Peut-on avoir trop de décorations de Noël ?

Pondu le 12 décembre 2019 - 2 commentaires

Commençons par la réponse : Non, bien sûr.

Voilà, inutile de lire le reste, vous avez la réponse à cette question.

Albane prétend que je ne sais pas m’arrêter, et que me laisser seul dans un rayon décorations de Noël est complètement irresponsable. Alors que j’arrête quand je veux.

La preuve, en juillet je n’y pense absolument pas.

J’ai toujours été fasciné par les décorations dans les téléfilms de Noël depuis que je suis adolescent, puisque je ne me souviens pas avoir vu ce genre de programmes télévisuels avant. D’ailleurs dans ce genre de films, ils ont toujours de quoi décorer un grand magasin, mais c’est bien rangé dans leur grenier dans des cartons même pas poussiéreux et ça suffit à peine pour leur maison il est vrai souvent comparable à un petit manoir.

Jamais on ne les verra ranger ces décorations, ni essayer de démêler des guirlandes bien entortillées. Je suppose qu’ils sont l’équivalent des gens qui sont capables de décortiquer des crevettes avec un couteau et une fourchette1.

Si j’aime particulièrement Noël, c’est parce que je suis un garçon optimiste et pas méchant, ce qui me classe régulièrement dans la catégorie trop souvent moquée des Bisounours. Et cette période est la seule où être un Bisounours est socialement acceptable parce que l’esprit de Noël est avant tout un gros mélange de guimauve, de bons sentiments et de petites clochettes qui carillonnent. En plus c’est l’occasion de retrouver un peu de cette naïveté qu’on avait étant enfant, et qu’on ne peut plus se permettre de conserver une fois adulte.

À Noël, chacun a ses traditions. Nous par exemple, on aime regarder des téléfilms de Noël avec des crottes en chocolat plein la bouche, blottis sous des plaids (de Noël bien sûr) alors que le poêle tourne à plein rendement, avec en prime le chat qui prend toute la place sur le canapé et des boissons chaudes. C’est finalement assez classique.

Mais certains en ont d’autres : nombre de grincheux profitent ainsi des périodes de fêtes pour signaler bruyamment (y compris sur les réseaux sociaux) que les fêtes c’est nul et que l’Esprit de Noël c’est à gerber. Et ils vont le signaler ainsi chaque année à cette période, transformant ainsi une critique compréhensible en tradition annuelle liée à Noël.

Autre tradition personnelle : ma ceinture abdominale a tendance à prendre du volume durant cette période sans qu’aucune explication scientifique ne puisse expliquer ce mystère. Pas le moindre petit indice, rien. Incompréhensible.

Noël, c’est aussi une bonne occasion d’aller braver les premiers gros froids hivernaux pour se balader dans les marchés de Noël, boire des trucs étranges comme du vin chaud, manger des gâteaux épicés, passer deux heures dans le froid, ne rien acheter d’autre que des trucs à grignoter sur le moment et finalement faire ses achats sur Amazon comme tout le monde.

Et parlons un peu de la bouffe : on peut manger d’excellents plats, tout en gras et en sucre, boire du bon alcool (avec modération parce qu’on conduit), entamer des débats enflammés sans que ça mène au pugilat puisque le plat suivant arrive et que ça clôt de fait l’épineuse question de qui de l’hippopotame ou de l’éléphant est le plus balèze.

Sans parler des calendriers de l’Avent, qu’on peut décliner à toutes les sauces avec des jouets, des bières, des chocolats, des sex-toys

Bon c’est aussi une grosse fête commerciale, mais acheter des tonnes de cadeaux pour les offrir à ceux qu’on aime est quand même une belle façon d’assouvir ses pulsions de consommateur compulsif.

Ne cliquez pas sur cette image, vous ne pourrez rien mettre dans cette Mère Noël...
Il me fallait une séparation visuelle avant d’entamer ma conclusion, voici donc un joli intermède.

De toute façon vous pouvez toujours lutter, dire que Noël c’est qu’une fête commerciale et que tous ces bons sentiments sont aussi faux que la rumeur comme quoi je perds mes cheveux. Car il est une vérité irréfutable, en ces temps où on ne peut plus faire confiance à personne :

Noël est un virus.

Cette fête s’est incrustée dans le commerce, dans la religion, dans la télévision, dans la vie locale (quelle ville ne propose pas de marché de Noël aujourd’hui ?), dans la gastronomie, dans la longue liste des trucs qui énervent les gens blasés, dans les photos érotiques, dans Netflix, dans votre budget, partout ! Et elle revient chaque année avec plus de régularité qu’une épidémie de grippe ou de gastro. Même pendant la 1ère guerre mondiale, elle fut l’occasion de trêves entre soldats ennemis.

Et ce n’est pas Eva2 qui dira le contraire. Il y a 8 ans elle était comme vous, elle me regardait d’un air méprisant quand je commençais à m’enthousiasmer pour les fêtes à la fin du mois de novembre, elle ne décorait pas sa maison et elle ne faisait même pas de réveillon.

Cette année, elle a commencé à poser ses décorations de Noël AVANT le 1er décembre3


  1. Et je l’ai vu faire en vrai, c’est même à la portée de tout le monde à condition d’avoir un bon professeur et de faire des rappels de temps à autre. Je savais ainsi le faire, mais par manque de pratique, je n’y arrive plus. 

  2. Ma meilleure amie, incapable de se freiner sur les cadeaux de Noël justement parce que ça justifie ses pulsions d’achat. 

  3. Ce qui est carrément une hérésie. Les décorations de Noël ça se pose APRÈS le 1er décembre. On est pas des sauvages non plus. 

Je n'ai jamais lu un tel ramassis de conneries, vite je commente !


Comment j’ai pu dégueulasser toute la cuisine sans foirer ma Saint Valentin

Pondu le 17 février 2012 - 11 commentaires

Le 14 février c’était le jour des amoureux. Enfin en vrai, on est bien d’accord qu’en général les zamoureux n’ont pas besoin d’un jour particulier dans l’année. Même pour les couples, c’est discutable.

Il y a en revanche un cas de figure (dans lequel je suis) qui mérite bien son jour des zamoureux, ce sont les familles. Car dès qu’un rejeton pointe le bout de son nez, on passe du statut cool et décontracté du zizi de « couple » à « famille ». A tous les nouveaux parents, je souhaite bien du courage.

Quoi, des bisous entre vous ?! Je vous demande de vous séparer, je suis bien trop mignon pour cesser d'être votre seul centre d’intérêt.

Le nouveau venu, si mignon soit-il est quand même un phagocyte de temps et de sentiments incroyable. Cette petite personne va devenir le centre du monde et séparer plus sûrement papa et maman que ne le ferait Moïse avec la Mer Rouge. Je vous déconseille si  vous en souffrez d’aller faire un tour sur d’éventuels forums où des des gens dans la même situation que vous épanchent leur malheur, c’est totalement déprimant et ça ne vous servira à rien au final.

Et inutile de penser à faire subir à votre progéniture le même traitement que pour des chatons encombrants, le dépôt d’ordures dans les rivières et les étangs est puni par la loi. Et à moins d’être attiré par les franches camaraderies entre prisonniers, vous y perdriez grandement au niveau sentimental.

D’un autre côté ça n’a rien de définitif comme situation puisqu’à force de menaces, de tentatives de meurtre et de brutalités ordinaires ça c’est arrangé entre Albane et moi. Elle ne parle plus beaucoup depuis qu’elle est enterrée dans le jardin, mais au moins on ne s’engueule plus pour un rien. Et puis la poupée gonflable qui l’a remplacée dans mon lit ne prend pas toute la place, elle.

Mais cet état commun à 82,7% des couples d’après l’étude réalisée en 2009 par l’Institut Amérindien de la Statistique Fortement Probable fait prendre tout son sens aux petites manifestations d’amour entre deux parents, comme le jour de la St Valentin.

Pour avoir tester plusieurs scenarii de St Valentin, je crois que je préfère encore rester à la maison et faire un repas amélioré entre zamoureux1 une fois l’abominable mini-tornade couchée. En l’occurrence pour cette année, c’était crème brulée de foie gras2, saumon à la sauce hollandaise accompagné de riz, avec un gros gâteau en dessert.

Vous allez me demander à ce stade3 quel est le rapport de tout ça avec le titre de cette note, et bien le voici :

J’ai offert à Albane (qui excelle dans beaucoup de domaines, notamment dans l’ordre alphabétique où elle arrive systématiquement avant les Clara, les Hildegarde et même les Céline) à l’occasion de cette soirée une machine à faire des sodas4. Le principe est simple, vous mettez de l’eau dans une bouteille, vous la mettez dans la machine, et celle-ci va injecter du CO² dedans pour en faire une eau gazeuse dans laquelle vous ajouterez un arôme de Coca Cola, de fanta ou de limonade. Vous ne pourrez pas faire de champagne par contre.

Simple, la réalisation l’est nettement moins puisque nous avons réussi à inonder la cuisine par deux fois. La première fois c’était de ma faute, je n’avais pas vissé correctement la bouteille sur le support permettant d’injecter le gaz. Lorsque j’ai appuyé sur le bouton, la pression du gaz a fait sauté un tiers de l’eau contenue dans la bouteille d’un litre hors de celle-ci en nous aspergeant généreusement au passage.

En Lituanie, les machines à soda sont quand même plus faciles à utiliser

Un nettoyage plus tard, en relisant le mode d’emploi qui n’a été d’aucune utilité vu la nullité de la présentation5, j’ai fini par comprendre qu’on pouvait faire pivoter l’injecteur de gaz, ce qui permettait de visser bien mieux la bouteille et ainsi d’éviter les fuites.

Vint ensuite l’ajout de l’arôme. Après quelques délibérations à base de « Choisis ce que tu veux – Non toi vas-y – Non, fais comme tu veux – Bon alors on prend quoi ? – Comme tu veux – Bon ok alors on prend quoi ? – Vas-y je te laisse choisir », notre choix s’est porté sur l’arôme d’un ersatz de Fanta.

Deuxième effet Kisscool, lorsqu’Albane a ajouté l’arôme cela a engendré une amusante réaction chimique qui a poussé le contenu de la bouteille à s’échapper d’un seul coup et en grande quantité, nous aspergeant généreusement au passage. Et tenez-vous bien pour ceux qui la connaissent, Albane n’a pas rouspété ni hurlé qu’il y en avait partout, ou fait un mélodrame dans le même genre. Mieux, elle a rit6.

Finalement le breuvage obtenu était plutôt bon, on s’est bien amusé, on a très bien mangé et on n’a même pas regardé la nouvelle saison de Dr House7.

Je crois que c’était ma meilleure St Valentin à bien y réfléchir8.


  1. Cuisiner est probablement une des façons les plus élégantes de draguer, alors la cuisine à 4 mains… 

  2. Que je vous recommande, c’est beaucoup plus léger qu’on ne pourrait le penser et ce n’est pas du tout écœurant. 

  3. Si vous n’avez pas déjà fermé la page parce que le texte est trop long ou que ça vous ennuie, ou les deux si êtes la personne qui partage ma vie… 

  4. Elle m’avait déjà tannée pour en avoir une et j’avais explicitement exprimé mon manque d’intérêt face à cet engin. J’avais néanmoins conservé cette information dans un coin de mon cerveau supérieurement fantastique. 

  5. Message aux fabricants de notice : Bon sang les gars, mettez des images, on pige mieux comment faire après. 

  6. Et comme femme qui rit est à moitié dans ton lit… 

  7. TF1, vous êtes des cacas de panda : commencer la diffusion d’une série à succès un 14 février, vous n’êtes clairement pas pour un maintien de la natalité en France vous. 

  8. Et en plus j’ai conclu. Ou alors c’est Albane qui a conclu, je ne sais plus trop. 

Je suis une blonde, vite je commente !


Pas de trou dans mon trou perdu

Pondu le 19 avril 2011 - 2 commentaires

Attention : cette note est longue, et sachez que l’illustration plus bas ne résumera en rien le propos qui est développé ci-dessous. Je sais que mon lectorat clairsemé est plutôt réticent aux textes trop longs « pasque c’est chiant à lire », aussi voulais-je vous prévenir. Voilà qui est fait.

Les gens qui ont l’immense honneur et la fantastique patience de me connaître et me supporter savent qu’en ce moment nous essayons de faire construire une maison.

Diantre, me direz-vous. Que signifie ce « j’essaie » ? On a droit à plusieurs essais ? Si on y arrive pas le premier coup, on peut réessayer sans frais ?

Non, vous êtes vraiment des idiots, vous réponds-je1. Cette expression veut simplement dire que nous avons en face de nous un terrible adversaire que tout postulant à la construction de pavillon doit vaincre : le maître de chantier d’un constructeur de pavillon.

Évidemment dit comme ça, ça fait pas super peur. Appelons-le pour la suite des évènements : Le Terrible et Sournois Chef de Chantier de la Terreur. Cet être abject n’est pour autant pas tout seul : il est aidé dans notre cas par plusieurs lieutenants à qui on enfoncerait bien divers objets pour le moins volumineux dans plusieurs de leurs orifices2. Parmi eux se trouvent le Fourbe et Cruel Voisin Détestable, le Perfide Commercial Entourloupeur, l’Incompréhensible Entrepreneur Ursidé  et Mère Nature la Vilaine.

Les patronymes de ces individus étant assez parlants pour la majorité de mon lectorat, je préfère vous les mettre en situation que de passer de longues lignes à vous les décrire. Notez que pour raccourcir le récit d’environ 6 mois j’ai fait l’impasse sur le Cupide Banquier Avare.

Hors donc, notre histoire se passe en l’an de grâce 2010. Nous sommes au 1er jour du mois de décembre, il pleut, et alors que les ménages français préparent activement les fêtes de fin d’années Albane, Raphaël (un an tout frais au compteur)3 et moi-même allons enfin voir débuter le chantier de notre pavillon, sur un terrain situé pas très loin d’où nous louons actuellement.

Rendez-vous fut donc pris avec le Terrible et Sournois Chef de Chantier (TSCC) et l’Incompréhensible Entrepreneur Ursidé (IEU) sur notre terrain fraîchement défriché. Les deux compères n’en furent en réalité d’ailleurs pas puisqu’à peine arrivés l’IEU signala que quand même, ça allait pas être possible de faire passer des engins de chantier dans le minuscule chemin rural qui relie notre terrain au reste du Monde. Le TSCC paniqua un peu et entreprit de marchander avec l’IEU en se basant sur la position des étoiles et la possible victoire de son club de curling favori aux prochains championnats du monde. Par un tour de passe-passe qui m’échappe encore, la largeur anorexique du chemin ne fut tout à coup plus un obstacle. l’IEU ne voulant pas s’avouer si facilement vaincu répliqua perfidement que ledit chemin étant plus un marécage miniature qu’un chemin par la faute de Mère Nature la Vilaine, ses engins allaient s’embourber et que du coup ils ne pourraient pas passer. Le TSCC fut bien obligé d’en convenir, le bougre avait raison. Vous imaginez sans peine mon visage défait suite à la révélation de toutes ces horreurs que le Perfide Commercial Entourloupeur ainsi que le TSCC avaient bien évidemment qualifié de « peanuts »4 lorsque nous avions nous aussi émis des doutes quand à la faisabilité de faire emprunter un chemin vaguement caillouteux large de 4m à une bétonnière de 30 tonnes. Décision fut prise d’une part de stopper le délai du chantier (qui est d’un an pour réaliser notre maison à partir de l’ouverture de chantier) parce que « Vous comprenez, c’est pas de not’ faute si le chemin communal n’est pas praticable et on ne peut pas intervenir dessus », et d’autre part de prendre rendez-vous avec la mairie pour qu’il refassent le chemin dans les plus brefs délais.

Innocent que je suis, j’avisais également le Fourbe et Cruel Voisin Détestable (Voisin) de cette réunion vu qu’il est lui aussi concerné par cette partie du chemin, qui dessert nos deux terrains. Nous voici donc le 4 janvier 2011 à la Mairie, en présence de l’Adjoint au Maire chargé de l’Urbanisme (ci-après dénommé Urbain, qui est par ailleurs charmant, courtois et dévoué à ses administrés), de Voisin et de sa femme, du TSCC et de moi-même. Et là mes amis, j’assistais l’oeil rond et l’air ébahi à une charge de cavalerie sans sommation de Voisin contre Urbain, à qui il reprocha notamment de sciemment savoir que ce chemin était en piètre état et de n’avoir rien fait pour anticiper cette situation. Vous allez me dire : « Pourquoi diantre affubler ce pauvre hère d’un tel qualificatif de Fourbe et Cruel Détestable alors qu’il roule pour ta pomme ? », ce à quoi je vous réponds qu’outre ce tutoiement totalement déplacé, Voisin ne prêchait en réalité que pour sa paroisse : son message était « Vous n’auriez pas dû accorder ce permis de construire, ce qui nous aurait arrangé étant donné que nous ne voulions personne en face de chez nous5 » là où vous, Urbain et moi (avant que je me rende compte de la réalité des choses) avons tous compris : « ce jeune couple aurait mérité un peu plus de considération dans le traitement de son dossier et l’on eut pu en haut lieu anticiper leur besoin criant de consolidation de ce maudit chemin ». Heureusement pour nous, cette méprise quand aux véritables sentiments de Voisin à notre égard fit qu’au 15 mars, le chemin était refait.

Au moins avec ce chef de chantier, on sait à quoi s'attendre

Le 18 mars, me revoilà sur mon terrain en présence du TSCC, de l’IEU et d’un chien qui traînait dans le coin. Il faisait beau et il n’avait pas plu depuis une semaine. l’IEU, qui n’aura jamais moins mérité son qualificatif que ce jour-là même s’il le méritait quand même6 était même presque aimable, et tout le monde s’extasia sur la beauté de ce chemin refait à neuf. L’IEU fit soudain remarquer que par temps sec c’était quand même plus pratique de passer par l’autre côté du chemin, la partie qui n’avait pas été refaite et qui servait à l’agriculteur voisin pour accéder à son champ et qui déboule sur une petite route goudronnée. Cette même partie que le TSCC et l’IEU avaient écarté lors du premier rendez-vous pour un motif que je n’ai jamais très bien saisi. Ce qui me rassure, c’est qu’apparemment ce motif était tout aussi flou pour eux que pour moi, vu qu’ils ont changé d’avis avec un enthousiasme qui fit plaisir à voir. Nous tentâmes même d’aller voir au bout du chemin s’il était bien praticable, mais nous nous fîmes refouler par le chien qui montrait quelques signes d’agressivité dès que nous tentions de nous approcher de sa demeure, située au bout dudit chemin7.

Vous allez me dire : « Mais, mais… mais pourquoi ils t’ont fait refaire le chemin alors, vu qu’ils ne vont pas passer par là ? Du coup ils auraient pu commencer avant ?! ». Figurez-vous que j’ai eu la même interrogation, mais vu que je suis un Sage en devenir je me suis abstenu d’exprimer à haute voix ce doute afin d’éviter de passer aux yeux de mes interlocuteurs pour un crétin qui n’y connait rien.

l’IEU et le TSCC m’assurèrent que mon chantier était rouvert (et que repartait le délai de construction, youpi) et que celui-ci était prioritaire, d’autant que j’avais été super compréhensif et que je ne les avais pas engueulé alors qu’ils n’y étaient pour rien et que si tout le monde était comme moi leur travail serait bien plus cool. « On commence sous quinze jours, dès qu’il n’a pas plu pendant 3-4 jours on vient creuser ! ». Vous imaginez sans peine ma joie et mon visage radieux à l’énoncé de ces excellentes nouvelles qui marquaient la fin de mon calvaire pré-construction.

1 mois plus tard et après trois semaines sans pluie, il n’y a toujours pas eu un seul coup de pelleteuse sur notre terrain. :|

Suite : Albane étant plus douée que moi pour secouer les puces des gens, elle a rendu une visite de non-courtoisie au TSCC pour lui dire tout le bien qu’elle pensait de sa façon de gérer notre chantier. Celui-ci lui a assuré tout penaud que le chantier débuterait la semaine prochaine.


  1. Je n’ai pas réussi à trouver un calembour convenable mettant en scène Bob l’éponge ou même le hérisson de Spontex. Comme quoi le niveau de ce blog baisse drastiquement. 

  2. Je suis vulgaire mais pas grossier, vous en conviendrez. 

  3. Je vous précise tout de même que Raphaël se contrefout de cette histoire, c’est un effronté insouciant. 

  4. « Élément tout à fait négligeable » en Français. 

  5. C’est véridique, il me l’a dit. 

  6. J’ai bien conscience que niveau fluidité de lecture ce genre de phrase c’est pas top, mais c’est mon blog et vous n’avez qu’à aller essayer de déchiffrer un skyblog kikoo sms et vous conviendrez de concert avec moi que finalement, je suis assez lisible bien qu’un peu pédant dans mon style. 

  7. Alors que lorsqu’il se promenait sur mon terrain il était tout tranquille. Et je tiens à lui signaler que moi, je ne lui ai pas montré les dents en aboyant quand il a pénétré sur mon territoire. 

Je voudrais la paix sur le monde, vite je commente !


Fils d'abruti

Pondu le 23 août 2010 - 11 commentaires

Il est communément admis qu’on ne doit pas dire de mal des bébés, sous prétexte qu’ils ne sont pas capables de se défendre avec des arguments cohérents puisqu’ils ne peuvent pas parler.

Mon propos de ce jour ne nuira donc pas à la réputation des bébés, mais il faut tout de même signaler que ces petits bestiaux ont des comportements qu’on trouverait pour le moins largement inacceptables de la part d’un adulte. Prenons comme exemple mon fils de 9 mois1. Superbement nommé Raphaël2, ce sac à viande de 76cm de longueur qui pèse 11kg se permet en effet de transgresser allègrement toutes les règles de bienséance en vigueur.

Salut les gens !

Premièrement, ce bébé est une usine à bave. Il peut baver plus qu’il n’ingère d’eau dans une journée. Avez-vous déjà vu un dîner d’ambassadeur sans Ferrero Rochers et avec des gens qui se permettent de baver partout sans respect ? Moi pas3. J’ai parfois l’impression d’avoir un élevage d’escargots chez moi.

Deuxièmement, il a le chic pour se mettre à faire des discours incompréhensibles mais bruyants au moment où l’intrigue peu palpitante de la série allemande de l’après-midi sur M64 s’emballe, à l’instar du cœur de l’héroïne qui vient d’apprendre que le beau mec qui vit miraculeusement dans la campagne pourrie où elle s’est réfugiée suite à l’abandon de sa vie citadine est non seulement disposé à l’aider à tenir la ferme dont elle vient d’hériter, mais qu’en plus il ne dirait pas non à un rendez-vous coquin derrière la grange. Alors que les deux protagonistes s’échangent des propos de plus en plus lourds de sous-entendus sexuels, mon Raphaël se met à gazouiller (brailler à tue-tête serait plus proche de la réalité) sans discontinuer, adressant probablement un discours poignant mais juste sur la nécessité pour le hochet Tigrou de faire la paix avec le piou-piou chantant, sans quoi ça va barder et il va en prendre un pour taper sur l’autre (ce qu’il finit d’ailleurs par faire).

De toute façon c’est un faux problème, étant donné qu’Albane attend toujours ce genre d’instant critique pour me parler et que donc je ne saurais jamais ce que Hans a dit à Greta, pas plus que ce qui s’est passé dans les deux scènes suivantes. Quand je reprendrais le fil du téléfilm, Hans sera en train de se battre avec l’ex-mari de Greta afin de lui montrer que c’est dorénavant lui le mâle de son ex, et que quand on est un gentilhomme on ne maltraite pas son ex-femme, même si celle-ci s’est barrée avec le compte en banque sans rien dire.

Troisièmement, ce gamin n’a que faire des fortunes englouties par l’entourage familial dans l’acquisition de jouets. Vous pouvez toujours lui offrir des jouets encensés par les pédiatres, qui font de la musique en trois langues ou qui rigolent quand on les secoue, ça ne sert à rien. Actuellement Môssieur Raphaël a comme favori une bouteille d’eau vide de 1,5L qu’il a réussi à attraper sur la table lors d’un repas en chaise haute (Tout jeune parent sait qu’il ne faut rien laisser traîner sur une table à moins de 50cm d’un bébé, sous peine de voir l’objet atterrir dans sa bouche).

Je pourrais discourir longtemps également sur l’étrange rituel du repas, dans lequel Raphaël se transforme en bébé à trois bras et quatre jambes tellement il gigote, ce qui rend le trajet petit-pot -> bouche assez hasardeux et digne d’une route commerciale en territoire barbare en 200 avant JC. Je plains la maman de Shiva5

Je profite de la fin de cette note pour vous signaler que tout de même, ce gamin est formidable. Figurez-vous que pendant les vacances il s’est réveillé le matin à 10h, permettant ainsi à ses heureux parents de ronfler sans honte alors qu’auparavant ils devaient se lever à 8h pour le bib du matin. Les lecteurs jeunes parents dont le bambin est un lève-tôt apprécieront à leur juste valeur, jaloux qu’ils sont.


  1. Pour ceux qui prendraient le train en retard il est né le 21/11/2009, parce qu’évidemment il n’aura pas neuf mois à vie. Ce serait idiot et contre-productif, vu que je me suis reproduit dans l’espoir qu’il reste quelqu’un pour payer ma retraite. 

  2. La honte me coule du front quand je me rends compte que je suis infoutu de taper correctement ce prénom sur un clavier, j’écris systématiquement Rapahël. 

  3. d’un autre côté je n’ai jamais été convié à un dîner d’ambassadeur, mais je suis membre du Fan-Club des Amateurs de Films Dans Lesquels On Peut Voir un Dîner d’Ambassadeur 

  4. Oui j’étais en congés les trois semaines précédent cette note, ce qui explique que j’ai eu connaissance de ce genre de fléau. 

  5. J’aurais pu en prendre une autre étant donné que les divinités indiennes ont fréquemment des membres supplémentaires mais Shiva est voué à la destruction, ce qui me semble tout à fait à propos. 

Je voudrais la paix sur le monde, vite je commente !


Comment gérer sa femme enceinte

Pondu le 25 septembre 2009 - 29 commentaires

Cette note mériterait d’être sous-titrée « Petit guide pratique à l’usage des futurs papas jeunes et dynamiques ».

L'homme est comme la femme, excepté pour les poils

La grossesse, une affaire qui concerne aussi les hommes

Quand on met en route un mini-soi, on est bien loin de se douter que le parcours du combattant ne va débuter après la naissance, mais qu’il commence en réalité bien avant :

  • Ne sous-estimez jamais la capacité de votre femme à manger dans des quantités gargantuesques. Pour peu que ses envies ne se limitent pas aux fraises mais aillent lorgner vers le Mc Do ou la raclette (même en plein été…), sachez qu’elle va manger tellement qu’elle risque de blesser votre amour-propre de goinfre mâle, votre porte-monnaie et la balance de la salle de bain1. Tout ça pour tout régurgiter lors des premiers mois en plus, ce qui montre bien l’idiotie de ce comportement.
  • Faites une croix sur votre vie sexuelle épanouie. Parce que la libido d’une femme enceinte, c’est du grand n’importe quoi : elle peut passer d’une excitation exrême à une apathie totale en moins de 12 secondes, ce qui vous laisse en général juste le temps de vous exciter et de commencer à enlever vos vêtements2. De toute façon la liste des positions praticables se réduit à peau de chagrin au fur et à mesure de la grossesse. Notez bien que reporter la faute sur votre femme serait un comportement plutôt stupide et complètement suicidaire : il y a d’autres moyens de conserver une activité sexuelle et votre femme pourrait se montrer gentille dans ce domaine, et de plus c’est quand même vous qui l’avez mise enceinte, et elle ne se privera pas pour vous le rappeler tout le long de la grossesse3.

  • A partir de la première échographie (soit à environ 3 mois de grossesse), votre femme ainsi que toutes les personnes de sexe féminin de votre famille et belle-famille vont commencer à souffrir de l’étrange symptôme commun également aux joueurs de Sims : l’achat de fringues et d’accessoires « top choupinou » pour le futur rejeton. Là, c’est le moment d’affirmer votre logique implacable de mâle : on n’achète pas de fringues avant de savoir le sexe, c’est une règle4. Alors bien sûr ces dames vont vous rétorquer qu’il existe des fringues unisexe, surtout les bodies, les nainnains (là j’orthographie au pif) et d’autres trucs super mignons. C’est vrai, mais céder à ce moment-là de la grossesse serait une erreur, car tout ce qui sera acheté avant de connaître le sexe sera de toute façon acheté en double parce que « maintenant qu’on connait le sexe, on va vraiment pouvoir lui acheter des fringues, et celles qu’on a déjà elles sont pas super ». Donc freinez des quatres fers avant l’écho des 6 mois, car c’est celle-là qui vous dira si le mini-vous est un couillu ou une pisseuse (vous aurez noté le terme volontairement péjoratif employé par la gente masculine pour parler des bébés filles. Ca fait partie du délestage de pression abordé à la fin de cette note).

  • L’échographie, justement. Ce sont des grands moments que vous devriez éviter de rater, d’abord parce que pour une fois votre femme ne vous reprochera pas d’être devant la télé, ensuite parce qu’avant sa naissance ce seront les seuls moments où vous pourrez voir le mini-vous. De plus, vous serez traité d’être insensible si vous prétextez une compèt’ de poney pour ne pas y aller. En général il y a trois échographies, à 3, 5-6 et 7-8 mois (en gros).

    • A la première, on voit le bébé dans son intégralité. Il ressemble à un martien, il ne bouge presque pas, mais c’est quand même vachement bien et les plus sensibles d’entre vous ne devraient pas avoir de mal à verser une larme.
    • A la deuxième, on voit le sexe. On voit aussi les bras, les jambes, ses petits pieds et mains et avec un peu de chances on distingue son visage. Pour notre part le mini-moi était déjà trop gros pour qu’on puisse le voir en entier.
    • A la troisième, c’est nul. Le bébé est tellement gros qu’on ne distingue rien du tout, et vous ne verrez qu’une série de tâches noires et blanches. S’il y en a une que vous voulez zapper, c’est celle-là.
  • A un certain stade de la grossesse, votre femme va commencer à vous dire : « oh, il bouge ! ». Bien évidemment pendant un mois, vous serez strictement incapable de sentir quoi que ce soit, ce qui est assez frustrant5. En général vous commencerez à vraiment le sentir bouger au moment où le bébé va se mettre à savater les côtes de sa maman, ce qui ne manquera pas de vous attirer des remarques du genre :  « Ah ça t’amuse toi, on voit bien que c’est pas toi qui le porte ! ».

  • Vous allez bien sûr devoir investir dans tout un tas de matériel, meubles, habits, peut-être même voiture et maison pour accueillir la petite chose qui va devenir un(e) boulet(te) jusqu’à ce qu’il(elle) fuit le nid paternel à la fin de l’adolescence. J’ai la chance d’avoir une famille et belle-famille qui n’ont pas hésité à soutenir financièrement les investissements mobiliers que nous avons dû faire, mais sachez que tout le matériel de puériculture (un mot dont vous ne soupçonniez même pas l’existence avant de vous embarquer dans cette galère) est honteusement hors de prix. Après, si vous êtes comme moi une star du montage de meubles en kit, cette étape ne devrait vous poser aucun souci. Dans le cas contraire, bon courage.

  • On sait tous que les papas grossissent en même temps que les mamans. Si vous ne faites aucun effort vous n’échapperez pas à la règle, comme si notre corps partait en sucette genre :  » Ouais bah moi aussi je peux en faire autant ! ». En général il suffit de manger moins et plus lentement pour éviter le drame. En plus après la naissance, vous aurez la classe. Déjà qu’un papa avec un bébé c’est considéré viscéralement comme sexy par les femmes, ne gâchez pas tout en ayant l’air d’un bibendum michelin.

  • Vers la fin, votre femme sera arrêtée. Pour peu que vous habitiez dans un endroit un peu isolé, ou que ses amies ne puissent pas être souvent avec elles, elle ne va plus vous lâcher quand vous rentrerez. Ou alors elle va bougonner dès que vous ferez mine de vouloir faire une activité en solo. Soyez compréhensifs et passez du temps avec elle, mais n’hésitez pas à lui suggérer d’inviter ses copines ou sa famille, et surtout ne vous moquez pas de ses activités totalement inintéressantes à vos yeux telles que trier 20 vingt fois les affaires de bébé, faire du point de croix ou du tricot, devenir fan de « Amour, Gloire et Cheveux Super Bien Coiffés ». Il va de soi que si c’était vous qui étiez arrêtés ce serait jeux-vidéos, ordinateur,  dvd et que vous ne vous ennuyeriez pas, mais les femmes sont bizarrement faites. Méfiez-vous néanmoins de cette période, votre compagne aura tendance à vouloir bazarder tout un tas de trucs et vous imposera un rangement draconien. C’est généralement à ce moment que vous finissez par vous séparer des dernières affaires de célibataire que vous entreposiez nostalgiquement dans un coin. Dans tous les cas, c’est le moment de la grossesse qui est le plus pénible pour un mec. Vous n’avez plus de moment à vous, vous ne pouvez profiter ni de votre femme (je ne parlais pas QUE de la sexualité évidemment) ni de votre bébé, vous êtes impatients, votre compte en banque n’a jamais été autant en négatif, tout le monde autour de vous vous demande pour quand c’est , vous dit que vous allez en chier et que ça va vous changer la vie. Comme si ça n’était pas déjà le cas…

Pour la suite, et bien ça attendra une autre note puisque notre mini-boulet devrait pointer le bout de son nez sous 2 mois, donc j’en suis là. Encore une chose toutefois : trouvez un moyen de lâcher la pression, parce que votre femme n’a en général que vous sur qui se défouler, elle en a vraiment besoin et elle ne s’en prive généralement pas. Souriez et encaissez, encore quelques mois à tenir.


  1. Problème que j’ai brillamment résolu en n’ayant pas de balance dans la salle de bain. Seul le wii-fit peut faire une pesée dans notre chez-nous, et il le fait avec des petites animations moqueuses lorsqu’on est en surpoids. 

  2. Vous pouvez toujours tenter de gagner du temps en restant constamment à poil, mais ça ne changera pas grand chose. Et en plus en hiver, vous allez attraper la grippe des fesses. 

  3. Je n’ose vous dire que si jamais elle ne vous le reproche jamais vous devriez exiger un test de paternité, mais il se peut aussi que vous ayez tout simplement la femme la plus gentille au monde. 

  4. Bon évidemment si vous ne voulez pas savoir, mon conseil ne sert à rien. 

  5. Déjà que vous serez frustrés sexuellement, alors ça en plus… 

Je trouve qu'on ne parle pas assez de poneys ici, vite je commente !