L’empathie envers les sales bêtes

Pondu le 17 mai 2018 - 7 commentaires

J’ai regardé il y a peu un épisode de Game of Thrones1 dans lequel des gens se trucidaient sur un champ de bataille (ce qui n’a rien de rare dans cette série), vautré dans le canapé en compagnie de Madame et d’un chat qui ronflait. Pour la suite de cette histoire, Madame sera appelée Albina grâce à une dame officiant dans un Starbucks de l’aéroport de Stansted au nord de Londres, et qui en plus d’avoir des clients parlant un anglais approximatif (ce qui était aussi son cas en fait) était visiblement un peu dure de la feuille.

Albina donc fut horrifiée de voir un Dothraki anonyme (l’équivalent d’un envahisseur Hun dans notre histoire réelle) couper une patte du cheval de son adversaire le brave chevalier Braillard2 pour le faire tomber (tactique qui a d’ailleurs fort bien fonctionné). Puis encore une fois quand le chevalier fraîchement désarçonné de son cheval a trouvé le moyen de lancer un carreau d’arbalète géant dans l’épaule d’un gros dragon à qui ça a fait mal, évidemment.

Une Dothraki. Pas une vraie évidemment, personne n’a un tel push-up dans les séries TV.

 

J’ai trouvé assez curieux qu’Albina ait plus de peine pour un cheval et un dragon que pour les pauvres soldats qui se faisaient trucider et rôtir par ledit dragon (surtout que l’univers de Game of Thrones étant assez peu manichéen, il n’y avait ni vilains ni gentils dans cette histoire). Ce à quoi elle m’a répondu que je n’avais aucune empathie, en sous-entendant que ma destinée post-mortem serait probablement de brûler dans les flammes d’un enfer quelconque et beaucoup trop chaud.

Je suis donc allé farfouiller sur le Grand Internet, ce qui m’a confirmé que Madame avait un comportement tout à fait normal en la matière. Quoiqu’en posant la question sur Doctissimo, ils lui ont quand même trouvé un cancer de la prostate.

Il semblerait que les gens associent volontiers les animaux à quelque chose d’innocent. Un peu moins quand même lorsqu’il s’agit des chats, parce que dans l’inconscient collectif les chats sont des créatures maléfiques qui ne voient les humains que comme des esclaves (ce qui n’est pas totalement faux d’ailleurs). A l’opposé, les humains adultes sont par définition pas innocents du tout. La preuve, c’est que la très grande majorité des adultes que vous pourrez rencontrer dans votre vie ont déjà tripoté un pénis avec leur main. Pensez-y quand vous serrerez la paluche de vos collègues (y compris féminines) la prochaine fois.

Ce qui fait qu’on éprouve naturellement plus d’empathie pour un animal qui souffre que pour un humain qui souffre. Et ce, indépendamment des souffrances endurées.

Un petit mot sur la notion de beauté qui a son importance : une bestiole répugnante comme un crapaud pustuleux ou une araignée poilue a un coefficient d’empathie quasiment nul, mais c’est valable également pour les humains. Aussi si vous êtes moches, évitez de vous trimballer avec un bel animal. Je sais que ça fait partie des techniques de drague à deux sous mais c’est inefficace  : vous n’allez servir que de faire-valoir à la bestiole que vous trimballez et ça va vous faire mal à l’ego qui est déjà probablement mal en point si vous en êtes rendu à une telle technique pour approcher des gens.

Si Toutefois vous êtes un dragon, vous pouvez quand même attirer Albina qui n’a aucun sens du beau. Le fait qu’elle ne soit absolument pas regardante a d’ailleurs largement contribué au fait que j’ai pu la mettre dans mon lit.

Mais revenons à ce cheval à trois pattes. Un cheval, qu’on le considère comme une créature innocente, à la limite3 : ça ressemble à une licorne, les gens le trouvent majestueux et Barbie en a plein dans son haras de princesse .

Mais quand même, un dragon. Comment peut-on éprouver de l’empathie pour un dragon même pas amical en plus, puisqu’il passe son temps à brûler et bouffer des quidams ?

Les gens quand même. Enfin je dis les gens, mais je devrais dire : les occidentaux. Parce que dans le reste du monde et notamment dans ses parties les plus démunies, quand on a rien à bouffer on a au moins la décence de manger son chien et pas son voisin.

Je n’aime pas les chiens, et pourtant je sens mon empathie grandir…

 

Du coup en y réfléchissant, les terroristes n’ont rien compris à la culture occidentale. Plutôt que de rouler sur des gens ou de les canarder à la kalachnikov, ils feraient mieux de se rabattre sur leurs animaux de compagnie. Les gens seraient encore plus tristes, et pénalement les terroristes risquent bien moins en tuant un caniche (fut-il royal) qu’un humain.

Après c’est sûr que niveau palmarès c’est moins classe de se pointer au paradis en ayant roulé sur un chat au lieu d’un humain. C’est un coup à se faire refiler une chèvre au lieu des 72 vierges promises au départ.


  1. C’est une série médiévale-fantastique avec du sang, du sexe, des personnages principaux qui meurent, des dragons et évidemment des zombies médiévaux. 

  2. Je ne me souviens plus de son nom, mais il est le symbole d’une l’ascension sociale possible dans cet univers puisqu’il est parti de « passablement bandit » à chevalier avec titre officiel et tout. 

  3. Notez tout de même qu’Albina déteste les poneys, qu’elle considère comme des créatures puantes et vicieuses. 

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Où on parle (encore) de chats…

Pondu le 16 mars 2009 - 9 commentaires

Ce n’est pas pour rien qu’on a toujours assimilé les chats à des créatures diaboliques (cf. Le chat du Dr MAD dans l’inspecteur Gadget, ceux de Volt, les chats noirs, les chats rlatants et d’autres figures symboliques mettant en scène des félins démoniaques). En voici encore la preuve en images :

Pour ma part j’ai reconnu l’intégralité des chats que j’ai pu voir, même si quand je réfléchis bien Albane a un comportement assez similaire parfois.


Note : pour ceux qui passent par un flux RSS pour lire ma prose, je signale un changement avec succès de mon thème. Je suis très fier de ce thème, il est beau. Comme moi quoi.

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La vie d'Albane

Pondu le 23 janvier 2009 - 10 commentaires

Nous sommes le 23 janvier, et ma chérie a aujourd’hui 23 ans.
Il est temps de faire une biographie complète et sérieuse d’Albane :

Albane est donc née un 23 janvier 1986. Coîncidence, la plupart des anciennes civilisations avaient prédit pour ce jour-là l’arrivée d’un cataclysme menaçant l’espèce humaine. Bien entendu comme ces couillons de mayas ne connaissaient pas le calendrier grégorien il est fort possible qu’ils se soient plantés de quelques jours.
Enfant, Albane s’est révélée avoir un réel don pour la morsure, allant même jusqu’à s’aiguiser les canines pour faire comme les vampires à la télé. Ses parents inquiets lui interdisent donc la télé, sauf pour lui rediffuser la série animée Georgie1. Malgré cette sélection audiovisuelle, Albane développe des tendances inquiétantes de cannibalisme. De guerre las, ses parents finissent par la laisser manger le facteur qu’ils n’aimaient pas de toute façon. Albane trouve cet individu de fort mauvais goût et cesse dès lors de mordre les passants.
Plus grande, elle est scolarisée tout à fait normalement, bien que les professeurs aient des consignes spéciales du rectorat et un entraînement poussé pour réagir rapidement en face d’une situation critique comme un ouragan, une prise d’otage ou l’arrivée du groupe Alliage2. En effet, les RG et l’armée surveillent Albane de près depuis qu’un certain Paco R. leur a dit qu’elle serait en l’an 2000 l’instrument de l’apocalypse.

Le premier émoi sexuel d’Albane a lieu assez tôt dans sa vie, puisqu’elle tombe raide amoureuse de Bernard Minet (du groupe les Musclés) en 1990 (ce qui lui fait 4 ans si vous et moi avons bien compté). Bien évidemment, à cette époque le sieur Minet n’est absolument pas intéressé et ne donnera pas suite3, brisant pour la première fois le petit coeur fragile d’Albane. Si vous lui en parlez maintenant elle fera mine de ne pas s’en souvenir, mais je sais qu’au fond d’elle cette blessure béante ne s’est jamais totalement refermée.

Le premier amour concluant d’Albane arrive à l’âge de 11 14 19 ans4. L’heureux élu s’appelle Gaston, il a 29 24 18 ans et il aide à la ferme familiale de sa mère d’adoption, la sienne ayant préféré mettre les voiles avec un vendeur d’aspirateurs. Ce Gaston se révèle finalement plus amoureux des bovins que des petites brunes, aussi Albane décide de tirer un trait sur cette aventure sans surlendemain.

Dès lors Albane profite des joies de la vie et se jette à bras ouverts dans les soirées libertines où elle acquiert une solide réputation. Elle sort beaucoup, elle boit, se drogue même et glisse sur la mauvaise pente jusqu’à cette fameuse rencontre dite du 3 juin 2004 :

Nous sommes en milieu de journée, il fait beau et chaud. Albane sort en trébuchant du squat où elle vit avec une bande d’alter-mondialistes pouilleux et chute lourdement aux pieds d’une postière nommé Jeanne Darc (aucun lien avec Mireille, pour ceux qui se poseraient la question). Celle-ci s’exclame : « mais elle complètement timbrée celle-là !5 » et lui envoie un bon coup de pied pour lui apprendre qu’on ne se vautre pas sur les gens comme ça.

Ceci déclenche chez notre jeune toxico une appendicite6 qui la conduit droit à l’hôpital. Prévenus, ses parents arrivent et son p’pa lui donne une bonne fessée en public pour lui apprendre à rentrer si tard (et il a raison, ça fait quand même 3 ans qu’elle s’est enfuie soit-disant pour « aller chercher des malabars au supermarché »).

Suite à ça Albane est envoyée en « maison pour jeunes filles dévoyées » où elle apprend la discipline à coup de fouets. Elle en sort 3 ans plus tard avec une sérénité nouvelle. Un beau jour de février ou mars (les historiens sont divisés sur le sujet), elle tombe sur un mec extraordinaire dont elle tombe instantanément amoureuse. Celui-ci succombe à son tour à ses charmes et ils finissent par se mettre ensemble. Ils vécurent heureux jusqu’à présent avec leurs 3 satanés chats crotteurs.

Note :  Bien entendu, certains éléments dans la vie d’Albane ont été romancés pour vous faire rêver un peu plus encore.


  1. A ce propos, il y aurait gros à dire sur ce dessin animé qui prône l’inceste, la prostitution – si si, la mère cherche à tout prix à ce que Georgie se fasse des mecs – et des expériences hallucinogènes mettant en scène des koalas. 

  2. vous rigolez mais à cet époque introduire un boys band dans un collège ou même un lycée, c’était une situation à haut risque. Il y a même eu des morts mais l’affaire a bien évidemment été étouffée. 

  3. Peut-être que maintenant, depuis qu’il est croûlant et momifié aux yeux du star-system elle aurait une chance. 

  4. Veuillez m’excuser pour les ratures, c’est Albane qui m’a demandé de reculer l’âge pour ne pas que son p’pa apprenne qu’elle a déjà eu des contacts avec des garçons avant sa majorité. 

  5. Oui je sais c’était facile, inutile d’en rajouter. 

  6. A ce propos, il me semble qu’on ne peut pas dire « crise d’appendicite » car c’est redondant, la crise étant déjà inclue dans le suffixe « ite ». On dit donc « appendicite » ou « crise d’appendice ». Les linguistes, les médecins et les bouchers-charcutiers me corrigeront si je me trompe. 

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Je déménage fréquemment

Pondu le 30 décembre 2008 - 9 commentaires

Prenez ce titre au sens où vous le souhaitez, de toute façon il restera vrai dans tous les cas.

Samedi dernier (le 20 décembre donc), nous avons déménagé dans une nouvelle maison. J’ai déjà expliqué tout ça, donc on ne va pas y revenir. Non cette note va relater avec une rigueur que tous mes proches m’envient comment s’est déroulée notre installation.

Jeudi 23 janvier 1986 :

– A une heure encore tenue secrète, naissance d’Albane. Plusieurs prophètes et voyants prédisent la fin du monde dans les 6 prochaines décennies.

Vendredi 19 décembre 2008 :

-10h30 : Etat des lieux de notre nouvelle demeure. La dame de l’agence de location a enfin fini le tour de toutes les pièces, qu’elle a entamé un mois et demi plus tôt. Bien que très affaiblie (ses rations de survie étaient insuffisantes), elle n’a pas rencontré de résistance poussée et a pu accomplir sa mission. Elle nous remet donc l’inventaire des pièces dans une encyclopédie de 8 tomes.

– 19h : Nous amenons nos féroces félins chez Sophie. Ce qui lui fait 4 chats chez elle. Par sécurité nous avons amené une litière de 2 tonnes, ça devrait suffire pour le week-end.

Samedi 20 décembre 2008 :

– 7h30 : Le réveil sonne.

–  7h45 : Le réveil sonnant toujours et n’étant apparemment pas décidé à s’arrêter, nous nous extirpons tant bien que mal du matelas posé à même le sol1.

– 8h30 : Lavés, vidangés, repus et chicots brossés, nous voilà prêts. Nous terminons de rassembler les dernières affaires éparses.

– environ 9h-9h30 : le commando de déménagement arrive : il est composé de Céline, Beau-papa, Belle-maman, P’pa, M’man, Greg (Frangin d’Albane de son état). Tout ce beau monde2 commence bruyamment à sortir tous les cartons.

– 11h (je crois) : Damien et Carole viennent en renfort, ainsi que Mehdi. On en est à jeter les meubles par la fenêtre quand les gens passent en dessous. Ca a le double avantage d’amortir la chute des objets qui du coup ne s’abîment pas, et aussi de se venger de ces salauds d’autochtones qui ont passé leur temps à essayer d’ envoyer Albane sur un bûcher (elle a été accusée 12 fois de sorcellerie, alors que ce n’était justifié que dans 7 cas).

– 11h30 :  Premier incident grave. Mon P’pa se fait attaquer par le buffet en cours de remontage et est contraint de battre en retraite. Ma M’man l’extrait de sa position périlleuse au moment où le buffet tente un high-kick mortel. Epuisés, mes parents préfèrent se retourner se retrancher chez eux. Dans le même temps, le frigo est descendu avec succès. Il capitule dans un dernier râle d’agonie et pourra être facilement transporté dans l’après-midi.

– 11h45 : La table du salon se débat vigoureusement. Elle se met en travers de l’escalier et s’aggripe aux murs. Après un combat au corps à corps acharné, elle se laisse enfin descendre dans le hall d’entrée3.

– 12h20 :  C’est l’heure de manger. Tatan nous rejoint alors pour un festin de sangliers en broche fourrés aux huîtres et Nutella.

– 13h30 : Nous repartons chercher les derniers éléments, ceux dont le poids exèdent les 3 tonnes. Mehdi doit partir sauver le monde des exactions de la mairie de son patelin.

-15h10 : Les derniers meubles arrivent. On les détache avec précaution avant de leur assigner un poste. A part le four à micro-ondes qui veut prendre la place du papier-toilettes, tout le monde optempère.

– Quelques heures plus tard, la maison est enfin vivable si on excepte les attaques au gaz de la fosse septique. Un bon coup d’Eparcil lui fera momentanément claquer son bec puant.

Dimance 21 décembre 2008 :

– Sophie ramène courageusement les 3 chats (Chaussette, Grumeau et Bigorneau) et nous avons juste le temps d’installer les litières avant que ces maudits félins crotteurs ne la remplissent.

Voilà. Je ne crois pas avoir oublié quoi que ce soit, et je certifie sur l’honneur l’exactitude des faits relatés. Merci à tous pour le (grand) coup de main !


  1. Non c’est pas un effet de la crise, j’avais juste démonté le lit la veille. 

  2. J’espère n’avoir oublié personne sinon c’est la lose. Mais c’est ma faute aussi, j’avais qu’à pas nommer les gens. 

  3. Oui nous avions un hall d’entrée. Nous n’avons jamais pu y faire installer un videur malgré nos incessantes demandes auprès des proprios. 

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Périple en Espagne (2ème partie)

Pondu le 28 août 2008 - 7 commentaires

J’aime la bouffe. Ce qui provoque parfois des effets secondaires comme une prise de poids non-désirée. J’ai la chance de partager mon quotidien avec une fille qui cuisine très bien, ce qui est un avantage non-négligeable. Enfin elle cuisine certes très bien, mais à la va-comme-j’te-pousse. Pour elle, une coquille d’oeuf est un accident négligeable (et négligé d’ailleurs) dans la prépaparation d’un plat. Et ce même si cette coquille fait la taille d’une carte SIM de téléphone portable1. Il était temps que le monde sache à quel point je vis un enfer culinaire2.

Celà nous amène donc à la suite de notre escapade espagnole, grâce à un rapport transitif entre les deux sujets d’une opacité semblable à celle de la comptabilité d’un pizzaiolo maffieux.

Nous en étions arrivé au voisinage de notre bungalow. Bonne surprise, c’est que des français. Voilà qui va faciliter les « Bonjour, bon appétit, bonsoir ». Deuxième surprise, sur 6 voisins, on trouve 5 couples homos. ce qui fait que je n’ai même pas pu mater d’hypothétiques voisines en sous-vêtements ou bikini. En effet, il semble que Sitges soit une station balnéaire à forte attractivité pour la communauté homosexuelle. Ce qui fait qu’en se promenant dans la ville, on trouve une parfaite répartition (à 0,002% près) d’un tiers de couples hétéros, un tiers de couples homos, un tiers de familles classiques avec marmots inclus, et un tiers de gens qui ne savent pas compter.

Ce voisinage particulier donc m’a permis de vivre ma première expérience d’hétérophobie, nos voisins nous ignorant superbement pour ne parler qu’aux gens ayant les mêmes attirances sexuelles. Bon ça permet au moins de comprendre ce que eux peuvent ressentir quand ils se retrouvent au milieu de bouseux hétéros, mais ça confirme mon idée que le clivage homo/hétéro n’est pas seulement dû à nous, cruelles gens3 qui aimons le sexe opposé au nôtre.

Mais nous avions aussi de plus petits voisins, des quadrupèdes poilus communément appelés chats. En effet, la nuit tombée des hordes de chats errants sortaient d’on ne sait où pour se nourrir. Le camping avait accroché plein de panneaux mettant en garde les parents contre la voracité des chats, mais on a quand même retrouvé plusieurs cadavres d’enfants et de petits vieux déchiquetés par ces félins vicieux. Au début Albane et moi nous dormions en haut du placard, puis nous avons vite constaté que notre forte odeur corporelle naturelle suffisait à les faire fuire. Par prudence, Miss Albane « SPA » a quand même tenu à leur acheter un sac de croquettes espagnoles contenant probablement des restes de touristes morts, et leur a offert chaque matin et chaque soir une assiette en offrande. J’ai pour ma part essayé de les supplier pour qu’ils aillent bouffer les voisins d’à côté qui avaient une superbe Nissan 350Z décapotable, mais ces crétins de chats n’ont rien compris et ont mangé le type qui ramassait les ordures le matin.

La suite de ce passionnant récit nous emmènera à priori vers Barcelone. Enfin je crois.


  1. Je suis désolé de vous infliger une comparaison avec un élément technique que sans doute personne n’a vu plus de deux fois dans sa vie, mais c’est le seul objet un tant soit peu commun qui soit à la bonne taille que j’ai trouvé. 

  2. Lequel enfer culinaire ne va pas aller en s’arrangeant lorsqu’Albane aura lu cette note. Je t’aime ma chérie. 

  3. J’avais mis cruels gens à l’origine, mais un avocat passant par là m’a corrigé dans ce commentaire. Ensemble, applaudissons-le. 

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Périple en Espagne

Pondu le 25 août 2008 - 6 commentaires

Je reprends le boulot aujourd’hui. Comme j’adore mon taf je suis assez peu contrarié de reprendre, en revanche revenir aux horaires complètement indécents de réveil me chagrine un peu, sans compter que ma source principale d’emmerdement nocturne était complètement déchaînée cette nuit (je veux bien sûr parler de Bigorneau le chat et non d’Albane). Ce stupide félin s’amuse à faire des bonds énormes pour venir attaquer mes pieds et me mordiller ensuite les orteils à travers la couette comme s’il s’agissait de saucisses cocktail.

Mais surtout je n’ai toujours pas raconté mes vacances en Espagne, un pays situé au sud de notre beau pays, et qui se distingue surtout par sa capacité à ignorer qu’il a une frontière commune avec la France.

Dimanche matin, 6h 7h trop tôt, après un réveil qu’on imagine plein d’entrain mais qui a en fait été à l’image de nos paupières assez lourd, mise en route du GPS, de la DricMobile et d’Albane. On peut partir, on a rien oublié.

Le trajet a duré 10 heures (pour 850km), surtout parce qu’on aime bien faire plein de pauses et que de toute façon on ne fait pas partie des gens pour qui perdre 10 minutes sur leur temps de trajet représente un sacrifice semblable à se faire enlever un poumon sans anésthésie.

Bien évidemment, au fur et à mesure que nous approchions du but, la température de l’air s’est élevée progressivement pour atteindre les 120°C à l’ombre de la DricMobile. Bien que celle-ci ait la climatisation, je préfère ne pas trop l’utiliser car elle n’a pas été refaite depuis 5 ans au moins et que je préfère encore avoir une clim qui pourrait marcher qu’une clim qui ne marchera plus jamais.

J’avais toujours pensé qu’en France nous étions les champions du péage autoroutier, mais en fait c’est presque pire en Espagne. Les prix au final sont peut-être un peu moins élevés, mais il y a beaucoup plus de péages (dont plusieurs à environ 2€). On a compté, il y en a à peu près 12 tous les 3kms, ce qui fait plus de péages le long des routes que de serveurs aimables dans la totalité des bars de Paris (et en même temps c’est pas super difficile de faire mieux).

Finalement le GPS nous a largué royalement à l’entrée du patelin d’arrivée (Sitges), alors que je lui avais bien stipulé de me conduire jusqu’au croisement le plus proche du camping. Après une recherche sur la carte de l’office de tourisme (fermé, évidemment) en compagnie d’autres français étant eux aussi équipé d’un GPS taquin, nous sommes finalement arrivé dans un camping dont les emplacements étaient tellement réduits que beaucoup de campeurs en tente avaient monté celle-ci sur la caravane du campeur d’à côté. Nous nous en foutions, de toute façon nous étions en bungalow. Les formalités pour pouvoir s’installer ont été réduites au minimum, heureusement que la fille à l’accueil parlait français sinon on serait encore à expliquer que non, nous ne sommes pas des vendeurs d’aspirateurs de table mais bien d’innocents touristes venus se détendre dans le pays voisin du nôtre.

Pour finir, on nous présenté notre bungalow qui était une petite cabane en bois fort sympathique, équipée d’un frigo très moyennement refroidissant mais qui en revanche dégageait beaucoup de chaleur1. Le bungalow comprenait de la saleté, un lit me permettant de faire dépasser largement mes pieds et obligeant à une promiscuité rapprochée avec ma voisine de chambrée (ce qui n’était pas désagréabe, sauf quand celle-ci avait la bonne idée de passer en mode « chauffage volcanique de la mort »), deux plaques au gaz (bien vu) dont une seule fonctionnait (moins bien vu), un ventilo qui fut notre meilleur ami tout le long du séjour et une petite terrasse très sympa.

Qand au voisinage, je vous en causerai une autre fois. A suivre donc…


Note : Tout au long du récit de ce périple, vous constaterez l’étendue de ma mauvaise foi et de ma forte propension à la râlerie si chère au caractère gaulois.  Malgré les cataclysmes qui vont se déverser sur nous dans les récits suivants, nous avons cependant passé de bonnes vacances, même si nous avons été légèrement déçus par rapport à nos attentes. Voilà qui est dit, et bien dit.


  1. Pour pouvoir refroidir à l’intérieur, les réfrigérateurs doivent en fait évacuer de la chaleur à l’extérieur. Lisez-donc ce lien qui vous permettra de vous ouvrir aux merveilles de la connaissance insoupçonnée de notre habitat moderne : réfrigérateur sur wikipédia

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Bigorneau, un chat au nom débile

Pondu le 17 juin 2008 - 6 commentaires

Hier soir, branle-bas de combat pour aller chercher le petit Bigorneau. Je ne l’avais pas vu depuis sa naissance (et il était laid comme un pou à ce moment-là), et là on s’est retrouvé avec une adorable boule de poils surexcitée dès qu’elle se sent en confiance.

Bigorneau le chat – vidéo 1
Bigorneau le chat – vidéo 2
Bigorneau le chat – vidéo 3

Les vidéos parlent d’elles-même.

Et Chaussette le chat, déjà occupant des lieux ? Et bien comme d’habitude avec ce petit poltron, il s’est mis à cracher sur tout le monde et il se cloitre dans la chambre pendant que son minuscule alter-ego parade fièrement sur le canapé (celà dit Bigorneau n’est pas non plus un modèle de bravoure, c’est tout un cirque dès qu’on essaie de lui faire visiter d’autres pièces de l’appart).

Je mettrais d’autres photos dès que ce couillon d’appareil photo et mon pc auront décidé d’être compatibles de nouveau.

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Picasso est un imposteur

Pondu le 22 mai 2008 - 9 commentaires

Hier je suis allé chercher ma nouvelle cuisine, soit quelques meubles en bois miteux payés avec un rein d’Albane (qui en avait en trop de toute façon).

Comme nous venons de déménager, on avait droit à une super offre avec camion prêté pour 24h à 1€, que je n’avais pas. J’ai eu beau mendier devant le dépôt pendant 2 heures, pas moyen d’obtenir cet euro certes symbolique mais néanmoins cruellement manquant. Heureusement, j’ai fini par remarquer un couple de petits vieux qui galéraient pour transporter un carton. Ni une ni deux, je leur propose de l’aide qu’il refusent bien évidemment (un petit vieux part toujours du principe qu’un type de moins de 40 ans est un agresseur en puissance, et accessoirement un p’tit con), ce qui m’a donné un excellent motif d’ameuter tout le monde en hurlant que les vieux c’était la plaie, qu’ils bouffaient nos retraites et qu’il nous emmerdaient à aller faire leurs courses aux heures de pointe. Les gens alentours ont accouru et se sont mis à frapper les petits vieux, ce qui m’a permis de leur faire les poches pour récupérer mon euro manquant. Pas de bol, ils n’avaient que des billets de 100€. J’ai donc dû promettre sur la tête d’Albane que je rapporterai un euro le lendemain au moment de rendre le camion.

Transporter les meubles en carton1 n’a posé aucun souci digne d’être relaté ici. Non, c’est plutôt le montage qui a posé problème :

Il a déjà fallu ouvrir les cartons, et c’est l’occasion de montrer une étonnante propriété physique de ces choses-là : alors que dès qu’on le frotte sur un mur, qu’on le pose un peu brusquement où qu’on le fait porter par des magasiniers le carton part en lambeaux, se déchire et prend un aspect tout défoncé, il est quasiment impossible de l’ouvrir à mains nues, nous avons eu recours à ce qu’on appelle dans le jargon des monteurs de meubles Ikéa à « l’attaque secrète et prodigieuse de la griffe du chat fou ». En gros le principe c’est d’exciter un chat pour qu’il déchiquète le carton en jouant avec2. Le principal inconvénient est qu’il faut arrêter le chat avant qu’il ne s’attaque au meuble proprement dit, le meilleur moyen étant de le plaquer au sol ou de lui envoyer un bon coup de matraque électrique. Ne faites pas comme nous, je maintenais le chat pendant qu’Albane tentait de l’électrocuter, et résultat j’ai pris les coups de jus moi aussi. Je crois même qu’à un moment c’est moi qu’elle a visé, mais j’ai pas de preuve…

Donc après avoir déballé les cartons, vient le grand moment où on a ouvert la notice de montage. Pourtant je m’étais conditionné, je savais que j’allais en chier et tout, mais je restais confiant état donné mon expérience en meubles Ikéa3. Mais rien ne pouvait me préparer à çà… Il fut un temps (béni) où on pouvait se moquer des notices en chinois ou en allemand, ce qui nous permettait d’excuser à grand renfort de mauvaise foi notre impuissance à pouvoir monter ces foutus meubles. Les fabricants l’ont bien compris, et maintenant ils n’hésitent plus à nous mettre face à nos responsabilités ! En effet il n’y a plus aucun texte, seulement des dessins de pièces certes numérotées sur le plan mais pas dans la réalité, ce qui n’a donc aucune autre utilité que de remplir un peu les schémas pour faire plus classe.

Nous avons donc respiré un grand coup, pris nos petits tournevis et entamés le montage d’un meuble. Deux heures et demi plus tard, après un combat acharné et beaucoup trop violent pour que je le relate ici, s’étalait devant nous un assemblage de bois ressemblant étrangement à une yourte miniature. En revanche, impossible d’y ranger quoi que ce soit étant donné qu’aucune surface n’était plane. Il a donc fallu tout démonter et tout remonter. Maintenant ça ressemble à un meuble, mais vu par Picasso. En effet, aucun côté n’est parallèle ou perpendiculaire à un autre. Vous l’aurez compris chers lecteurs4, les tableaux de ce peintre étaient une supercherie ! En réalité ce type ne savait pas plus monter des meubles que moi, et il a choisi de peindre sa détresse, rien d’autre. Quand je pense que les critiques du monde entier l’acclament pour son ingénieuse idée de déformer les perspectives… C’est honteux.


Note : Je tiens à préciser que ma cuisine n’est pas constituée de meubles Ikéa mais Conforama. La nuance est importante, si si. Aucun chat n’a été tué au cours de ce montage, et je tiens à signaler à ceux qui lisent mes notes par flux RSS qu’il ratent malheureusement toutes mes notes de bas de page. Ce qui est ballot.


  1. Qu’on se comprenne bien : les meubles sont en bois, mais emballés dans des cartons. Je préfère préciser étant donné que les dernières statistiques de fréquentation de mon blog ont montré que le QI moyen des visiteurs était inférieur à celui d’un poulpe culturellement développé, mais un poulpe quand même. 

  2. Ça marche aussi avec un enfant en bas âge. 

  3. Mon p’pa m’a d’ailleurs dit que je m’entraînais déjà étant petit, en faisant semblant de monter les meubles de mes parents. Comme quoi ça aurait pu devenir une vocation, mais j’ai bien étudié l’histoire des meubles en kit et personne n’est jamais devenu célèbre en tant que monteur. Aucun intérêt donc. 

  4. Je mets lecteurs au pluriel, c’est mieux pour mon ego. 

Je suis une blonde, vite je commente !