De la relative durée du temps

Pondu le 21 mai 2012 - 9 commentaires

La Space Magic c'est un peu comme les super-pouvoirs, ils ont une explication mais en fait on s'en fout.

Aujourd’hui nous allons parler un peu de la relativité du temps. Ce terme est très utilisé en science-fiction pour faire de la Space-Magic1 , ce qui fait que le bas-peuple2 a souvent tendance à penser que c’est un truc pour adolescents boutonneux.

Je tiens à le dire, c’est faux. D’abord parce que la science-fiction est appréciée par une foule de gens de tous âges qui n’ont pas de problèmes de peau, ensuite parce que c’est un phénomène que vous subissez quasiment tous les jours. Vous noterez l’emploi du verbe « subir », je vous garanti que c’est bien le terme qui convient pour ce phénomène.

Prenons un cas concret de la vie courante. Pour coller un maximum aux paramètres du test, vous devez au moins répondre aux pré-requis suivants :

  • Devoir arriver à votre travail à heure fixe.
  • Ne pas habiter sur votre lieu de travail.
  • Ne pas disposer de pouvoirs spéciaux.

Pour une meilleure expérience et un ressenti plus fort, veuillez vous munir d’enfants3 qui devront eux aussi quitter le domicile familial pour se rendre à l’école, en crèche, chez la nounou ou dans n’importe quel lieu où vous souhaiteriez l’abandonner. Vous pouvez également établir votre domicile à bonne distance de votre lieu de travail.

Le réveil sonne, il est <Insérer ici une heure qui sera quoi qu’on y fasse toujours trop tôt, vu qu’on a les yeux bouffis, le cheveu en bataille, et qu’on jure (en vain) que ce soir on se couchera bien moins tard>. Allez, laissez-vous encore 5 minutes avant de vous lever.

Vous clignez des yeux : 6 minutes se sont déjà écoulées. Oui, en un clignement. Vous vous levez et allez prendre votre douche, le temps de vous raser/mettre une quantité indéfinie de crèmes de beauté, de maquillage/faire l’idiot devant la glace vous aura semblé prendre moins de 5 minutes. Erreur : voilà qu’un quart d’heure s’est écoulé, et votre sale gosse n’est toujours pas réveillé. Et vous pouvez vérifier sur toutes les horloges de votre Home Sweet Home, elles indiquent toutes avec la même effronterie que vous commencez à prendre un sévère retard sur votre planning matinal.

Et sachez que cet écoulement du temps qui semble passer en accéléré va continuer comme ça jusqu’à ce que vous arriviez (en retard) à votre travail.

Et il y a mieux : le temps peut également sembler se rallonger à l’infini, faites-en l’ennuyeuse expérience en participant à une réunion,  en allant en cours (pour les plus scolarisés d’entre nous), en étant coincé dans un bus bondé en plein été, dans un embouteillage, etc.

Madame, Monsieur, Chose : vous venez d’être la victime de la relativité. Nombre de savants se sont penchés et se penchent encore aujourd’hui sur ce phénomène, ce qui explique la posture voûtée de la plupart de ces gens-là. Et encore, ce n’est pas la pire déformation physique que peut subir un chercheur : si vous voyez des scientifiques estropiés, avec des organes manquants et d’autres visiblement endommagés, il y a de fortes chances pour que leur domaine de recherche porte sur l’épineuse question de qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus balèze. Ce n’est pas tant la recherche en elle-même qui est dangereuse, mais plutôt les affrontements liés à la publication du résultat de ces recherches. Il faut bien le dire, personne aujourd’hui n’a encore pu répondre avec certitude cette question fondamentale. Du moins sans se faire massacrer par les partisans de l’autre camp.

Si vous avez continué la lecture jusqu’ici au lieu de retourner voir des vidéos de minous sur Youtube (ou sur Youporn, ça marche aussi), vous allez vous écrier : « Hé, mais c’est vrai ! Comment se fait-il que le temps n’ait pas une durée fixe ? ».

L’explication tient dans le fait que le référentiel de base, c’est vous. C’est votre point de vue qui fait que le temps semble se dilater ou se rétracter. En vérité une unité de temps a la même durée pour tout le monde, mais tout le monde ressentira une durée différente pour cette même unité de temps, et tout ceci est variable dans le temps et selon l’air du temps4. Cessons-là ces énoncés fumeux et prenons Galilée  :

Nous sommes en 1610 en Italie, et cette truffe de Galileo Galilei5 croit que si le Soleil se lève et se couche, c’est parce que c’est la Terre qui tourne autour de lui, et non pas l’inverse comme ce qui est dit par l’opinion publique catholique (je vous rappelle qu’à cette époque c’est l’Église Catholique qui fournit les explications scientifiques aux mystères de ce monde).

Quand je vous disais que tout est une histoire de point de vue...

Si on y réfléchit bien, du point de vue d’un humain résidant sur Terre, les deux théories sont plausibles. Mais du point de vue d’un martien préparant sa Guerre des Mondes, il est évident que c’est autour de Mars que le Soleil tourne et que c’est  la Terre, cette ridicule planète qui va se manger une invasion d’ET dans 4 siècles, qui tourne autour du Soleil. Si le Monde devait tourner autour de tous ceux qui pensent qu’ils en sont le centre, je vous laisse imaginer le bordel que ça serait. N’est-ce pas ? Hein, quoi, c’est déjà le cas ? Oh écoutez, on le saurait à force…

On peut donc déduire de toute cette histoire que :

  1. Galilée était probablement un extra-terrestre.
  2. Les martiens de cette époque auraient mieux fait d’investir un peu dans la recherche contre les maladies extra-martiennes au lieu de ricaner sur l’étroitesse d’esprit des gens du 17è siècle, ça leur aurait éviter de se faire décimer par un virus à la con quand ils ont envahi la Terre 4 siècles plus tard.6
  3. Toute observation est relative au point de vue de la personne qui regarde.

Alors vous allez me dire que c’est bien beau cette histoire, mais que non seulement vous n’avez rien compris à cette histoire de Galilée qui tourne autour d’un martien, mais qu’en plus ça ne vous sert à rien dans votre vie quotidienne, et que comme c’est la Crise on a d’autres chats à fouetter.

Vous avez raison sur un point : vous n’avez effectivement rien compris.

Pour ceux qui aiment pouvoir tout résumer en une phrase (c’est mon cas), voici ce que vous devez retenir de la relativité temporelle appliquée à la vie courante :

« La durée d’une seconde est inversement proportionnelle à ce que vous souhaitez »

Tout ça pour dire que les matins où je dois emmener mon rejeton à la crèche, le temps file scandaleusement plus vite que lorsque je dois assister Albane quand elle est en mission de recherche de fringues7, ce qui n’arrive heureusement pas si souvent.


  1. Ce terme regroupe toutes les explications suffisamment vagues mais plausibles concernant les moyens de locomotion dans une œuvre de science-fiction genre Guerre des Etoiles, et qui reposent sur des principes vaguement scientifiques. 

  2. C’est à dire vous et moi. Mais surtout vous. 

  3. Il est préférable que ce soit les vôtres, et qu’ils soient encore vivants. 

  4. Si vous n’avez rien compris, c’est tout à fait normal. Même en sachant que ce que j’ai écrit est relativement correct, je n’arrive pas à comprendre ce que j’ai mis… 

  5. Comme quoi même à cette époque certains parents étaient totalement irresponsables dans le choix du prénom de leur progéniture. 

  6. Évidemment il faut avoir lu ou vu la Guerre des Mondes d’ H.G. Wells pour comprendre ce deuxième point. Si vous ne l’avez pas lu, vous pouvez au moins tenter de dissimuler votre inculture en regardant le film de Spielberg avec Tom Cruise. 

  7. Vous plussoirez si vous avez la malchance de partager la vie d’une personne qui vous dit « Je dois absolument aller acheter un pantalon, je n’en ai plus à me mettre » et qui regarde TOUT dans les magasins SAUF les pantalons. 

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Une histoire de courant

Pondu le 25 avril 2012 - 12 commentaires

 Pré-note : Cette note est la plus longue que j’ai jamais faite, quasiment 4600 mots. C’est une fiction évidemment, et pas une très marrante en plus. De ce fait, point de photo de jeune femme courtement vêtue cette fois-ci. Bonne lecture…

Amandine était bien embêtée. Cette jeune brune de 28 ans travaillait à l’accueil clientèle au sein d’ERDF. Le fonctionnement d’ERDF restait un profond mystère pour elle, vu que lors de sa formation aucun responsable ne s’était risqué à lui décrire le fonctionnement de l’entreprise. Elle avait cru comprendre que c’était un reliquat de l’ancien monopole EDF-GDF, et que du coup lorsqu’il avait été décidé de créer ERDF, on y avait fourré pèle-mêle des trucs d’EDF et de GDF en priant très fort pour que ça ne foire pas.

Amandine venait d’avoir un appel d’un client qui avait fait sa demande de raccordement début octobre 2011, et là on était en avril 2012 et rien n’était terminé. Elle alla voir son responsable, M. Defort, qui était un quinquagénaire mal rasé, peu aimable et pas très beau.

« – Patrick, j’ai un souci avec un client : ils vont emménager à la fin du mois et ils n’ont toujours pas été raccordés.

– Ils ont fait leur demande quand ?

– En octobre de l’année dernière.

– Et ils croient peut-être qu’il suffit de claquer des doigts pour leur amener l’électricité ?!

– 6 mois, ça fait long quand même non ?

– Ah ma petite, tu n’es pas avec nous depuis très longtemps, sans quoi ça ne t’étonnerait pas.

– Mais alors je fais quoi ? »

(suite…)

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Du papier bien mal rentabilisé

Pondu le 20 mai 2011 - 8 commentaires

Il est un sujet hautement écologique et qui nous touche tous et tous les jours dont je voudrais parler ici : la gestion du papier dans les lieux publics.

Dit comme ça, je vous accorde que c’est pas folichon comme sujet. Mais attendez un peu, ça va empirer après.

Quand je parle de papier, je veux en fait parler des serviettes et mouchoirs en papier et du papier toilettes. Car enfin, voilà là une source inépuisable d’incompréhension de la quasi majorité des gens. On pourrait même dire qu’il y a deux catégories de gens dans le monde : ceux qui conçoivent les serviettes et mouchoirs en papier ainsi que le papier toilettes à destination des lieux publics, tous les autres, et enfin ceux qui ne savent pas compter.

Commençons par le papier toilettes : mais pourquoi mettre toujours des rouleaux de papier super fins ? On peut voir à travers, et il est certain que ce papier va se déchirer entre nos doigts dès qu’on va s’en servir. Curieusement, il est cependant indéchirable quand vous voulez en prendre un morceau, et le pré-découpage est un piège à cons du même acabit que les ouvertures faciles.

Ma jolie, ce n'est pas avec ce PQ bas de gamme que tu vas essuyer ce foutoir !

Je présume que la finesse de ce papier est en grande partie due à de basses considérations économiques : moins d’épaisseur = moins de matière première = plus de profits1. Ça c’est la théorie. Parce que la pratique, la voilà : quand le papier semble trop fin, on en prend beaucoup plus pour le plier (ou le rouler, quand on fait partie de ces immondes rustres qui osent enrouler le PQ autour de leur main au lieu de le plier délicatement) et ainsi augmenter l’épaisseur. Pire : quand vous êtes dans des toilettes publiques, nids à bactéries par excellence et que vous devez vous asseoir sur la cuvette, vous allez mettre plein de papier dessus afin de faire un coussin pour votre popotin. Et comment estimez-vous que vous êtes suffisamment en sécurité pour ne pas chopper toutes les vilaines bestioles microscopiques ? Par la sensation de molletonné2 sous vos fesses, que vous allez donc atteindre en déroulant la moitié du rouleau tellement le papier est fin.

 

Gain final de l’opération « Moins d’épaisseur pour plus de pognon » : nul.

Continuons avec les serviettes en papier :  nous avons tous en tête la scandaleuse et inefficace serviette de fast-food, qui offre le tour de force de retenir absolument aucune particule graisseuse, alors que c’est justement ce dont on souhaiterait débarrasser ses doigts ou sa bouche3. En effet, cette étoffe végétale (faut bien trouver des synonymes et autres métaphores pour causer de ce fichu morceau de serviette en papier) n’accomplit résolument pas sa fonction, elle n’absorbe rien, elle est rêche au toucher et malgré ça elle semble tout de suite sale dès que vous y touchez.

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête, car l’explication de ce phénomène tient en fait à l’extraordinaire propriété anti-adhésion de la serviette. Le peu de gras que vous arriverez à déposer sur cette serviette ne s’y fixe pas, et il va donc repartir sur vos doigts/bouches au prochain passage. Tout ceci contribue donc au fait qu’encore une fois, l’utilisateur se verra contraint de remplacer la qualité par la quantité, en prenant une montagne de serviettes.

Alors autant je peux comprendre l’équation du PQ, même si j’ai brillamment démontré qu’elle est erronée. Mais là, qui a bien pu pondre un tel concentré d’ânerie ? Ils ne testent pas leurs produits avant de les mettre à disposition ? Verrai-je de mon vivant la fin des émissions de variété le vendredi soir, alors qu’un sondage récent a montré que c’est un des jours de la semaine où les gens voudraient le plus voir des films ?

Il se trouve que j’aurais encore plein de trucs à dire sur les fast-foods, notamment sur la différence entre les sandwichs Quick dans leurs pubs et dans la réalité, mais je m’éloignerai dramatiquement du sujet et je vous sais pointilleux sur la rigueur qu’il convient de donner au sujet traité dans cette note aujourd’hui.

En résumé, gain final de l’opération « Moins d’efficacité pour plus de blé » : nul.

Finissons enfin avec les kleenex qu’utilise par exemple la crèche de Mini-Dric. Ils sont tellement fins qu’on se retrouve vite avec les doigts dans le nez et des morceaux de kleenex éparpillés sur les doigts et dans les narines. Non pas que je n’aime pas avoir les doigts dans mon nez. Je n’ai pas honte de dire publiquement que je prends un certain plaisir à pratiquer l’exploration digitale4 dans mes conduits nasaux, mais quand j’ai recours au mouchoir en papier c’est bien parce que le contenu de mon nez est trop liquide pour être extrait avec les doigts. Et c’est en général le cas de tous les utilisateurs de mouchoirs en papier qui ont le nez qui coule. La solution : doubler ou tripler l’épaisseur en superposant plusieurs mouchoirs. Vous pourriez me dire que c’est pour pousser à la consommation, mais je vous rappelle que nous parlons ici de l’utilisation du mouchoir en papier dans un lieu public, et que la crèche de Mini-Moi n’a aucun intérêt à ce que nous vidions ses stocks de mouchoirs pour épancher les fuites nasales de nos charmants petits monstres.

Gain final de l’opération « Plus de finesse pour plus de pépètes » : nul.

Ce qui nous fait, si je compte encore juste à ce stade de réflexion :

bénéfices : 0 – emmerdements : 35

Je n’ai pas de conclusion à vous fournir pour tout ceci, à part que parfois, privilégier la qualité ne se révèle pas forcément plus coûteux au vu du propos exposé dans cette note. Ainsi, boycottons les knackies premier prix, car ils sont vraiment infâmes et en plus comme on les achète par paquets de 20, il faut tout manger si on ne veut pas gaspiller.


  1. Ce qui sous-entend que oui, on peut faire du profit avec du PQ. Mais la concurrence est acharnée dans le domaine, voir le célèbre ouvrage du Dr Henkel : La bataille du papier hygiénique dans la seconde partie du XXè siècle, aux éditions Flamby. 

  2. molletonné ou moltoné, puisqu’il semble que les deux orthographes soient usitées en matière de textile. Néanmoins, seule la première forme est officielle. 

  3. Je parle bien de graisse alimentaire puisque sinon les filles adorent se mettre du gloss, qui n’est autre que du gras en stick. 

  4. attention au faux ami importé des pays anglophones, heureusement en voie de disparition : dans les années 2000, « digital » était souvent employé pour « numérique », vu que c’est à peu près ce que veut dire ce mot en ricain. C’est une grossière erreur que nous avons heureusement pu éviter de transmettre aux jeunes kikoolol dernière génération qui n’ont de toute façon même plus le niveau linguistique suffisant pour écrire le mot « digital ». Ni le mot « numérique » d’ailleurs…  

  5. C’est d’ailleurs particulièrement vrai avec le PQ, et de façon littérale en plus. 

Je parle souvent pour ne rien dire, vite je commente !


Oui, je fais pipi assis

Pondu le 26 février 2010 - 13 commentaires

J’ai un secret quasiment inavoué depuis des années que je vais aujourd’hui révéler au grand public (et même au petit, sans quoi je serais obligé de faire l’impasse sur la quasi-totalité des lecteurs berrichons – qui comme chacun sait ont une taille moyenne leur permettant de rentrer dans la catégorie « Pygmées d’Europe de l’Ouest ») : je suis incapable de pisser debout dans des toilettes1.

Et ce pour une raison toute simple, c’est que j’en fous partout.

Il y a plusieurs causes à ce phénomène, que je vais vous expliquer dans ce qui suit2 :

Pour une raison étrange la trajectoire et donc le point d’impact varie énormément en fonction du débit de ma vessie, et ce sans que je puisse réellement le contrôler. S’il va de soi qu’au début je n’ai aucun souci puisque le débit est constant, au fur et à mesure que ma vessie se vide le débit diminue (c’est quand même le but quand on va aux toilettes pour la « petite commission »), rendant la visée hautement imprécise. Et là c’est le drame et mes chances d’en foutre partout approchent alors du 100%. Je me suis adressé à l »Institut Français pour une Meilleure Connaissance de Soi-Même et des Mystères de la Vie, dont les ingénieurs hautement diplômés m’ont appris que les deux seules raisons valables pour qu’un tel phénomène se produise était soit une irrégularité naturelle, soit un barrage de castors microscopiques, chaque fois au niveau de mon urètre.

La deuxième raison est que je suis grand3. Et que les concepteurs de toilettes devaient être de petite taille, puisque l’écart entre mon « p’tit robinet »4 et la lunette des toilettes est d’environ 50 cm (Les mesures ont été effectuées de façon très imprécises avec une règle de quarante centimètres). Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la distance et du handicap avec lequel je pars en étant grand. Il est évident qu’avec une telle distance, le moindre millimètre d’écart au départ se transforme à l’arrivée en 5 bons centimètres. Donc même sans le problème de débit vessinal5 il vaut mieux éviter quand on est grand de faire pipi debout quand on tousse ou quand on est enrhumé6.

Ajoutez à cela les quelques lois de Murphy qui peuvent s’appliquer à mon cas et vous obtenez une dose de stress totalement ingérable, surtout quand on a envie de pisser7.

Pour ceux qui voudraient se mettre au "pipi assis"

Évidemment quand j’étais petit j’ai quand même essayé, par fierté, bravoure et inconscience juvénile. Ma maman, qui est une femme pragmatique en ce qui concerne les dégâts causés par sa progéniture, m’a vite rappelé à l’ordre en me faisant nettoyer les toilettes chaque fois que j’essayais de prouver ma virilité en pissant debout. Cette expérience de nettoyage m’a tout de même appris deux ou trois trucs, comme le fait que nettoyer derrière un porc n’est jamais agréable, que la virilité est un vaste concept qui peut s’exprimer ailleurs que dans les toilettes, et qu’il est vain de lutter contre la nature quand on est systématiquement puni derrière.

Mais surtout que pisser assis règlerait tous mes problèmes.

Je voudrais donc ici rassurer les hommes qui se sentent bafoués dans leur honneur parce qu’ils sont obligés par leur copine/femme/colocataire/maman/technicienne de surface d’utiliser la lunette des toilettes pour asseoir leur auguste derrière afin d’uriner, et leur dire qu’ils ne sont pas seuls dans cette galère. De plus qui pourrait vous le reprocher ? Pas votre copine/femme/colocataire/maman/technicienne de surface en tout cas. Peut-être quelques australopithèques qui pensent qu’un vrai mec doit avoir plus de poils qu’un ours, sentir mauvais des dessous de bras et boire beaucoup de bière en parlant très fort… mais en toute honnêteté vous aurez plus de chances de coucher avec votre copine/femme/colocataire/technicienne de surface8 qu’avec un de ces gars-là.

Edit du morse édenté : MQB a fait fort judicieusement remarquer dans les commentaires que faire pipi assis présente l’immense avantage de pouvoir emmener de la lecture dans les toilettes, ou tout du moins laisser disponibles vos deux mains pour vous curer les ongles, compter jusqu’à dix sur vos doigts ou encore manger une choucroute.


  1. Mais vous vous en étiez déjà douté en lisant le titre de cette note. 

  2. Note du comité rédactionnel de ce blog : Ce qui suit a été fortement édulcoré et remanié dans le vocabulaire pour ne pas trop sombrer dans le vulgaire et le pipi-caca. Pour autant, ne cherchez pas dans la suite de cette note votre prochain sujet de discussion pour un repas de famille ou une réception d’ambassadeur. 

  3. 188 cm environ 

  4. Vous noterez que cette expression poétique convient à merveille au contenu de mon propos. 

  5. C’est le mot inventé du jour, ne perdez pas de temps à le retenir. 

  6. Ce conseil est également valable quand vous êtes bourré(e), toutes tailles confondues. 

  7. Essayez donc de vous concentrer avec une énorme envie d’aller aux toilettes, vous ne tiendrez pas longtemps la distance. 

  8. Vous imaginez si j’avais fait un bête copier/coller, ç’aurait été une incitation à l’inceste… 

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Tout ce qu'il y a à savoir sur le Barack Pàlinka, l'alcool hongrois

Pondu le 11 janvier 2010 - 10 commentaires

Il existe de par le monde des choses stupéfiantes, et elles sont parfois sous notre nez.

Étant allé récemment déménager ma grand’ mère, nous avons retrouvé Frangin et moi des alcools oubliés dans un fond de meuble. Inutile de dire que je n’aurais pas bu un de ces breuvages pour tout l’or du monde (sauf peut-être l’eau de vie, c’est pas le genre de truc qui se périme vu le degré d’alcool de ces choses-là).

Parmi ces apéritifs se trouvait un alcool répondant au doux nom de Barack Pàlinka, un alcool de Budapest. Une recherche sur Internet vous dira que c’est une liqueur d’abricot. Ah ah. Pour avoir ouvert la bouteille, je peux vous dire que c’est du piège à crétins ce truc.

La seule chose compréhensible sur cette bouteille, c'est le taux d'alcool

Car pour vous dire toute la vérité, le Barack Pàlinka sent la chèvre. Oh bien sûr pas dès le départ, car les Hongrois sont des gens rusés. Mais si vous laissez la bouteille ouverte quelques années, vous aurez en la redébouchant un délicat parfum de chèvre sucrée qui vous montera aux narines.

On peut tout de même se demander comment un tel alcool a pu voir le jour, car enfin il y a mieux qu’une chèvre pour faire un arôme d’alcool. Laissez-moi vous rappeler la situation de la Hongrie :

Ex-pays soviétique, la Hongrie a toujours eu une certaine autonomie, ce qui lui a permis de mieux s’en sortir que certains de ces voisins. Néanmoins actuellement c’est pas brillant-brillant comme situation, avec une dette qui se chiffrerait en dizaines de milliards de dollars1. Les Hongrois, peuple pragmatique et peu enclin à pleurnicher sur son sort2 se sont donc retroussés les manches et ont trouvé des solutions innovantes pour mieux s’en sortir. C’est ainsi que la Hongrie, possédant un solide parc d’élevages de chèvres se demanda bien comment exploiter au maximum les possibilités de cet animal. Il faut bien avouer qu’avant eux personne n’avait jamais pensé à faire de l’alcool de chèvre, notamment à cause du procédé de fabrication qui implique de presser une chèvre au dessus d’un fût, de laisser le résultat macérer, de filtrer et de mettre le résultat en bouteille.

Très rapidement les fabricants de Barack se sont rendus compte qu’une chèvre ça ne produit pas des masses d’alcool. D’où leur idée d’accélérer la distillation en coupant la décoction de chèvre avec un alcool de fruit, ce qui donna un goût sucré à la mixture finale. Un effet inattendu de cette ajout fut que l’alcool ne sentit plus la chèvre au départ mais l’abricot. Plus fort encore, peu importe le fruit employé pour faire le Barack celui-ci sentira toujours l’abricot.

Les chèvres étant moins chères en Hongrie que les abricots, on cria « Banco ! »3 et on s’empressa de commercialiser ce breuvage. Hélas, ce fut un échec cuisant. En effet, qui irait boire de l’alcool de chèvre ?

Persévérants, les fabricants de Barack Pàlinka tentèrent de l’exporter à l’étranger. Pour faire couleur locale ils laissèrent les étiquettes en hongrois et regardèrent ce que ça donnait. Les étrangers, d’abord réticents à expérimenter un truc ne venant pas de chez eux goûtèrent du bout des lèvres la cuvée la plus récente du Barack. Ils furent enthousiasmés et c’est ainsi qu’on peut désormais trouver dans les boutiques à souvenir de Budapest de l’alcool de chèvre. Bien sûr en traduisant l’étiquette vous ne verrez pas inscrit « Liqueur de Chèvre », puisque les commerciaux ont tout de même pensé à rectifier cette inscription. Vous verrez aussi qu’on vous conseille de boire cette bouteille rapidement afin de conserver ses arômes. La vérité c’est surtout pour éviter que le temps ne révèle les véritables ingrédients de cet alcool astucieux.


  1. Ne comptez pas sur moi pour donner les chiffres exacts, je n’ai pas été foutu de trouver un site où les infos soient fiables à ce sujet. 

  2. En vérité je n’en sais rien, mais on peut raisonnablement supposer que ça soit le cas pour une partie de la population au moins. 

  3. Le mot exact en hongrois est incompréhensible, même à l’écrit. De toute façon je n’ai pas les caractères nécessaires sur mon clavier pour vous l’écrire ici. 

Je voudrais la paix sur le monde, vite je commente !