que pour une majorité de gens, cette question soit loin d’être tranchée encore à l’heure actuelle : quelqu’un quelque part doit bien avoir fait apparaître cette situation par simple plaisir sadique.) mais dans un but bien précis. William Kent, car tel était son nom, fit paraître dans un livre intitulé « Traité scientifique sur la femelle de différentes espèces » en 1765 ses conclusions :

Il est certain que le moustique femelle est une nuisance totale, à l’instar de ma femme. La femelle Culex prélève du sang chez les humains dans le but avéré d’affaiblir la race humaine et de permettre aux créatures de l’au-delà de pénétrer dans nos âmes pour nous posséder et régner sur notre monde. Il est probable que cette entreprise soit facilitée par certains agents infiltrés, dont ma femme fait sans le moindre doute partie.

Le destin de William Kent fut assez tragique, puisqu’il fut écrasé un beau jour de printemps par le chariot d’un honnête marchant dont le seul vice était de fricoter avec les femmes des autres. En mourant, il aurait eu le temps de dire : « Empêchez-là de pisser sur ma tombe ! Arrgllleubleubleureeeuuuh. ».

Le 19ème siècle ne fut pas très brillant en matière de science moustiquale. On peut néanmoins mentionner le Professeur Harold Parrish, éminent doyen de la Royal McDonald’s School, qui déclara en 1832 que les moustiques étaient une affaire sérieuse, et qu’on ne pouvait décemment pas traiter sérieusement une affaire au féminin. Il décida donc que le moustique aurait désormais un genre masculin d’une part, et qu’il serait bon pour son université d’ouvrir un service de restauration rapide d’autre part.

Le 20ème siècle fut en revanche un bon cru pour l’étude du moustique. On découvrit ainsi que contrairement aux idées salaces et sexistes en vigueur depuis 2 siècles que je vous ai exposées plus haut, Madame Moustique ne piquait que pour assurer un apport en protéines suffisant pour la ponte de ses œufs, et que sa nourriture principale était du nectar de fleur, à l’instar des mâles. Elle faisait ainsi ses courses en protéine pour ses rejetons. Cette découverte majeure fit trembler le monde scientifique dans son ensemble, au point que la question de savoir qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus balèze ne fut quasiment pas abordée au cours des colloques pendant au moins deux semaines.

L’image de marque du moustique en prit également un coup, puisque la femelle moustique passa du statut de mini-vampire à celui de ménagère de Monoprix. Vous conviendrez avec moi qu’en matière de glamour, on baisse quand même d’un cran. D’ailleurs le mouvement gothique qui avait choisi pour emblème le moustique se retrouva un peu con et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. Il fallut attendre la fin du 20è siècle et le début du 21è pour que les suceurs de sang se voient auréolés de glamour, de charme, de sensualité et parfois même de paillettes2.

Encore mieux, on découvrit que les moustiques pourrissaient la vie des êtres vivants depuis l’époque des dinosaures. C’est d’ailleurs grâce au moustique qu’on entretient le vieux fantasme de ressusciter les dinosaures. Pour comprendre en gros le principe, je vous invite à visionner Jurassic Park, dont le moustique est le véritable héros sans quoi rien n’aurait été possible.

S’il reste encore des lecteurs à ce stade, ils vont soit se poser la question suivante : « Mais pourquoi les moustiques sont-ils plus attirés par certaines personnes ? », ou bien se demander comment ils ont pu perdre autant de temps pour lire ces inepties alors qu’ils sont déjà à la bourre3.

Une proie de choix qu'ont en commun la femelle moustique et beaucoup de mâles humains

Une proie de choix qu’ont en commun la femelle moustique et beaucoup de mâles humains.

Madame Moustique est une redoutable chasseuse, puisqu’elle peut se déplacer sur plusieurs kilomètres pour trouver une proie. Elle est équipée en série d’un radar olfactif d’une portée de 30m, et d’un système de vision pas très performant d’une portée d’1,5m. Ce que Madame Moustique repère le plus, ce sont les odeurs de transpiration. Certaines femmes me rétorqueront qu’elles transpirent moins que leur compagnon mâle, et qu’elles ont une hygiène un peu moins douteuse. Or, elles sont la cible préférée des moustiques.

Mesdames, voici comment ça fonctionne. Vous êtes au lit avec Monsieur, il fait chaud, il fait nuit et Madame Moustique, voulant assurer sa descendance, se met en chasse. Bien vite, elle repère une odeur de transpiration alléchante (encore un bel exemple de relativité des choses) et s’empresse de se rendre à la source de ces émanations. Ne voulant pas vous froisser, je pars de l’hypothèse que c’est Monsieur qui sue et non pas vous. Madame moustique arrive donc dans votre chambre à coucher, et elle est bien contente qu’il fasse nuit. Car sachez-le, les moustiques femelles sont bien plus à l’aise dans le noir. Elle se rapproche de Monsieur quand tout à coup, elle perçoit une odeur bien plus alléchante : du parfum ou une odeur de peau plus agréable à ses récepteurs olfactifs (un moustique a-t-il un pif ?). Diantre, vous voilà devenue un met de choix pour Madame Moustique. Pour être certaine d’être choisie, vous pouvez aussi posséder une plus haute température corporelle, boire de l’alcool, manger du fromage ou encore sentir l’urine.

Si vous avez bien suivi l’action, vous vous ferez donc piquer par Madame Moustique grâce à Monsieur votre compagnon qui l’a rabattue vers vous. Vous pouvez donc le remercier chaleureusement.

Et maintenant que vous êtes piquée, comment est-ce qu’on empêche la piqûre de vous démanger comme un ticket gagnant du loto ? Et bien les remèdes de grand-mère varient énormément pour un résultat plus qu’aléatoire. Je n’ai donc aucune solution miracle à vous fournir.

Une dernière chose : les moustiques, c’est comme les seringues usagées : évitez de vous les prêter si vous ne voulez pas risquer une transmission de maladies (il est à noter que le sida ne peut pas se transmettre par Moustique Express, car il est détruit par la livreuse lors de sa digestion).


  1. Si vous vous demandez pourquoi avoir fait une intro aussi étrange, c’est parce que cette note traîne dans mes brouillons depuis longtemps, et qu’il m’a bien fallu la rafraichir un peu sous peine de devoir attendre l’été prochain pour la publier. 

  2. Et je pense qu’on est tous d’accord pour dire que la présence de paillettes sur un vampire exclue de fait les autres qualificatifs pré-cités. 

  3. Je les invite donc à perdre encore plus de temps pour comprendre pourquoi le temps semble filer beaucoup trop vite lorsqu’ils sont en retard

Je parle souvent pour ne rien dire, vite je commente !


Je n’ai jamais tant écrit de LOL dans une note…

Pondu le 9 juillet 2012 - 22 commentaires

Vous le savez peut-être, mais la nouvelle édition du Petit Robert est arrivée. Et parmi les nouveaux mots, on trouve l’interjection « LOL ».

Comment pourrais-je un jour faire face à mes responsabilités de père avec une telle absurdité ? Quand Mini-Moi aura 15 ans et sera en pleine crise d’adolescence, le visage ravagé par des attaques d’acné, le timbre fluctuant à cause la mue, l’air rebelle contrebalancé par le ridicule de son appareil dentaire1, que pourrais-je donc lui rétorquer lorsqu’il me dira : « Ouais, mais toi t’as laissé faire quand ils ont mis le mot LOL dans le dico, t’es qu’un vendu ! ».

Je vais donc tenter de vérifier objectivement si cette laideur linguistique a vraiment sa place dans notre dictionnaire, ainsi que dans notre belle langue :

J’ai entendu ici et là des commentaires comme quoi la langue française est vivante, qu’elle s’adapte aux époques, et que donc les dictionnaires doivent refléter ces changements. Sauf que LOL n’est pas un mot mais un acronyme, et qu’en plus c’est un acronyme anglais.

Français : 1 – LOL : 0

Inscrire LOL au patrimoine de la langue française, c’est aussi prendre le risque de voir fleurir dans quelques années des lettres de cette sorte :

Monsieur le directeur,

Je répons à l’annonsse pour le boulot d’expert contable. Com vous le voyé, je kiffe plus les chifres que l’écriture. LOL.

Embauché-moi !

A+

et

Franssé, frenssaises,

On a bien rigolé avec la réforme scolère obligée passque le franssé cété tro dure, et on a tou simplifié. Mé maintnent on a plu de sous aussi. On é en galère grave, et sa mère l’Europ elle nou aide meme plu. C’est la crise, va falloir qu’on baisse lé salères de tou le monde et kon mette des tax et des impôts de batard. Mais cé que pour 1 an hein, LOL.

Bisous !

Le président de la République,

Kevin ‘KeV_DarK01’ Martin.

Je suppose néanmoins que ce genre de lettres se trouve déjà dans la poubelle de nombre de DRH, quand on voit qu’un niveau orthographique correct n’est même pas un prérequis pour devenir Prof’. De fait, l’officialisation du mot LOL2 ne devrait pas provoquer de bouleversements majeurs autre que des envies de meurtres et des larmes de sang chez les personnes qui lisent les candidatures.

Français : 1 – LOL : 1

Parce que oui, comment ensuite dire à nos chères têtes blondes, brunes, rousses, couleurs intermédiaires ou chauves que ce n’est pas parce que c’est dans le dico qu’il faut l’utiliser ? Remarquez je dis ça, je suppose qu’on peut trouver quantité de gros mots dans le dictionnaire qu’il ne vaut mieux pas employer lors de dîners chez l’ambassadeur, surtout quand on a la bouche pleine de Ferrero Rochers3. Mon argument est donc caduque cette fois encore.

Français : 1 – LOL : 2

L’acronyme LOL étant toutefois un truc de jeunes, il est comme toutes les expressions juvéniles automatiquement périmé et ringard lorsqu’il passe dans l’usage courant. Du coup, il se peut fort bien que tout le monde trouve dans quelques années qu’il est complètement débile d’avoir mis4 cette expression désuète et sans intérêt dans un dictionnaire, et que le mot LOL sorte par la petite porte sous les huées de la foule des vrais mots. Peut-être que dans 30 à 50 ans, un jeune trouvera que prononcer LOL donne une classe sublime et qu’il pourra ainsi glisser une main dans le string de sa voisine de classe de CM2 (à cette époque même les bébés porteront des couches en string), mais au moins on y aura échappé entre-temps.

Français : 2 – LOL : 2

On ne peut faire aucun jeu de mots décent avec l’interjection LOL. Et je pense que la capacité à faire un calembour ou à la rigueur un sous-entendu graveleux est un très sérieux indicateur de la valeur ajoutée d’un mot dans la langue française.

Français : 3 – LOL : 2

Les professionnels du Scrabble et autres jeux à base de lettres me jetteront leurs jetons pour ça, mais pouvoir utiliser LOL au scrabble permettra enfin d’écouler certaines de ces foutues lettres qu’on a en double et dont on ne peut rien faire. Surtout qu’auparavant on devait avoir deux « L » et deux « O » pour pouvoir faire un mot d’un niveau intellectuel semblable à LOL.

Français : 3 – LOL : 3

Passons au côté visuel de la chose : la haute littérature française évoque quelque chose de majestueux, de complexe et raffiné :

Classe et glamour, deux choses qu’on voit rarement sur ce blog.

Pour le LOL… on passe dans le tape-à-l’oeil, le vulgaire et… euh…

C’est incroyable, on l’entend presque crier LOL.

 

Bon ben là je crois que c’est à chacun de choisir. Ne comptez pas sur moi pour vous dire à quelle demoiselle va ma préférence.

Avec un score final de 4 pour LOL et de 3 pour la langue française, il semblerait donc que LOL a mérité sa place dans le dictio… Ah mince, je me suis trahi. Alors que je suis certain que pas un de mes lecteurs n’aurait parié sur la bonne demoiselle vu l’exceptionnelle qualité artistique des dames courtement vêtues qui agrémentent habituellement mes notes.

Mes recherches m’auront tout de même enseigné deux ou trois choses :

  • Tout d’abord qu’un éditeur de dictionnaire peut lui aussi être prêt à tout pour « faire le buzz » (Je suis désolé d’avoir écrit ça ici, je ne rembourserai pas ceux qui ont eu des saignements dans l’œil à la lecture de cette infâme expression), y compris à abaisser le niveau de qualité de son ouvrage.
  • Ensuite que de se faire photographier nu en train de lire est un fantasme que je ne connaissais pas et qui semble pourtant assez répandu, surtout chez les hipsters (Et je vous garanti que c’est tout sauf érotique, je n’avais jamais vu autant de poils au cours de mes recherches).
  • Qu’il existe des photographies de Megan Fox en train de lire. C’est un scénario aussi crédible que les films dans lesquels elle a joué.
  • Et enfin que vraiment ce fantasme de se faire photographier à poil, c’est curieux. D’ailleurs il semble que sa variante plus extrême soit de se faire photographier nue dans une librairie/bibliothèque (oui apparemment celui-là c’est surtout un truc de femmes, alors que à poil en train de lire c’est plutôt les messieurs…).

A voir aussi : L’avis de l’Odieux Connard sur le sujet.


  1. J’ai moi-même souffert d’une implantation dentaire assez fantaisiste étant petit, et j’ai donc été équipé d’un appareil métallique utilisé pour torturer les sorcières sous l’inquisition quand j’étais ado. C’était pas beau à voir. 

  2. Oui je sais, il n’est pas vraiment officiel, mais la plupart des gens le penseront quand ils le verront dans le dico. 

  3. Si vous avez compris la relation ambassadeur/Ferrero Rocher, vous étiez déjà devant la télé entre 1993 et 2002. sinon, voici de quoi vous éclairer : http://www.youtube.com/watch?v=j5d1qIDv4Jc

  4. Merci à Jibé et Eva pour la correction, et pardon pour la grosse fôte. 

Je connais personnellement Chuck Norris, vite je commente !


De la relative durée du temps

Pondu le 21 mai 2012 - 9 commentaires

La Space Magic c'est un peu comme les super-pouvoirs, ils ont une explication mais en fait on s'en fout.

Aujourd’hui nous allons parler un peu de la relativité du temps. Ce terme est très utilisé en science-fiction pour faire de la Space-Magic1 , ce qui fait que le bas-peuple2 a souvent tendance à penser que c’est un truc pour adolescents boutonneux.

Je tiens à le dire, c’est faux. D’abord parce que la science-fiction est appréciée par une foule de gens de tous âges qui n’ont pas de problèmes de peau, ensuite parce que c’est un phénomène que vous subissez quasiment tous les jours. Vous noterez l’emploi du verbe « subir », je vous garanti que c’est bien le terme qui convient pour ce phénomène.

Prenons un cas concret de la vie courante. Pour coller un maximum aux paramètres du test, vous devez au moins répondre aux pré-requis suivants :

  • Devoir arriver à votre travail à heure fixe.
  • Ne pas habiter sur votre lieu de travail.
  • Ne pas disposer de pouvoirs spéciaux.

Pour une meilleure expérience et un ressenti plus fort, veuillez vous munir d’enfants3 qui devront eux aussi quitter le domicile familial pour se rendre à l’école, en crèche, chez la nounou ou dans n’importe quel lieu où vous souhaiteriez l’abandonner. Vous pouvez également établir votre domicile à bonne distance de votre lieu de travail.

Le réveil sonne, il est <Insérer ici une heure qui sera quoi qu’on y fasse toujours trop tôt, vu qu’on a les yeux bouffis, le cheveu en bataille, et qu’on jure (en vain) que ce soir on se couchera bien moins tard>. Allez, laissez-vous encore 5 minutes avant de vous lever.

Vous clignez des yeux : 6 minutes se sont déjà écoulées. Oui, en un clignement. Vous vous levez et allez prendre votre douche, le temps de vous raser/mettre une quantité indéfinie de crèmes de beauté, de maquillage/faire l’idiot devant la glace vous aura semblé prendre moins de 5 minutes. Erreur : voilà qu’un quart d’heure s’est écoulé, et votre sale gosse n’est toujours pas réveillé. Et vous pouvez vérifier sur toutes les horloges de votre Home Sweet Home, elles indiquent toutes avec la même effronterie que vous commencez à prendre un sévère retard sur votre planning matinal.

Et sachez que cet écoulement du temps qui semble passer en accéléré va continuer comme ça jusqu’à ce que vous arriviez (en retard) à votre travail.

Et il y a mieux : le temps peut également sembler se rallonger à l’infini, faites-en l’ennuyeuse expérience en participant à une réunion,  en allant en cours (pour les plus scolarisés d’entre nous), en étant coincé dans un bus bondé en plein été, dans un embouteillage, etc.

Madame, Monsieur, Chose : vous venez d’être la victime de la relativité. Nombre de savants se sont penchés et se penchent encore aujourd’hui sur ce phénomène, ce qui explique la posture voûtée de la plupart de ces gens-là. Et encore, ce n’est pas la pire déformation physique que peut subir un chercheur : si vous voyez des scientifiques estropiés, avec des organes manquants et d’autres visiblement endommagés, il y a de fortes chances pour que leur domaine de recherche porte sur l’épineuse question de qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus balèze. Ce n’est pas tant la recherche en elle-même qui est dangereuse, mais plutôt les affrontements liés à la publication du résultat de ces recherches. Il faut bien le dire, personne aujourd’hui n’a encore pu répondre avec certitude cette question fondamentale. Du moins sans se faire massacrer par les partisans de l’autre camp.

Si vous avez continué la lecture jusqu’ici au lieu de retourner voir des vidéos de minous sur Youtube (ou sur Youporn, ça marche aussi), vous allez vous écrier : « Hé, mais c’est vrai ! Comment se fait-il que le temps n’ait pas une durée fixe ? ».

L’explication tient dans le fait que le référentiel de base, c’est vous. C’est votre point de vue qui fait que le temps semble se dilater ou se rétracter. En vérité une unité de temps a la même durée pour tout le monde, mais tout le monde ressentira une durée différente pour cette même unité de temps, et tout ceci est variable dans le temps et selon l’air du temps4. Cessons-là ces énoncés fumeux et prenons Galilée  :

Nous sommes en 1610 en Italie, et cette truffe de Galileo Galilei5 croit que si le Soleil se lève et se couche, c’est parce que c’est la Terre qui tourne autour de lui, et non pas l’inverse comme ce qui est dit par l’opinion publique catholique (je vous rappelle qu’à cette époque c’est l’Église Catholique qui fournit les explications scientifiques aux mystères de ce monde).

Quand je vous disais que tout est une histoire de point de vue...

Si on y réfléchit bien, du point de vue d’un humain résidant sur Terre, les deux théories sont plausibles. Mais du point de vue d’un martien préparant sa Guerre des Mondes, il est évident que c’est autour de Mars que le Soleil tourne et que c’est  la Terre, cette ridicule planète qui va se manger une invasion d’ET dans 4 siècles, qui tourne autour du Soleil. Si le Monde devait tourner autour de tous ceux qui pensent qu’ils en sont le centre, je vous laisse imaginer le bordel que ça serait. N’est-ce pas ? Hein, quoi, c’est déjà le cas ? Oh écoutez, on le saurait à force…

On peut donc déduire de toute cette histoire que :

  1. Galilée était probablement un extra-terrestre.
  2. Les martiens de cette époque auraient mieux fait d’investir un peu dans la recherche contre les maladies extra-martiennes au lieu de ricaner sur l’étroitesse d’esprit des gens du 17è siècle, ça leur aurait éviter de se faire décimer par un virus à la con quand ils ont envahi la Terre 4 siècles plus tard.6
  3. Toute observation est relative au point de vue de la personne qui regarde.

Alors vous allez me dire que c’est bien beau cette histoire, mais que non seulement vous n’avez rien compris à cette histoire de Galilée qui tourne autour d’un martien, mais qu’en plus ça ne vous sert à rien dans votre vie quotidienne, et que comme c’est la Crise on a d’autres chats à fouetter.

Vous avez raison sur un point : vous n’avez effectivement rien compris.

Pour ceux qui aiment pouvoir tout résumer en une phrase (c’est mon cas), voici ce que vous devez retenir de la relativité temporelle appliquée à la vie courante :

« La durée d’une seconde est inversement proportionnelle à ce que vous souhaitez »

Tout ça pour dire que les matins où je dois emmener mon rejeton à la crèche, le temps file scandaleusement plus vite que lorsque je dois assister Albane quand elle est en mission de recherche de fringues7, ce qui n’arrive heureusement pas si souvent.


  1. Ce terme regroupe toutes les explications suffisamment vagues mais plausibles concernant les moyens de locomotion dans une œuvre de science-fiction genre Guerre des Etoiles, et qui reposent sur des principes vaguement scientifiques. 

  2. C’est à dire vous et moi. Mais surtout vous. 

  3. Il est préférable que ce soit les vôtres, et qu’ils soient encore vivants. 

  4. Si vous n’avez rien compris, c’est tout à fait normal. Même en sachant que ce que j’ai écrit est relativement correct, je n’arrive pas à comprendre ce que j’ai mis… 

  5. Comme quoi même à cette époque certains parents étaient totalement irresponsables dans le choix du prénom de leur progéniture. 

  6. Évidemment il faut avoir lu ou vu la Guerre des Mondes d’ H.G. Wells pour comprendre ce deuxième point. Si vous ne l’avez pas lu, vous pouvez au moins tenter de dissimuler votre inculture en regardant le film de Spielberg avec Tom Cruise. 

  7. Vous plussoirez si vous avez la malchance de partager la vie d’une personne qui vous dit « Je dois absolument aller acheter un pantalon, je n’en ai plus à me mettre » et qui regarde TOUT dans les magasins SAUF les pantalons. 

Je voudrais la paix sur le monde, vite je commente !


James Bond, ce crétin subversif

Pondu le 27 décembre 2011 - 8 commentaires

Aujourd’hui nous allons parler des films d’espionnage, avec en vedette ce coquin de James Bond. Non pas que ce soit le seul, mais c’est certainement le plus emblématique.

Intéressons-nous d’abord au héros du genre (avec sa sous-catégorie de la Femme Fatale), que nous mettrons ensuite en concurrence avec son alter-ego le Vilain-Grand-Méchant.

Le héros, un type héroïque.

S’il est quelque chose qu’on ne peut nier avec le héros, c’est qu’il a une belle gueule charismatique. Du genre à faire se retourner toutes les nanas et les gays dans un cocktail mondain. Enfin non, pas les gays : le héros est un hétérosexuel compulsif, et toute chose tendant à démontrer que le héros pourrait apprécier les Dieux du Stade doit être écartée. Si homme gay il y a dans un film d’espionnage, ce sera soit un méchant, soit un élément comique, soit les deux mais dans tous les cas il sera totalement facultatif au niveau de l’intrigue.

Black Widow, une espionne russe crée par Marvel. Un bon prétexte pour mettre une paire de seins dans une combi moulante.

D’ailleurs je parle du héros au masculin, mais dans les rares films où on confie le rôle principal à une gourdasse, c’est la même chose (avec une paire de seins renversante en plus). Le héros est donc beau, avec du sex-appeal, bien fringué, une dentition parfaite et une condition physique qui lui permettrait de battre tous les records olympiques s’il n’était pas constamment occupé à culbuter des donzelles dans les toilettes des ambassades lors de réceptions ennuyeuses.

Car le héros masculin est un bon coup. Ce n’est pas moi qui le dit, mais la brochure printemps 2012 de Espion Magazine :

Avantages pour vous mesdames :

  • Procure de multiples orgasmes en peu de temps
  • Est capable de prouesses de séduction dont il ne se servira pas car vous aurez déjà succombé à son after-shave.
  • Garanti sans panne sexuelle.
  • A une haleine fraîche le matin.
  • Ne pète jamais au lit.
  • Ne regarde pas le foot.
  • A de gros moyens financiers.

Inconvénients :

  • Se barre au beau milieu de la nuit.
  • Est infidèle.
  • Ne fait pas les courses ni le ménage.
  • Se contrefout de ce que vous pouvez penser ou dire.

On l’aura compris, le héros a une grosse libido et une très faible opinion des femmes.

Le héros ne respecte pas les règlements ni sa hiérarchie. Il est libre le héros, c’est un rebelle ! Et en plus comme personne ne vient le chopper par l’oreille pour lui dire d’arrêter ses conneries et d’aller au coin, il est conforté dans son comportement.

Il est également très con. Non pas qu’il ne soit pas intelligent : le héros sait parler plein de langues, il connaît tout un tas de coutumes et usages dans plein de domaines variés, il sait faire la conversation et donner la patte quand on lui demande. Non, en fait c’est juste qu’il se comporte comme un abruti. Donnez à un héros deux options : l’une qui demande de la patience, de la réflexion mais qui sera efficace et discrète, et l’autre qui lui permettra de rentrer dans le tas en faisant des explosions, des morts et des dégâts considérables sans attendre. Quelle option notre héros testiculé va-t-il choisir ?1

La seconde évidemment. Et même si par inadvertance il choisit la première, il va à un moment ou à un autre faire foirer son propre plan pour pouvoir tuer tout le monde dans une explosion monumentale. On pourrait penser que le principal ennemi du héros c’est le Vilain-Méchant-Ricaneur, mais en réalité le héros roubignollé n’a besoin de personne pour saboter son travail.

Les collègues du héros :

Ils ne servent qu’à faire diversion, à se faire tuer ou à ce qu’on ne remarque pas trop que finalement le héros arrive à descendre une centaine de types surentraînés en deux heures et demi de film à lui tout seul. Ils ne valent même pas la peine que je leur consacre plus de temps, c’est dire s’ils sont inutiles.

La Femme Fatale :

Quand je vous disais que les James Bond Girls avaient des moeurs légères...

C’est une femme forcément sublime et bien roulée, élégante et pas vulgaire pour un sou. Très propre sur elle, elle sort souvent avec le Méchant Qui Fait Peur et va changer de partenaire sexuel sur une simple roucoulade du héros, ce qui va bien sûr fortement agacer le Méchant De La Terreur qui n’arrive pas forcément à satisfaire pleinement sa partenaire au lit, vu qu’il a quand même un projet de conquête du monde à organiser, et que non-pas-ce-soir-chérie-j’ai-mal-à-la-tête.

La Femme Fatale est intelligente et stupide à la fois : raffinée et bien élevée, elle saura briller en société. Pour autant elle fait des choix de vie qui confinent à l’acte suicidaire. Et quand les évènements ne lui sont pas fatals (c’est décidément un adjectif qui lui sied comme un gant), elle s’en sort de justesse et avec les cheveux décoiffés. Première bourde : sortir avec un Méchant Fourbe et Sournois ; deuxième erreur : sortir avec le héros qui veut justement éliminer le Méchant Sournoisement Fourbe ; troisième erreur :  non contente de faire tout ça, elle le fait de façon ostentatoire : tout le monde va voir qu’elle a joué à touche-pipi dans les toilettes avec le héros pendant le discours d’inauguration d’une entreprise de son méchant de mec, mais elle croit tout de même qu’elle va pouvoir s’en sortir avec un battement de cils et une sourire enjôleur.

Cette insouciance ridicule lui vaut fréquemment d’être tuée par le Méchant Vilain au Cœur Brisé de façon cruelle et douloureuse, mais ça survient après qu’elle ait fait des galipettes avec le héros et elle peut donc mourir sans gêner l’action de celui-ci.

A noter que certaines Femmes Fatales font partie des Méchants Secondaires. On peut au moins leur accorder qu’elles ne jouent pas à la girouette comme leurs collègues pro-héros, et qu’au moins elles restent fidèles. Mais par contre elles meurent à coup sûr, c’est ballot.

A l’inverse, voici les méchants, classés en plusieurs catégories :

Ceux qui n’ont pas de nom :

Sacrifiables à merci, ils sont systématiquement tués par le héros ou par le Grand Vilain Machiavélique. C’est dans cette catégorie qu’on met tous les gens de couleur présents dans ces films : le héros est blanc, le méchant est blanc, et la femme fatale… On s’en fout de la femme fatale, elle n’est là que pour montrer sa plastique de rêve.

Les Méchants Secondaires :

On pourrait les comparer à des Boss de fin de niveaux dans les jeux vidéo : ce sont des méchants intermédiaires qui mourront brutalement. Ce sont souvent eux qui ont le plus affaire au héros tout au long du film, et pourtant ils sont traités comme du petit personnel par le Vilain Méchant en Chef. Inutile de dire que nos méchants secondaires reportent toute la frustration de leur situation sur le héros ou à défaut sur la femme fatale du héros.

Ils ont souvent une difformité physique, ça renforce leur côté ouh-là-là-qu’il-fait-peur-celui-là. Et quand ils n’en ont pas, c’est le héros qui leur en crée une (balafre, bisou sur la joue, bras en moins, etc.). Ce sont des personnes qui ont une personnalité très fragile et qui craquent facilement. Ça leur vaut souvent une mort brutale et rapide.

Le Méchant Principal Plus Méchant que Les Autres :

C’est mon préféré, je ne vous le cache pas. Le Méchant a une élégance et un charisme certain, et pourtant il fait fade à côté du héros étincelant. Le Méchant est un type qui a réussi dans la vie : il est riche, il a une Rollex, des superbes villas, une femme magnifique… Ah non tiens, il vient de se la faire piquer par le héros. Mais à part ça il a tout pour être heureux. Tout ? Noooon, car il lui en faut plus !

C’est pourquoi le Méchant Diabolique et Vil a un plan. Un plan qu’il a mis des années à préparer, le but de sa vie, le couronnement de sa carrière, un plan qui lui vaudra d’être en couverture de Vilain Magazine comme étant le Méchant du Siècle ! Patiemment, il a rassemblé ses forces, mis en place ses pions, posé discrètement les bases de ce qui va lui permettre d’obtenir plus de pouvoir, plus d’argent, et d’obtenir enfin une reconnaissance de son talent par son papa qui le traite tout le temps d’incompétent.

Inutile de vous dire que le Méchant Monstrueusement Maléfique est d’une rare intelligence. Il est raffiné, cultivé, audacieux, visionnaire, méticuleux, il connaît ses tables de multiplication, il ne fonce pas tête baissée dans les ennuis, il réfléchit avant d’agir  et il n’oublie jamais de sortir les poubelles la veille du jour de ramassage des ordures. Par contre il a un complexe d’infériorité, il se sent rejeté, il veut l’admiration de ses petits camarades et il tolère très mal l’échec. Si jamais il rate son exercice de maths, il peut bouder pendant une journée entière.

Mais alors pourquoi donc le Méchant Qui est Malin et Cruel perd-il à la fin ? Il devrait pourtant mettre la misère au héros crétin !

Il me restait une photo, c'était dommage de vous en priver.

Et bien mes petits, ça s’appelle tirer le niveau vers le bas : dans une classe d’école, quand un élève est perturbateur et médiocre il a tendance à entraîner tous les autres enfants avec lui dans ses bêtises, abaissant à lui tout seul le niveau de la classe. C’est pareil pour le Méchant Qui Fait Peur aux Bébés : en présence du héros, il va vouloir tuer tout le monde et faire pan-pan boum-boum au lieu de réfléchir cinq minutes et mettre calmement un bon coup de pied dans les bourses hypertrophiées du héros pour lui apprendre à piquer la nana des autres.

Voilà la conséquence : le Méchant Vilain de la Peur s’éparpille dans tous les sens en essayant de singer le comportement stupide du héros pour lui mettre une raclée, et du coup il foire le plan de sa vie. Bon, il a quand même la satisfaction de buter son ex la plupart du temps, c’est toujours ça de pris. Et à la fin cet odieux personnage meurt, et jamais de façon élégante. De toute façon vous aurez compris qu’à partir du moment où on fait partie de toute autre catégorie que le héros, on meurt.

Mais alors, que peut-on retenir du film d’espionnage à la James Bond ? Premièrement, c’est une ode à la stupidité. Deuxièmement, les femmes adultères et frivoles y jouent un meilleur rôle que celles qui restent fidèles à leur chéri. Troisièmement, les gens qui présentent un handicap ou une difformité sont moqués et présentés comme méchants. Quatrièmement, on y célèbre l’arrivisme face au besogneux entrepreneur : le pique-assiette gagne face à celui qui a trimé toute sa vie et qui allait enfin réussir à s’épanouir. Cinquièmement, on met en valeur ceux qui ne respectent pas les règlements et qui n’en font qu’à leur tête.

L’air de rien, on tente de vous conditionner à désobéir aux règles et aux mœurs en vigueur dans notre société actuelle lorsqu’on vous montre tout ça.

Ces films sont la quintessence du film subversif. Et en plus y a des jolies filles dedans.

 


  1. Indice : pan-pan boum-boum. 

Je suis un fan de curling, vite je commente !