Le coffre, ce générateur de chaos

Pondu le 28 septembre 2018 - 3 commentaires

Il y a quelques temps, alors que nous devisions tranquillement sur les potentielles améliorations à apporter à notre intérieur, nous nous sommes mis à débattre du type de meuble à chaussure à utiliser dans l’entrée.

Il faut savoir qu’Albane veut planquer les chaussures sous prétexte que c’est moche, alors que moi je préfère les montrer parce que c’est plus pratique à attraper pour se chausser/déchausser. Et alors que nous commencions à nous échauffer pour une discussion houleuse à base de « tes nul(le) » et « non, c’est toi qu’es nul(le) », Albane a sorti sa plus mauvaise idée depuis plus d’une décennie que nous sommes ensemble : utiliser un coffre pour ranger les chaussures.

Vous allez me dire que c’est un peu méchant et que ni Albane ni cette idée ne méritent un tel traitement. Et bien vous avez tort, et j’entends vous le prouver avec tout le sérieux et l’argumentation qui me caractérisent.

Les meubles appelés coffres (à l’exception des coffre-forts dont nous ne parlerons pas ici) possèdent tous la même amusante caractéristique que ce soit un congélateur-coffre, un coffre à jouets, un coffre de toit ou un coffre de type basique tout à fait ordinaire et généraliste dans son contenu : leur entropie augmente avec leur utilisation.

Dit comme ça, ça fait presque peur hein ? L’entropie pour faire simple1, c’est la quantité de désordre dans une chose. Plus l’entropie augmente, plus c’est le bazar.

Inutile de cliquer sur cette poitrine, elle a assez de coffre comme ça...

Alors que je cherchais un prétexte pour montrer une fille dénudée dans cet article, j’ai eu l’idée de traduire « Coffre » en anglais, ce qui donne « Chest ». « Chest » qui signifie également « Poitrine »… Et hop, voilà le lien que je cherchais !

 

Alors quel est le rapport avec les coffres ?

Prenons un coffre contenant des objets du quotidien. Vous allez passer deux heures à tout ranger élégamment, en mettant en dessous les choses qui vous servent le moins et qui sont les plus lourdes, vous allez optimiser l’espace en faisant du Tetris avec les boîtes, peut-être même que vous prendrez le résultat en photo pour montrer à tout le monde que d’une part vous êtes capable de merveilles en matière de rangement, et que d’autre part votre vie est tellement inintéressante que vous en arrivez à poster des photos de trucs rangés.

Les Lois de Murphy sont intraitables à ce sujet : si vous avez ensuite besoin d’un objet rangé dans ce coffre, ce sera systématiquement celui qui sera tout au fond.

Peut-être que vous arriverez à conjurer cette terrible malédiction en prenant le temps de tout re-ranger comme il faut. Une fois sans doute, peut-être deux…. Mais tôt ou tard, vous serez pressé(e) et vous craquerez en laissant le bordel s’installer dans ce coffre, bordel qui va encore augmenter la prochaine fois que vous aurez besoin d’un objet qui est dedans. L’entropie va ainsi augmenter jusqu’à ce que le contenu ne soit qu’un immonde fouillis dans lequel on ne retrouve rien.

Je vous le remet ici de façon à ce que vous puissiez briller en société si on vous demande votre avis sur le sujet :

L’entropie générée au sein d’un coffre est proportionnelle à son utilisation

Lorsque les convives de la soirée vous regarderont de travers, précisez avant qu’on se dise qu’il ne faudrait sans doute plus vous inviter :

Autrement dit, le chaos au sein du coffre va augmenter au fur et à mesure que vous chercherez des trucs dedans.

  • Dans le cas d’un congélateur, vous retrouverez sans doute des années plus tard ces magrets de canard congelés que vous avez cherché partout pour le réveillon.
  • Dans le cas d’un coffre de toit, c’est au retour chez vous que vous trouverez le papier toilette dont vous aviez pourtant urgemment besoin au bord de cette départementale.
  • Dans le cas d’un coffre à jouet, vous finirez par remplacer cette petite brique de Lego gris foncée permettant de finir votre reproduction au 1/20è du périphérique parisien2 par une immonde brique jaune qui surnage en quantité dans le coffre.
  • Dans le cas d’un coffre à chaussures, vous ne retrouverez cette sandale gauche que lorsque vous changerez ce coffre à chaussures démoniaque pour un meuble plus standard et ouvert.

Je vous laisse donc imaginer ce qui peut se produire le matin lorsque vous êtes en retard pour l’école, alors que vous avez une réunion super importante qui doit débuter dès que vous arriverez au travail, et que vos enfants vous sortent :

– Papa/Maman/Genre inclusif, je ne trouve plus ma chaussure de sport gauche !

– T’as regardé dans le coffre ?

– Oui, mais je trouve pas !

Votre journée part très mal, et les cinq minutes que vous allez perdre à fouiller par vous-même en retournant toute l’entrée (et sans plus de succès), plus les jurons que vous apprendrez à vos enfants dans l’intervalle3 ne vous feront pas sentir mieux.

Je vous laisse quelques instants pour faire redescendre tout le stress que vous venez d’accumuler rien qu’à imaginer cette situation. Respirez calmement… Voilà, tout va bien.

Alors certes, un coffre (aussi appelé malle) c’est beau. On peut y ranger plein de trucs et on ne voit pas ce qu’il y a dedans, permettant potentiellement de planquer des trucs moches sans toutefois les jeter ou les mettre dans le garage. C’est un aimant à bordel inutile.

Parce que soyons honnêtes : si vous avez réellement besoin d’un objet, vous vous rendrez vite compte qu’il faut le ranger ailleurs que dans ce coffre pour arriver à le retrouver. De sorte que vous allez finir par ne ranger dans le coffre que des choses totalement inutiles.

Les coffres, c’est un peu la version king-size des petits plats où on met les stylos qui ne fonctionnement plus, les piles HS et les clés qui n’ouvrent aucune serrure dans la maison.


  1. Je fais simple non pas parce que les deux visiteurs égarés sur ce blog seraient incapables de comprendre, mais parce que je ne maîtrise absolument pas la profondeur du concept. 

  2. Et il vous en faudra des briques grises pour le reproduire fidèlement… 

  3. On sait très bien qu’ils les connaissent déjà en réalité… 

Je connais personnellement Chuck Norris, vite je commente !


Le requin, un poisson méconnu

Pondu le 5 août 2011 - 12 commentaires

Albane me faisait part hier (en omettant malencontreusement de ne pas le répéter) de sa peur de l’eau et des attaques de requins en mer. Pour info, nous aurons un contact avec l’océan atlantique aux Sables d’Olonne, ce qui comme chacun sait est un coin à requins féroces et mangeurs de gens.

Ma connaissance des requins se limite à Nemo de Pixar et  l’intégrale des Dents de la Mer. Je n’ai malheureusement pas pu visionner le documentaire exceptionnel Gang de Requins, aussi je vous prie d’excuser les lacunes que je peux avoir dans ce domaine.

Je vous propose donc quelques endroits où il convient de faire attention aux requins :

Un requin se cache dans cette image, saurez-vous le retrouver ?

1- La plage :

Je commence par le plus évident.  Les requins n’ont pas de jambes, ce qui rend problématique le fait d’aller happer de jeunes enfants qui jouent sur le sable. Le requin a donc développé des stratégies d’une fourberie peu commune, puisqu’il est capable d’imiter Hello Kitty à la perfection pour attirer les jeunes filles. Les jeunes garçons sont naturellement attirés par tout ce qui leur est interdit, aussi il sufit à notre ami requin d’ouvrir la gueule et de placer à côté : « entrée interdite, danger, vous allez tous mourir ». Notons que le requin est fourbe mais qu’il ne ment pas.

 

2- L’autoroute :

Le requin nage très vite, et remonter une rivière d’asphalte ne lui fait pas peur. Les requins ayant rarement leur permis, ils ne mettent jamais leur clignotant avant de doubler et conduisent parfois à contresens. Les squales étant attirés par les voitures en excès de vitesse, il vous suffit de vous maintenir dans la légalité. ce comportement pour le moins surprenant tient au fait que d’après l’Institut d’Etude des Comportements Marins en milieu Routier, les squales sont tellement efficaces sur du bitume qu’ils vont sélectionner en priorité les proies qui ne les obligent pas à ralentir. Les biologistes pensent que le requin a des freins insuffisants au vu de sa vitesse de croisière.

Chérie, passe-moi l'après-shampoing veux-tu ?

3- La baignoire :

On sous-estime gravement la capacité des requins à surgir dans les baignoires. Et le fait que ça vous semble complètement impossible ne veut pas dire que ça l’est. Après tout, au début du siècle personne n’aurait pensé qu’il était possible d’avoir une coupe de cheveux comme Justin Bieber ou même Tokio Hotel. Pour éviter de finir dévoré, jetez votre chat ou votre chien dans la baignoire avant d’y entrer. Mieux vaut que Kiki finisse bouffé que vous.

4- La piscine :

Là vous ne risquez rien, le requin n’aime pas le chlore. En revanche méfiez-vous des petits vieux qui font des longueurs et des enfants incontinents.

5- En avion :

Le requin a des ailerons, c’est bien pour pouvoir voler. Néanmoins, le requin peine à trouver suffisamment d’eau en haute altitude pour pouvoir respirer, aussi préfère-t-il rester à moins de 100m du niveau de la mer. De plus le vent lui pique les yeux, donc à moins qu’il n’arrive à se procurer des lunettes vous en verrez peu en vol.

6- Dans un fast-food :

Le requin est comme tout le monde, il ne dédaigne pas se faire un petit Mc-Do de temps en temps. Il prendra de préférence un Happy Meal, parce que le requin adore les jouets. Cette passion peut d’ailleurs vous sauver la mise, puisqu’en cas de poursuite vous n’aurez qu’à lui jeter au choix le jouet de votre gamin, ou bien votre gamin1

Hubert est marseillais : la preuve, il essaie de nous faire croire qu'il peut manger de la soupe avec des baguettes.

7- Dans votre soupe :

La soupe d’aileron de requin est parait-il très bonne. Je n’y ai jamais goûté, donc je ne sais pas. Niveau menace on est assez tranquille, mais méfiez-vous quand même de la soupe trop chaude, ça brûle le palais.

8- Sur un grand huit :

Le requin est très friand de sensations fortes, même s’il préfère les provoquer que les subir. On a rapporté pas moins de 800 attaques de requins sur des attractions à sensations fortes l’année dernière. Le célèbre biologiste marin Andrew Fortesco, qui a passé l’essentiel de son doctorat à boire des tequilas dans les bars sordides du Texas, affirme que les squales préfèrent largement les attractions contenant la lettre R.

9- Dans l’espace :

Dans l’espace, personne ne vous entendra crier. Bien qu’il n’y ait aucune attaque de requins recensée dans l’histoire de la conquête spatiale humaine, il n’est pas prouvé que vous ne puissiez pas subir d’attaques. Dans le doute, restez sur le plancher des vaches, vous serez au moins à l’abri des abordages par des vaisseaux aliens belliqueux.

10- Dans la mer :

Soyons sérieux, le mythe des requins qui vivent dans l’océan est ridicule. Le requin déteste l’eau salée car ça lui brûle les yeux. D’ailleurs faites le test vous même, vous verrez bien qu’on ne peut décemment pas vivre dans l’océan. C’est froid, humide, on y voit rien, le sel ça irrite, y a plein de bêtes… Non vraiment, la mer c’est nul.

 

J’espère qu’avec ces quelques points vous saurez au mieux vous préparer aux agressions de requins, qui comme chacun sait sont des brutes sanguinaires qui tuent pour le plaisir de déchiqueter des gens avec leurs terribles mâchoires.

 

Note : il est bien évident que tout ce qui est écrit ci-dessus est un ramassis d’âneries. Les faits, les voilà : les requins ne sont agressifs avec les humains que si on les emmerde en premier, que si vous ressemblez à leurs habitudes alimentaires (surfeurs) ou s’ils sont excités par l’odeur du sang. Le requin a peur de l’Homme, probablement autant que l’Homme a peur du requin.

Et sachez qu’un requin a plus de chances de se faire tuer ou agresser par un humain que l’inverse (via la pêche industrielle ou sportive).

Sur ce, bonnes vacances pour les veinards, et bon courage pour les pas veinards. Si vous avez d’autres conseils en matière de requins, je suis preneur dans les commentaires. 


  1. Pour savoir lequel des deux sacrifier, il suffit de se fier au volume sonore : le plus bruyant est à éliminer. 

Je suis une blonde, vite je commente !


Raphaël le superbe est dans la place

Pondu le 21 novembre 2009 - 29 commentaires

Albane est décidément très forte. Je ne parle pas au sens physique ni de sa silhouette, entendons-nous bien. Je veux juste dire que cette fille a des talents cachés, des super-pouvoirs qui viennent tout juste de m’être révélés.

Ce matin1 à 3 heures pile, Mademoiselle vient me déranger dans mon sommeil du juste pour une histoire de contractions intempestives et qui troublent son sommeil. Un bain plus tard pour calmer tout ça, les choses avaient bien progressé puisque les contractions s’espaçaient de 5 minutes à peine.

Branle-bas de combat, habillage tant bien que mal (allez donc habiller une femme enceinte de 9 mois qui doit s’arrêter toutes les 3-4 minutes pendant 30 secondes à cause des contractions, la pauvre…), prévenage2 de clinique, sautage dans la voiture et démarrage à allure normale toutefois, on n’est pas à l’abri d’un accident con et en plus ça ne sert à rien de conduire comme un cinglé étant donné que si on arrive trop tôt à la clinique ils vous foutent dehors en disant que vous n’êtes qu’un caca de panda et que vous reviendrez quand vous serez vraiment sur le point d’accoucher.

Arrivés à la clinique, on me fait patienter dans la salle d’attente pendant que Mademoiselle va en salle d’accouchement et qu’on mandate l’anesthésiste pour qu’il fasse sa piquouze magique (la péridurale. Pour avoir vu Albane souffrir avant de l’avoir, la refuser sous prétexte de mieux ressentir l’accouchement est une stupidité qui mérite amplement les souffrances qu’on reçoit en punition). Moi j’ai pu entendre le personnel soignant qui disait « oulah la p’tite dame elle est déjà dilatée à 6 !3 », et Albane a pu entendre l’anesthésiste dire « C’est le mari de la dame le monsieur qui dort dans la salle d’attente ?4

Je vous passe les détails sordides, d’autant que même moi j’en ai pas vu, mais à 7h35 est finalement arrivé le petit Raphaël, 3,920kg et 52cm de long. Une belle bête qu’Albane a fait naître en 4h35 donc, contractions comprises. Chapeau bas, surtout pour un premier enfant. Moi qui m’attendait à un marathon, j’ai été bien surpris. Celà dit Albane aussi.

Alors évidemment ce fut des montées de larmes, une immense fierté, des émotions à gogo et un moment intense à vivre. Visuellement on peut déjà dire qu’il hérite du pif d’Albane et de mes oreilles. Et qu’il a des pieds gigantesques et du poil dans le dos5 – qui devrait bientôt tomber m’a t-on signalé probablement dans le but de me rassurer. Comme tous les bébés à la naissance on ne peut pas dire qu’il soit super beau, mais c’est évidemment le plus beau des bébés.

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Raphaël a déjà le super-pouvoir de remplir ses couches plus vite que la lumière. Et le caca de nouveau-né ressemblant à du pétrole brut, je vous laisse imaginer le plaisir qu’on a à nettoyer ce carnage (car oui, j’ai déjà changé ma première couche – avec un peu d’aide d’Albane toutefois).

Sinon la Grippe A ayant frappé dans le coin, les visites sont malheureusement interdites. Ceux qui voudront voir le monstre en vrai devront attendre qu’il soit sorti avec sa maman de la maternité. Cependant vous serez bien aimable de téléphoner avant de passer afin d’éviter un afflux massif de gens. Peut-être l’ignoriez-vous, mais les deux parents de Raphaël ont pour trait commun de très moyennement apprécier qu’on piétine leur espace vital…

Edit du panda farceur de Slovénie : Sur une des photos on peut me voir au maximum de mes capacités. Je tiens à dire que si moi ça m’a complètement achevé, Albane a pété la forme pendant toute la journée.


  1. Le 21 novembre, je précise parce qu’après aujourd’hui cette phrase n’aura plus aucun sens. 

  2. Oui, aujourd’hui j’ai le droit de prendre quelques libertés avec ma langue maternelle, qui se trouve également être ma langue paternelle. 

  3. Pour info au-delà de 6-7 cm ils ne font plus de péridurale car c’est trop tard. Autant dire qu’on était border-line pour le coup. 

  4. Qu’il soit bien clair que je ne dormais absolument pas. Je méditais les yeux fermés, nuance. 

  5. Albane m’aurait trompé avec un yéti que ça ne m’étonnerai qu’à moitié. 

Je veux coucher avec Dric, vite je commente !


Le riz, c’est la vie (2/2)

Pondu le 15 juillet 2008 - 4 commentaires

Où en étais-je déjà ?

Ah oui, mon enquête s’est donc poursuivie aux Etats-Unis, que tout le monde s’accorde à qualifier de nouveau maître du Monde en attendant que ces foutus chinois ne prennent le pouvoir mondial grâce à leur extraordinaire vigueur sexuelle1.

Je me suis donc rendu deux fois là-bas. La première fois j’avais mis une grosse barbe postiche pour passer incognito, sauf que les douaniers m’ont pris pour un terroriste musulman  et m’ont gentiment tabassé avant de me remettre dans le premier vol pour l’Europe. Pas de chance pour moi, c’était un avion de fret qui transportait des poulets. Et le poulet, ça fouette odorifiquement parlant.

La seconde fois je me suis donc déguisé en français, avec mon béret et ma baguette sous le bras et j’ai pu passer sans encombres. Il m’a fallu me rendre dans les grandes plaines du mid-west, là où sont concentrées l’essentiel des cultures agricoles des Etats-Unis. Je pensais naïvement qu’il n’y avait là-bas qu’une poignée d’agriculteurs dans de gros pickups qui machouillaient fièrement du chewing-gum, et qu’ils n’y cultivaient que du soja et un certain art de vivre assez rural bien que très américain.

Et là, surprise. Déjà contrairement à ce que tous les documentaires veulent bien nous faire croire, il pleut énormément là-bas, à cause des changements climatiques que quelques fâcheux barbus et alter-mondialistes attribuent à la pollution, alors qu’en fait c’est juste une manoeuvre sournoise des chaînes de télé qui adorent produire des documentaires sur les tempêtes et les inondations. Résultat, le sol est assez marécageux et on y a même importé récemment des crocodiles de Floride pour faire plus vrai. S’il est vrai qu’il n’y a toujours que quelques fermiers ricains en chapeau de cowboy, ils sont désormais propriétaires de dizaines de milliers d’asiatiques qui bossent sans relâche dans d’immenses rizières. Propriétaires ? Oui oui, vous connaissez cette pratique ancestrale qu’avaient les chefs de villages africains de vendre leurs administrés aux colons esclavagistes afin de pouvoir se payer un grand écran plat au moment où nous en Europe n’avions encore que de petits écrans cathodiques même pas en couleur ? Et bien les asiatiques ont enfin découvert qu’ils pouvaient faire de même, et c’est par containers entiers que des familles débarquent en terre promise pour y manger des Cheese-Burgers et accessoirement faire le même boulot que de là où ils venaient, sauf qu’ils ont tatoués sur la fesse gauche « Property of John H. Murphy, Tenessee. Please return if found lost ».

Voyant l’étendue du dispositif, il me semblait impossible que le riz devienne une denrée rare, et c’est pourtant le cas. Non parce que je cause, je vous fais voyager (et parfois même rêver, si si), mais je voudrais qu’on ne quitte pas de l’esprit que la situation est critique ! Le Monde et moi en particulier sommes en manque de riz, et pourtant la production est au beau fixe.

N’écoutant que mon anglais approximatif, je me dirige vers un fier fermier campé sur ses bretelles et accompagné d’une canette de bière :

« – Euh Hello Mister President, I’m a french reporter and I would like to ask you if…
– Heh bad guy, if you’re trying to ask me where is Brian2, I swear I put your fucking head at the top of my pickup !
– Where is who ? No, I just want to ask you why there is a shortage of rice ? It seems that there is enough production, so where is the problem ?
– No problem stupid froggy ! We sell little quantities to Uncle Ben’s for it’s personal needs, and burn the rest. »

Pour les anglophobes, je traduis :

« – Salut mon pote, je suis Mickey Mouse et je voudrais te demander si…
– Salut Mickey, content de te connaître. J’aime beaucoup Dingo et Minnie et…
– Oui oui, mais pourquoi on ne trouve plus de riz nulle part alors que t’en produis visiblement plein ?
– Bah à part Uncle Ben’s qui en mange un peu, nous les ricains on n’aime pas trop ça alors on  brûle les récoltes. Et sinon j’aime beaucoup Fifi et Loulou, mais pas trop Riri et…
– Oui oui, merci ! »

Bon il est évident que je n’allais pas m’arrêter à la parole d’un bouseux, j’ai donc investigué plus avant, et j’ai pu constaté que les Nord-Américains sont très en avance sur nous au niveau des énergies palliatives au pétrole. En effet, leur carburant est de l’alcool de riz, ils se chauffent en brûlant du riz, ils font des maisons en papier de riz pour les pauvres (parce que quand même, les riches ont de vraies maisons), ils payent leurs esclaves asiatiques en bols de riz, etc.

Mystère résolu. Je voudrais remercier tous les gens que j’ai pu rencontrer au cours de ce reportage, les familles des victimes de Copine, les autorités Congolaises pour n’avoir pas interféré dans mon enquête, et George Washington parce qu’il est cool (bien qu’il soit mort).

Note pour les esprits observateurs qui ont bien remarqué que la première note qualifie les Etats-Unis de nouveaux pauvres : J’ai vérifié, c’étaient bien des affabulations de vieillard alcoolique. Tant pis pour tous ceux qui sont anti-américains, je vous ai fait une fausse joie.


  1. J’ai fait une note là-dessus, vous vous en souvenez n’est-ce pas ? 

  2. Il paraît que Gad Elmaleh n’a pas arrêté de les soûler avec ça la dernière fois qu’il est passé aux Etats-Unis, et depuis la question reste un sujet à ne pas aborder. 

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Le riz, c'est la vie (1/2)

Pondu le 8 juillet 2008 - 6 commentaires

On m’a demandé dans les commentaires de la note précédente d’autres notes sur « la France d’après ». Ce qui tombe bien, puisque j’avais l’intention de vous parler de l’augmentation exhorbitante du prix des produits de base comme les nouilles, le riz et les légumes verts. Commençons tout de suite par écarter les pâtes et les légumes verts, dont je me contrefous. Non le vrai scandale, c’est le riz !

Mon équipe de reporters s’est faufilé dans les méandres de la grande distribution et a remonté toute la filière, voici en exclusivité un grand reportage d’investigation dans le milieu scabreux des producteurs de riz.

Après avoir tabassé interrogé Roger, responsable des achats de riz chez Poney Ailé1, nous avons obtenu l’adresse du grossiste chez qui toutes les marques riz sans exception se fournissent. Un grossiste qui se soucie énormément de sa discrétion par ailleurs, puisque même ses clients ne sont pas autorisés à utiliser son nom. La plupart l’appellent « Le mystérieux grossiste anonyme qui vend du riz ». Il faut dire que la plupart de ses clients sont des restos chinois, qui aiment donner des noms à rallonge à tout ce qu’ils voient.

Pour m’introduire chez ces individus, il me fallait une personne à la pointe de l’infiltration en milieu hostile. Fort logiquement, j’ai donc choisi Albane (alias Copine) qui évolue chaque jour dans une crèche plein de marmots. Après que je lui ai rappelé l’importance de n’être vue par personne afin qu’on ne puisse pas soupçonner une infiltration, Copine a mis son costume bleu ciel métallisé, un string mauve par dessus et quand même une petite laine parce qu’il faisait froid, puis elle a volé une fourgonnette dans la rue bordant l’entrepôt du fournisseur avant de s’en servir comme bélier pour défoncer la porte du hangar. Bien évidemment, les gardiens ont moyennement apprécié de se faire interrompre dans leur partie de carte, aussi ont-ils sorti les chiens, leurs fusils et un orchestre de country pour mettre de l’ambiance. Je pourrais évidemment vous raconter ce qui s’est passé ensuite, mais ma ligne éditoriale ne permet pas de relater autant de violence. Je peux juste vous dire que les familles des gardiens ont été bien tristes lors de leur enterrement.

Comme Copine a tué tout le monde, ça a fortement compliqué notre enquête. Du coup il a fallu se rendre directement au coeur du problème, au fin fond du sud asiatique.
Sauf qu’en fait, une fois arrivé là-bas il n’y avait rien à part deux chiens miteux et un poivrot qui ne l’était pas moins. Après l’avoir secoué un peu, le vieux m’a dit qu’il n’y avait plus de culture de riz dans la région depuis deux décennies et que tout avait été délocalisé chez les nouveaux pauvres de la planète, les Etats-Unis.
Je me suis dit que ce pauvre ivrogne était trop imbibé et qu’il racontait n’importe quoi. Pris d’un doute, j’ai donc reporté la suite de cette note à une autre fois.


  1. Petit jeu : retrouvez la marque réelle qui se cache habilement derrière ma marque bidon. Non, ce n’est pas Uncle Ben’s. 

Je connais personnellement Chuck Norris, vite je commente !