La Poste, une longue histoire de maux avec plein de lettres

Pondu le 27 décembre 2012 - 6 commentaires

Les services postaux, c’est avant tout une longue histoire de glorieux mérites.

On y pense peu, mais avant l’arrivée de la presse écrite, avant les journaux télévisés, avant Internet, il y avait… que dalle. Les moyens d’information étaient pour le moins peu fiables, lents et pas forcément objectifs.

C’était là qu’intervenaient les services postaux : porter des messages, des colis, des missives en galopant à travers le Royaume, telles étaient les missions des fiers postiers.

Il va de soi qu’en ce temps-là les gens de la poste n’avaient pas de Kangoo ni de vélo. Le seul moyen de déplacement rapide, c’était le canasson. Avouez que ça en jette plus de se déplacer en cheval qu’en vélo, le prestige de ces hommes (car la parité était loin d’être respectée en ce temps-là) était tout autre qu’actuellement.

Créés sous Louis XI, les services postaux servaient à l’origine au Roi pour envoyer des sextos à ses maîtresses. Etant donné qu’il n’y a avait pas que le Roi qui avait des maîtresses, et qu’il pouvait s’avérer bien pratique d’envoyer des messages et des lettres à l’autre bout de la France, on élargit bientôt la mission de la Poste aux autres gens du Royaume.

Le Pony Express : une époque malheureusement révolue.

Au fur et à mesure de leur histoire, les services postaux se sont développés et sont entrés dans la légende. Prenons le Pony Express, cette entreprise postale intimement liée à la conquête de l’ouest nord-américain.

C’était une longue chaîne de relais postaux qui allait d’un bout à l’autre des Etats Unis, pouvant faire passer un message de l’est à l’ouest en 10 jours seulement. Les français et les belges tenterons bien de reproduire ceci dans leurs pays respectifs, mais suite à une malencontreuse traduction un peu trop littérale, les relais postaux seront équipés de poneys. Vous le savez sans doute, mais le poney est un animal hargneux, peu coopératif et assez je-m’en-foutiste.

La conséquence sera que le Poney Rapide (c’était son nom) fera faillite au bout de trois mois sans avoir jamais réussi à livrer un seul courrier d’un bout à l’autre de sa couverture d’intervention. On peut le dire, c’est à partir de ce moment-là que les choses commencèrent à se gâter pour la grande histoire de la poste.

Lorsque le télégraphe1 fit son apparition (entraînant d’ailleurs la fin du Pony Express après deux ans de service seulement), les services postaux s’en emparèrent immédiatement. Jamais à l’abri d’une application détournée de toute technologie, la poste monta un service de réveil à distance.

Le principe était le suivant : on câblait un télégraphe jusque chez vous, vous demandiez à ce qu’on vous réveille à une certaine heure et un employé se chargeait de vous balancer des bips à l’heure prévue. Le récepteur du client était relié à un gramophone pour que le son soit bien audible. Bien évidemment, ce service échoua à trouver une clientèle pour plusieurs raisons :

  • Le coût était faramineux, sans compter qu’à l’époque on n’enterrait pas les câbles et que les fils visibles dans la rue, c’est moyen en zone dense.
  • L’employé s’endormait régulièrement, ce qui nuisait quelque peu à l’efficacité du système.
  • Un simple réveil-matin était bien plus précis et fiable, et coûtait bien moins cher.
  • Apple n’était pas encore là pour reprendre l’idée et annoncer que c’était une révolution dont vous aviez nécessairement besoin2.

Ce fut ensuite l’arrivée du téléphone, du minitel et d’internet, que les dirigeants de la poste regardèrent avec mépris en disant : « Pfeu, ça ne marchera jamais ». Ils eurent tort dans deux cas sur trois, mais malgré l’apparente haine de la Poste pour tout ce qui ressemble à une avancée technologique, la machinerie interne ne cessait d’évoluer.

Les centres de tri ont toujours été le point névralgique de la Poste. Rediriger le courrier avec un maximum d’efficacité et de rapidité vers les bureaux de poste locaux est un défi permanent.

Les premiers centres de tri étaient bien évidemment manuels, des employés ne voyant quasiment jamais la lumière du jour s’éreintaient les yeux à déchiffrer les adresses écrites sur les lettres et paquets. Le développement de la médecine et des pharmacies, ainsi que de la détestable habitude de leurs praticiens d’écrire comme des cochons fut d’ailleurs responsable des grandes grêves de 1909.

Par la suite, avec l’arrivée de la bureaucratisation galopante en vigueur dans nos administrations depuis la seconde guerre mondiale, on nomma des responsables pour surveiller des groupes d’employés, puis des responsables pour surveiller et encadrer ces surveillants. Le budget n’étant pas extensible, on finit par prendre des postes d’employés pour créer des responsables. Le point culminant fut atteint en 1974, lorsqu’un employé du tri fit grêve au centre de tri postal de Colombes en Île de France. L’acheminement du courrier fut ainsi totalement interrompu pendant 10 jours. Il s’avéra qu’il était le seul employé à faire du tri sur l’ensemble de la France, tous les autres étant responsables de quelque chose. Cet homme anonyme n’avait ainsi pas pris de congés ni eu de jours de repos depuis 3 ans, lorsque son collègue était parti en retraite. Cette histoire n’a jamais été publiquement dénoncée par les syndicats, vu que les délégués syndicaux étaient eux-même des responsables (de la vitre de la porte de service pour le délégué CGT, et de l’ampoule du placard à fournitures pour celui de FO).

C’est alors qu’on mit en place les premières machines automatiques. Qui étaient en réalité des boîtes vides dans lesquelles on mettait des employés de petite taille (l’exiguïté des machines ne permettait pas aux personnes de plus d’1m52 de s’y introduire) qui faisaient ainsi un tri manuel. Mais le ministre des PTT qui visita le premier centre automatisé n’y vit que du feu et augmenta ainsi le budget des PTT de 140%.

Petit apparté sans lien avec le sujet de mon propos3 : le timbre postal fut probablement l’invention qui propulsa les services R&D4 de la Poste au Panthéon des Grands Nuisibles de la Civilisation. Pensez donc, forcer des millions de gens à ingérer de la colle au goût infect pour pouvoir appliquer volontairement une taxe sur sa lettre, c’était tellement aberrant que ça n’aurait jamais dû fonctionner. Et pourtant, l’adage « Plus c’est gros plus ça passe » se vit là encore vérifié.

Une langue parfaitement adaptée au léchage de timbres

La Poste tenta là encore de se faire un peu plus de sous en ouvrant un service spécial de lécheur de timbres. Les membres de ce service étaient rigoureusement sélectionnés pour leur salivation modérée (trop de salive et la lettre était noyée, pas assez et le timbre ne collait pas) et la taille de leur organe qui devait être conséquente (on parle toujours de la langue là, hein) pour les gros timbres. Des rumeurs à ce jour invérifiables font mention d’un laboratoire secret de la Poste qui aurait pratiqué l’eugénisme dans le but de créer des individus parfaits pour remplir les conditions mentionnées ci-dessus.

Ce fut encore un fiasco : les gens étaient peut-être idiots, mais pas à ce point. Le Gouvernement français ordonna aux employés de bureaux de poste de proposer gratuitement ce service de léchage de timbres. C’est à peu près à cette époque qu’on vit arriver les premiers timbres autocollants, mais le Directeur Général jura sur la tête de sa maman que ce n’était qu’une coïncidence.

La grosse majorité de ce que je viens de vous raconter sort directement de mon imagination, cela va de soi. Et là, vous vous dites : « ok c’est bien ton truc, mais où tu veux en venir au juste ? »

Ce qui suit est certifié exact par l’Institut de Vérification des Assertions Véridiques.

J’ai commandé des pièces informatiques sur un site internet, qui me les a expédié via colissimo, le service de transport de colis de la Poste.

Après une attente assez longue, voici ce que je vois sur le suivi de mon colis via Internet :

On fait tout ce qu'on peut pour vous livrer. Ah ah.

On fait tout ce qu’on peut pour vous livrer. Ah ah.

Évidemment, il n’y a aucun moyen de contacter qui que ce soit via la page de suivi pour savoir quelle est la partie manquante, et encore moins de pouvoir la renseigner.

Il y a une raison à cela, et vous allez vous en rendre compte sur la photo de l’adresse de destinataire inscrite sur le colis :

Je cherche encore le renseignement qui manque sur l'adresse...

Bien évidemment, j’ai modifié les éléments de l’adresse, mais la présentation et le nombre de renseignements sont identiques.

Ce serait plutôt gênant pour la personne qui aurait à répondre à ma demande de me dire quel renseignement manque sur l’adresse de destinataire, étant donné qu’il n’en manque aucun.

La préposée à mon colis est certes très mignonne, mais si elle croit que mon colis se trouve dans son décolleté…

C’est d’ailleurs plus vicieux que ça, puisque la société expéditrice n’ayant pas eu de confirmation de livraison, elle a lancé une demande de localisation, qui est une procédure permettant de savoir où se situe le colis. En réalité, je suppose que cette procédure fonctionne un peu dans le même principe que le « coup de pied au cul » : la personne chargée de traiter mon colis reçoit cette demande de localisation, elle a peur et elle finit par traiter tous les colis qu’elle a en attente jusqu’à ce qu’elle oublie à nouveau que son boulot est d’acheminer des colis vers leur destinataire.

 

Et j’ai reçu mon colis sans faire aucun changement sur l’adresse de destinataire.

 

Note : je précise pour contrebalancer l’excédent de mauvaise foi qui parsème mon propos que c’est la deuxième fois que ça m’arrive. Des transporteurs nous livrent chaque semaine du matériel à cette adresse sans que ça pose le moindre problème, sauf avec Colissimo.


  1. On parle ici du télégraphe électrique, puisque le télégraphe optique (les signaux lumineux ou de fumée) existaient déjà depuis longtemps. 

  2. Oui c’est un vilain troll, d’autant que sans Apple les smartphones et les tablettes ne seraient pas encore démocratisés, seraient bien plus moches et moins ergonomiques. Ça n’empêche pas de critiquer le côté puant de leur communication. 

  3. Je n’avais en réalité aucune obligation de le mentionner étant donné que vous ne connaissez pas encore le sujet de mon propos. 

  4. Recherche et Développement. C’est censé être dans toute société qui  se respecte un service génial où on joue au savant fou. 

J'ai un furoncle au derrière, vite je commente !


Fils d'abruti

Pondu le 23 août 2010 - 11 commentaires

Il est communément admis qu’on ne doit pas dire de mal des bébés, sous prétexte qu’ils ne sont pas capables de se défendre avec des arguments cohérents puisqu’ils ne peuvent pas parler.

Mon propos de ce jour ne nuira donc pas à la réputation des bébés, mais il faut tout de même signaler que ces petits bestiaux ont des comportements qu’on trouverait pour le moins largement inacceptables de la part d’un adulte. Prenons comme exemple mon fils de 9 mois1. Superbement nommé Raphaël2, ce sac à viande de 76cm de longueur qui pèse 11kg se permet en effet de transgresser allègrement toutes les règles de bienséance en vigueur.

Salut les gens !

Premièrement, ce bébé est une usine à bave. Il peut baver plus qu’il n’ingère d’eau dans une journée. Avez-vous déjà vu un dîner d’ambassadeur sans Ferrero Rochers et avec des gens qui se permettent de baver partout sans respect ? Moi pas3. J’ai parfois l’impression d’avoir un élevage d’escargots chez moi.

Deuxièmement, il a le chic pour se mettre à faire des discours incompréhensibles mais bruyants au moment où l’intrigue peu palpitante de la série allemande de l’après-midi sur M64 s’emballe, à l’instar du cœur de l’héroïne qui vient d’apprendre que le beau mec qui vit miraculeusement dans la campagne pourrie où elle s’est réfugiée suite à l’abandon de sa vie citadine est non seulement disposé à l’aider à tenir la ferme dont elle vient d’hériter, mais qu’en plus il ne dirait pas non à un rendez-vous coquin derrière la grange. Alors que les deux protagonistes s’échangent des propos de plus en plus lourds de sous-entendus sexuels, mon Raphaël se met à gazouiller (brailler à tue-tête serait plus proche de la réalité) sans discontinuer, adressant probablement un discours poignant mais juste sur la nécessité pour le hochet Tigrou de faire la paix avec le piou-piou chantant, sans quoi ça va barder et il va en prendre un pour taper sur l’autre (ce qu’il finit d’ailleurs par faire).

De toute façon c’est un faux problème, étant donné qu’Albane attend toujours ce genre d’instant critique pour me parler et que donc je ne saurais jamais ce que Hans a dit à Greta, pas plus que ce qui s’est passé dans les deux scènes suivantes. Quand je reprendrais le fil du téléfilm, Hans sera en train de se battre avec l’ex-mari de Greta afin de lui montrer que c’est dorénavant lui le mâle de son ex, et que quand on est un gentilhomme on ne maltraite pas son ex-femme, même si celle-ci s’est barrée avec le compte en banque sans rien dire.

Troisièmement, ce gamin n’a que faire des fortunes englouties par l’entourage familial dans l’acquisition de jouets. Vous pouvez toujours lui offrir des jouets encensés par les pédiatres, qui font de la musique en trois langues ou qui rigolent quand on les secoue, ça ne sert à rien. Actuellement Môssieur Raphaël a comme favori une bouteille d’eau vide de 1,5L qu’il a réussi à attraper sur la table lors d’un repas en chaise haute (Tout jeune parent sait qu’il ne faut rien laisser traîner sur une table à moins de 50cm d’un bébé, sous peine de voir l’objet atterrir dans sa bouche).

Je pourrais discourir longtemps également sur l’étrange rituel du repas, dans lequel Raphaël se transforme en bébé à trois bras et quatre jambes tellement il gigote, ce qui rend le trajet petit-pot -> bouche assez hasardeux et digne d’une route commerciale en territoire barbare en 200 avant JC. Je plains la maman de Shiva5

Je profite de la fin de cette note pour vous signaler que tout de même, ce gamin est formidable. Figurez-vous que pendant les vacances il s’est réveillé le matin à 10h, permettant ainsi à ses heureux parents de ronfler sans honte alors qu’auparavant ils devaient se lever à 8h pour le bib du matin. Les lecteurs jeunes parents dont le bambin est un lève-tôt apprécieront à leur juste valeur, jaloux qu’ils sont.


  1. Pour ceux qui prendraient le train en retard il est né le 21/11/2009, parce qu’évidemment il n’aura pas neuf mois à vie. Ce serait idiot et contre-productif, vu que je me suis reproduit dans l’espoir qu’il reste quelqu’un pour payer ma retraite. 

  2. La honte me coule du front quand je me rends compte que je suis infoutu de taper correctement ce prénom sur un clavier, j’écris systématiquement Rapahël. 

  3. d’un autre côté je n’ai jamais été convié à un dîner d’ambassadeur, mais je suis membre du Fan-Club des Amateurs de Films Dans Lesquels On Peut Voir un Dîner d’Ambassadeur 

  4. Oui j’étais en congés les trois semaines précédent cette note, ce qui explique que j’ai eu connaissance de ce genre de fléau. 

  5. J’aurais pu en prendre une autre étant donné que les divinités indiennes ont fréquemment des membres supplémentaires mais Shiva est voué à la destruction, ce qui me semble tout à fait à propos. 

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Y a même pas de freins à disques sur la poussette

Pondu le 13 juin 2009 - 11 commentaires

Une poussette rétro très classe

Une poussette rétro très classe

En me levant ce matin, j’ai constaté que depuis quelque temps certaines choses changeaient dans cette maison. D’abord je trouve qu’Albane prend du bide, et qui dit plus de volume dit moins de place pour moi dans le lit. Cette invasion de mon espace vital serait encore supportable s’il n’y avait pas le reste : dans toute la maison on commence à voir des peluches, des fringues qui sont tellement petites qu’il est clair que ni Albane ni moi ne pouvons rentrer dedans, et enfin j’ai trouvé une sorte de petit kart à pousser, mais là encore c’est beaucoup trop petit pour l’un d’entre nous.

Intrigué et la tête dans le sac (je vous rappelle que je venais de me lever), j’ai donc décidé d’interroger Albane sur tout ce foutoir1. Et tout ce qu’elle a trouvé à me répondre, c’est lever les yeux au ciel, hausser des épaules et sortir un « pfff » méprisant.

C’est seulement quand j’ai commencé à rassembler toutes ces affaires dans le jardin en tas pour y mettre le feu qu’elle a daigné me donner des explications :

« – Mais arrête donc, t’es idiot ou quoi ?
– Quoi, tu crois que j’aurais du essayer de les vendre au lieu de les brûler ? lui répondis-je
– Mais c’est pour le bébé, couillon2 !
– Enfin c’est ridicule, il n’y a aucun bébé ici et moi vivant, il n’y en aura jam…
– Hum, j’ai un très bon souvenir d’une note sur ton blog qui parlait d’une échographie de mon bedon… Même que certains croyaient que ton montage d’alien était une vraie écho3 !
– C’était pas moi, c’était mon jumeau maléfique !
– Frangin n’est pas ton jumeau et il n’a rien à voir dans cette histoire !4
– Bon admettons, on va avoir un bébé. Mais quel est le rapport avec tous ces trucs ?
– Tu crois peut-être qu’on va le laisser tout nu, qu’on va le trimballer dans un sac plastique et qu’on lui filera nos boîtes de conserves pour jouer ?
– Quoi, tu veux dire qu’on va le garder une fois qu’il sera né ?! Mais c’était pas du tout prévu ça !
– C’est toi que je vais pas garder si tu continues…
– Pfff, la lose. Bon, et cet espèce de mélange de kart et de caddie de supermarché, ça sert à quoi ?
– C’est une poussette mon chéri. Ca sert à trimballer le mini-nous.
– Vraiment ? Voyons voir ça… Pas d’aileron, pas de moteur à réaction, aucun lance-missiles, même pas de télé ni de mini-bar… Ce truc n’a décidément aucun intérèt ! Bon, et ces fringues là… Mon dieu mais il5 aura l’air ridicule à son boulot avec ça !
– Oh regarde là-bas, un brin d’herbe qui danse le tango !
– C’est vrai ? Où ça ? »

Le temps que je comprenne que le brin d’herbe était parti aux toilettes, Albane avait disparu dans la maison avec les affaires de Mini-nous et les avait éparpillées partout.

Conclusion : une femme sera toujours plus tolérante avec son bordel qu’avec le vôtre messieurs. Et les brins d’herbe ne dansent pas le tango mais la salsa.


  1. Qu’il soit bien clair que ma tolérance au foutoir est très élevée, mais seulement quand c’est le mien. 

  2. En vrai Albane a des insultes moins variées mais tout aussi imagées. Peut-être qu’un jour je vous livrerai sa fameuse phrase tri-insultes. 

  3. Véridique. Ce qui prouve que je suis vraiment trop fort. 

  4. Pour respecter son intimité, mon frère s’appelle Frangin. Ça lui va bien mieux que son vrai prénom d’ailleurs. 

  5. Le mini-nous est au masculin, qu’il soit une fille, un mec ou un clone de Pascal Sevran miniature. 

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Le C15, la délinquance routière façon old school

Pondu le 11 mai 2009 - 12 commentaires

Il est désormais bien connu que la violence, la drogue et tout ça gagnent de plus en plus les banlieues et les campagnes. Mais il est un autre phénomène en marge qui est devenu une réalité : les gangs touchent toutes les catégories de population.

J’en subis d’ailleurs régulièrement les désagréments dans ma campagne profonde avec les propriétaires de Citroën C15.

Oh ne riez pas. Ne souriez pas non plus. Quiconque a déjà eu affaire avec ces terroristes de la route opinera gravement du chef à la lecture de l’affirmation suivante : « Citroën C15 devant toi, un ulcère te donnera ». Car le conducteur de C15 met un point d’honneur a emmerder son prochain, il serait prêt à tout pour pourrir un peu la vie des usagers de la route.

Tout d’abord, le C15 surgit sans prévenir : qu’il se jette sur la route au moment où vous arrivez, ou bien qu’il y soit déjà depuis 10 minutes, vous ne le verrez qu’au dernier moment. L’armée de l’air américaine a d’ailleurs fait des études très sérieuses sur le pouvoir de camouflage de ces utilitaires., et vous constaterez d’ailleurs que les formes carrées des bombardiers furtifs n’ont rien à envier au niveau design à celles des C15.

Le C15, ou la délinquance du vieux

Le C15, ou la délinquance du vieux

Le professeur Guy Jarniaud de l’Institut des Sciences de la Vie Courante a publié en 2006 un rapport complet sur les conditions d’apparition d’un C15 sur la route. En substance, il faut réunir les conditions suivantes :

– Être pressé.

– Être sur une route sur laquelle le dépassement est impossible.

– Être à la campagne, bien sûr1.

Il existe également des facteurs favorisant cette apparition, comme être aux heures de pointe (horaires de trajet boulot/maison) ou avoir une très forte envie d’aller aux toilettes.

Tout C15 qui se respecte est blanc. Toutefois il existe une catégorie de conducteurs qui tient à barioler son véhicule : les amateurs de rave-party, des gens qui ont souvent le cheveu long et gras. Inutile de dire qu’ils ne font pas partie du gang des C15 et qu’ils sont méprisés par l’ensemble de ses membres. Le C15 ayant un moteur poussif, il est rare que celui-ci soit au niveau des limitations de vitesse en vigueur, et de toute façn son conducteur roulera toujours au moins 10 à 20 km/h en dessous de cette limite. SAUF s’il vous est possible de le doubler, auquel cas il s’arrangera pour rester en tête quitte à faire fumer un peu le moteur.

Le conducteur du C15 est un homme d’âge mûr compris entre 50 et 120 ans. Le port du béret ou d’une casquette est fortement répandu. La moustache n’est en revanche pas un signe distinctif. Le conducteur ne veut se séparer de son utilitaire pour rien au monde : proposez-lui une Porsche, un 4×4 ou même un Berlingo (le remplaçant du C15) tout neuf, il n’en voudra pas. Le conducteur est parfois alcoolisé à l’outrance, mais ne comptez pas là-dessus pour qu’il se fasse retirer son permis un jour : un C15 est totalement invisible aux yeux des représentants de l’ordre.

A l’instar du maître et du chien, il est rare qu’un conducteur survive bien longtemps à la perte de son C15. Notez tout de même qu’il est improbable que cela arrive pendant qu’il sera devant vous : vous pouvez maîtriser des incantations démoniaques et maudire à tout va, le C15 n’aura jamais d’accident. Jamais. Sauf quand il sera seul sur la route éventuellement, mais c’est évidemment un cas que vous n’aurez jamais la chance de voir.

Toute la force des propriétaires de C15 est d’être juridiquement inattaquables : ils ne font pas d’excès de vitesse, ils connaissent les coins à radar par cœur de toute façon, ils ne suscitent aucune méfiance auprès des services de gendarmerie, douane ou cellule anti-terroriste, ils savent où, quand et comment ils atteindront leur potentiel maximal de pénibilité et enfin ils sont partout. J’ai récemment découvert que mon voisin était membre de ce gang rural, et pas moyen de saboter cet engin de malheur en douce car le voisin en question est équipé d’un chien de la taille d’un poney dressé à faire des steaks de tout intrus sur son territoire.

Citadins, ne venez plus me rabattre les oreilles avec vos  jeunes des banlieues, votre pollution ou vos embouteillages. Moi aussi j’ai des problèmes, alors lâchez-moi. Non mais.

Note : Ce véhicule a été utilisé par l’Etat Français qui n’a toujours pas reconnu ses torts depuis, on a ainsi pu voir des C15 aux couleurs de la gendarmerie, de la Poste et des pompiers.


  1. Encore que des cas de C15 en pleine agglomération aient été rapportés, mais il semble que ça relève plus du mythe urbain que de faits prouvés. 

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Viens voir Chérie, j'ai trouvé un caillou !

Pondu le 8 avril 2009 - 21 commentaires

Comme vous le savez peut-être, je dispose d’un grand jardin autour de ma maison. Si vous ne le saviez pas, je pense que c’est désormais chose faite.

Ferrero Rocher

Voilà ce que j'aurais aimé trouver dans mon jardin.

L’entreprise qui a fait le jardin (je suis en location mais j’ai un proprio très bien) a retourné le terrain avant de planter la pelouse. Oubliant au passage de me virer les cailloux, ce qui m’oblige à le faire moi-même. J’ai commencé, et j’ai vite constaté qu’il y avait plus de caillasse que d’herbe sur ce terrain. J’ai déblayé environ 3m² et j’ai déjà 15m³ de cailloux, ce qui fait une jolie petite colline.

Bien embêté par ce rendement pour le moins suprenant, je me suis demandé ce que j’allais en faire : mettre discrètement les cailloux chez le voisin, dans le champ derrière chez moi, les jeter sur les rares commerciaux de porte-à-porte qui arrivent jusque dans mon trou perdu1 ?

C’était sans compter sur mon génie diabolique : celui-ci m’a soufflé de les commercialiser. Bien sûr je n’ai pas fait ça en gros, je me serais heurté à la toute puissance Fédération du Gravier, fondée en 1889 par Gaston Martin. Celle-ci a le monopole absolu de la commercialisation en gros de pierres, gravats, gravillons, sable, rochers, montagnes et plaques tectoniques.

En plus l’idée de bosser dans l’industriel ne me tentait pas plus que ça, je suis un tertiaire pur et dur. J’ai donc englobé cette vente dans une offre de service pointu : je sélectionne les cailloux en fonction de ce que les gens ont vraiment besoin, avec une assistance 5j/7.

Quelques exemples :

– Le galet : idéal pour garnir une petite plage privée dans la Manche, pour entourer vos fleurs dans votre jardin, et pour lancer sur quelqu’un dont vous ne voulez pas vraiment du mal, comme votre député2 ou votre frère particulièrement pénible.

– Le caillou plat : idéal pour les ricochets et pour faire des haches artisanales. Nous taillons bien évidemment nos cailloux en fonction de l’usage que vous en ferez.

– Le caillou avec plein de tranchant : pratique pour les lapidations éclair, pour couper de la viande en cas d’écroulement total de notre civilisation ou pour jeter sur des démarcheurs, des voisins ou un frère particulièrement pénible.

– Le petit caillou : pratique, on peut l’emmener dans son sac à main et le jeter sur les gens avec lesquels on est obligé d’interagir comme un patron, une caissière ou un frère particulièrement pénible. Il peut aussi servir de GPS manuel pour retrouver son chemin (cf le petit Poucet).

– Le rocher : idéal pour vos réceptions, le rocher est toutefois difficile à manier. Peut aussi servir si votre maison est en haut d’une colline et qu’un démarcheur ou un frère particulièrement pénible vient vous rendre visite.

– Et beaucoup d’autres tailles et textures, venez découvrir nos offres !

Tous les cailloux peuvent être personnalisés avec votre nom ou la gravure du portrait de votre caniche royal (tout autre chien étant en supplément de 3€ par caillou). La livraison est gratuite à partir de 200€ d’achat et est effectuée sous pli discret (comme les revues porno).

Mon business tourne déjà très bien et je compte exporter à l’international. De plus des experts en forage minéral m’ont confirmé que mes réserves en pierre s’épuiseraient bien après celles du pétrole même si je l’extrais au même rythme que l’or noir.


  1. Soyons honnêtes : à part des témoins de Jéhovah je n’ai vu aucun démarcheur. C’était deux femmes que j’ai accueilli de bon matin en robe de chambre sans rien en dessous, elles ne se sont pas attardées. 

  2. J’ai pris cet exemple car je suis légèrement aigri par le <a title="Bienvenue dans la France 2.0" href="http://www.numerama.com/magazine/12532-Debats-Hadopi-seance-de-rattrapage-pour-le-week-end.html" target="_blank">vote de la loi sur l’HADOPI</a>. 

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