Le baiser de Neptune

Pondu le 16 mars 2018 - 0 commentaires

Il est certaines expressions très jolies qui ne sont absolument pas utilisables en haute société, comme lors de dîners d’ambassadeurs avec Ferrero Rochers et tout. Pour la même raison, ne vous fiez pas au titre poétique de cette note, car on va comme d’habitude sombrer dans le pipi-caca. L’expression du jour que nous allons voir aujourd’hui s’appelle le Baiser de Neptune.

Qu’est-ce que le Baiser de Neptune ? Mettons-nous en situation :

Pris(e) d’une envie pressante de faire la grosse commission (je vous avais prévenu qu’on allait pas faire dans le truc classe), vous vous enfermez aux toilettes. Vous poussez, poussez, vous lâchez même un petit grognement dans l’effort. Tout à coup votre étron tombe en chute libre, semblant peser des tonnes. L’impact avec l’eau des toilettes est monumental, les hôtes chez qui vous pondez cette horreur1 peuvent entendre le plouf à travers la porte, le couloir et les rires des convives.

Mais l’onde de choc provoque une remontée d’eau froide qui vient vous éclabousser désagréablement le derrière. Et bien le Baiser de Neptune, c’est ça.

Pour reprendre une définition correcte :

le Baiser de Neptune est l’éclaboussement d’eau qui survient sur vos délicates petites fesses lorsque vous lâchez un étron conséquent dans les toilettes.

Alors pourquoi ce nom ? Et bien parce que Neptune est la divinité romaine des eaux vives et des sources.

Petit aparté qui a toute son importance si on veut éviter des débats interminables et sanglants du type « Mais qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus balèze ? » : on appelle également ce phénomène la Caresse de Poséidon, celui-ci étant le dieu des mers dans la mythologie grecque.

Alors faut-il dire Baiser de Neptune ou Caresse de Poséidon ? On pourrait dire les deux. D’ailleurs faites-le, je m’en moque. Mais le Baiser de Neptune est plus mieux pour plusieurs raisons :

  • Neptune, c’est plus facile à dire que Poséidon. Quand vous placez l’expression dans une conversation banale, souvent au terme d’une soirée passablement arrosée, ça fait toute la différence.
  • Neptune et Poséidon sont un peu le même truc, vu que les Dieux romains et grecs sont souvent pompés l’un sur l’autre. Mais il y a pourtant une différence : Neptune est le dieu des eaux douces, alors que Poséidon celui des eaux salées. Je ne sais pas pour vous, mais chez moi les toilettes sont alimentées en eau douce. Du coup c’est complètement ridicule de penser que le dieu des mers va remonter les fleuves, les rivières et les canalisations juste pour venir vous faire un bisou alors que Neptune est déjà là à glander dans le coin.
  • On parle d’eau, d’humidité et tout ça, alors pourquoi employer le terme « Caresse » ? C’est ridicule, on a affaire à un baiser, c’est évident.

Pour vous montrer le phénomène en images, voici une petite illustration que je ne peux malheureusement pas sourcer vu qu’elle existe sur une foultitude de sites et que je n’ai pas pu en déterminer la véritable origine :

Ne cliquez pas sur cete image, vous vous feriez éclabousser

Le Baiser de Neptune, une illustration toute en poésie.

 

Maintenant qu’on a décrit admirablement le phénomène, comment l’éviter ?

  • En utilisant des toilettes sèches. Je sais, c’est extrême, pas confortable, ça pue quoi qu’en disent les adeptes de la chose et ça demande de la maintenance en plus.
  • En mettant du papier toilettes dans la cuvette avant de procéder à l’évacuation de vos intestins. Mais pour que ce soit efficace il faut en mettre beaucoup, et si vous êtes pressé(e)s c’est infaisable.
  • En visant la porcelaine plutôt que le trou, mais ça laisse de sacrées traces de pneus pas faciles à essuyer, qui nécessiteront sans doute plusieurs chasses d’eau pour en venir à bout.
  • En interceptant la crotte avec la main avant qu’elle ne tombe. Mais c’est dégoûtant.
  • En retenant la crotte avec votre sphincter avant qu’elle ne tombe, pour minimiser l’ampleur et la vélocité de la chute. L’avantage c’est que ça fait bosser un muscle qui a tendance à se relâcher avec l’âge donc c’est très bien. L’inconvénient c’est que ça demande de la dextérité et de l’expérience avant d’être pleinement opérationnel, et que le résultat est loin d’être garanti parce que ça va dépendre de tas de facteurs comme la consistance de l’étron, son diamètre, sa dureté, etc. On rentre dans un truc d’expert là, et à part quelques fanas de performance, ça ne va pas intéresser la plupart des quidams qui veulent juste « poser leur pêche ».

Mes lecteurs réguliers (qui n’existent pas d’ailleurs, vu que pour ça il faudrait que j’ai un rythme de publication qui soit lui aussi régulier…) se demandent déjà où est passé la photo de jolie fille à moitié nue.

Je ne sais pas si vous avez analysé la structure de cette note2, mais plus on avance et moins c’est classe.

Du coup pour la dernière image qui va clore la note, je finis en beauté :

Ne cliquez pas sur cette image, vous pourriez être éclaboussé(e)

J’ai du mal à comprendre comment on peut mettre ce genre de choses en scène, mais je ne vais pas me plaindre puisque ça me fait une illustration.

 


  1. On est bien d’accord qu’on est dans une situation fictive en tout cas pour ma part. Je suis très territorial pour ce genre de choses et j’ai un mal fou à faire caca chez les autres. Mais c’est arrivé et je sais que les plus libres d’entre vous n’ont aucun scrupule à pourrir les toilettes des autres. 

  2. Et en plus je doute que ça soit un jour vu en classe de collège, vous savez, ces fameuses heures de français pendant lesquelles on essaie de déterminer tous les trucs alambiqués qu’a voulu dire l’auteur d’un texte, alors que tout le monde sait qu’en vrai il a écrit ça parce que ça lui venait comme ça dans la tête et que si il a pu vouloir faire passer un message, personne ne fait passer 20 messages en un paragraphe et qu’à part l’interprétation la plus évidente le reste c’est de la masturbation de cerveau… 

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Réunion de rentrée, voilà voilà

Pondu le 27 septembre 2016 - 0 commentaires

Jeudi dernier, j’ai eu la joie de participer contre ma volonté de mon plein gré à la réunion de rentrée des parents de la classe de CE1 du plus grand de mes petits monstres.

Ce gamin se tape de luxe d’avoir deux maîtresses, une pour le début de semaine, une pour la fin. Et comme je le pressentais, double de maîtresses = double de durée de réunion.

Pour l’occasion, nous étions dans la classe de nos chers bambins à 17h tapantes, et nous pouvions même nous installer à leur place puisque les maîtresses avaient disposé des petits panneaux avec le nom des enfants pour que nous parents puissions dire fièrement à des gamins qui s’en foutent qu’on s’était assis à leur place. Afin de bien marquer le coup, j’avais commencé à graver sur sa table « Dad was here », mais je me suis fait punir par Maîtresse n°1 et j’ai passé le reste de la réunion au coin.

Si je ne devais retenir qu’une seule chose de cette réunion, ce serait le mot « voilà ». Il a bien dû être prononcé par les deux maîtresses une bonne centaine de fois, parfois à l’unisson d’ailleurs.

La modernité ayant pénétré avec fracas dans nos institutions scolaires, toutes les classes sont équipées d’un vidéoprojecteur relié à un PC. L’avantage, c’est qu’aucun gamin ne risque de se prendre une craie lancée habilement entre ses deux yeux (bien que le traditionnel festival inter-écoles de lancer de craie ait toujours lieu chaque année, les élèves punis étant réquisitionnés en tant que cibles). Je présume que c’est comme les coups de règles sur les doigts de nos parents, tout se perd.

Les enseignantes ont donc allumé leur vidéoprojecteur pour nous montrer l’emploi du temps des enfants, nous avons ainsi pu voir qu’une des enseignantes a des pratiques sexuelles très libres grâce aux photos de vacances qu’elle avait récupéré sur l’ordinateur de la classe. Après nous avoir vanté les mérites des donjons sado-maso du bassin d’Arcachon, maîtresse n°1 nous a détaillé les deux premiers jours de la semaine.

 

Ne cliquez pas sur cette hôtesse, vous recevriez un coup de fouet.

L’hôtesse d’accueil du Palais de la Fessée à Arcachon

 

Il existe un cliché récurrent comme quoi les instits sont des feignasses qui passent leur temps en vacances, c’est pourquoi on nous a présenté un planning digne d’un ministre. Pas un ministre de la culture hein (sinon il n’y aurait eu que des petits fours et des cocktails d’inauguration), plutôt un ministre genre budget ou logement, qui fait des réunions pas marrantes dans lesquelles on ne rigole pas.

Un planning barbant donc, et super dense. J’ai bien regardé (en plissant les yeux parce que j’étais tout au fond1), je n’ai pas vu de créneau babyfoot, massage thaïlandais et origami ouzbek. Je me suis ainsi fait punir deux fois consécutives, la première fois pour avoir grossièrement interrompu la maîtresse sans avoir levé le doigt pour lui signaler ce qui me semblait être une anomalie, et la deuxième pour avoir confondu mon planning et celui de mon rejeton. J’ai donc dû copier 30 fois « Je ne dois pas interrompre la maîtresse en rotant bruyamment, ni raconter des âneries. »

Contrairement à ce que nous assènent à longueur de journée les vieux « C’était-mieux-avant », il semblerait que les élèves d’aujourd’hui apprennent les mêmes choses que les élèves d’hier, avec un peu d’anglais en plus. Leur intervenante étant d’un pragmatisme incroyable, elle commence l’année avec les jurons anglophones. C’est à dire toutes les variations à base de « fuck » comme « fuck off », « fuck you », « fucking fuck » et « what the fuck ». Les « motherfuckers », « shit », « sucker » et « bitch » devraient suivre jusqu’à la période de Noël.

Les mathématiques ne sont plus basés sur des nombres de pommes mais sur des valises d’argent transitant vers les paradis fiscaux. Sauf en zones prioritaires où on prend plutôt des voitures volées ou brûlées. Maîtresse n°2 nous a bien dit qu’effectivement c’était un peu discriminatoire, mais qu’il fallait bien adapter l’école aux enjeux modernes et que « cette différence était dictée par le pragmatisme et non par une idéologie de bisounours de merde, qu’il y en avait marre de tous ces culs-bénis bobos bien pensants qui s’offusquent pour un pet de lapin, ces hipsters bohémiens qui se font appeler des social justice warriors qui feraient bien de trouver une vraie occupation au lieu de fumer des joints en profitant du travail des autres ». C’est à peu près à ce moment-là que la maîtresse n°1 a dit que sa collègue avait un rendez-vous et qu’elle allait devoir nous quitter. Après avoir sorti la n°2 de force, la n°1 a donc continué en nous parlant du système de récompense qu’elle a instauré auprès des élèves.

Comme elle précisait que les punitions corporelles étaient interdites, maîtresse n°2 est entrée en trombe par la sortie de secours et s’est lancée dans un discours enflammé où il était question de ces lopettes politiquement correctes de pédiatres et pédopsychologues de merde qui feraient mieux de laisser bosser les gens compétents au lieu de pondre des théories fumeuses sur l’éducation des enfants des autres. J’ai applaudi bien fort, je me suis fait sortir en même temps que maîtresse n°2 par les gros bras de la sécurité.

Ce n’est qu’après cinq minutes que j’ai pu rentrer dans la classe, où je suis directement retourné au coin pour avoir beuglé « I’m back, bitches ! » au moment où je franchissais la porte.

Entre temps Maîtresse n°1 avait exposé son système de récompense, qui tourne globalement autour de la torture psychologique. Comme elle a dit, à un moment il faut bien montrer aux élèves que s’ils franchissent les limites il y a des sanctions. Alors qu’elle consultait ses fiches pour nous montrer un savant diagramme, maîtresse n°2 a fracassé une des fenêtres, a sauté dans la classe et nous a expliqué fort bruyamment que le lobby des psychiatres avait œuvré en sous-main auprès du gouvernement pour faire interdire les punitions corporelles pour une seule raison : les maltraitantes physiques sont plus facilement soignables que les souffrances psychologiques, du coup on force les gens à utiliser la violence psychologique en remplacement de la violence physique2.

La sécurité mit un peu plus de temps à évacuer la maîtresse n°2 cette fois, plusieurs parents commençant à prendre sa défense. Le calme revint surtout lorsqu’il fut rappelé que les gardes de sécurité étaient maintenant armés depuis les attentats. Un des parents qui mit en doute cette affirmation fut promptement tazé, ce qui acheva de convaincre les sceptiques.

Après une courte conclusion à base de « voilà », la maîtresse n°1 passa aux questions des parents.

Disons-le tout net, ce fut une boucherie.

La plupart des parents voulant montrer qu’ils étaient meilleurs parents que les autres, ils hurlèrent comme des gorets qu’on égorge pour se faire entendre et poser des questions allant du hors-sujet au complètement à côté de la plaque.

Maîtresse n°1 ne se laissa pas démonter et fit rappeler Maîtresse n°2. Son regard assez flippant et la bave qu’elle avait aux lèvres fit revenir le volume sonore dans la pièce à un niveau supportable et l’on put échanger courtoisement. Je vous passe le détail des questions, de toute façon ça ne m’intéressait pas.

Finalement j’ai pu m’enfuir vers 23h15, récupérer mes petits gamins qui faisaient cuire un écureuil à la broche autour d’un feu qu’ils avaient réussi à allumer dans la cour de l’école et rentrer dans ma chaumière en évitant les bandits de grand chemin qui sévissent par chez moi.

Voilà.


  1. Il est d’ailleurs assez curieux que l’être humain rétrécisse son champ de vision lorsqu’il a besoin de mieux voir, il doit bien y avoir une raison plus ou moins scientifique que nos chers savants aborderont très probablement dès qu’ils auront fini de trancher définitivement la question de savoir qui est le plus balèze entre l’éléphant et le rhinocéros. 

  2. A ce sujet, l’Association des Pédopsychiatres Francs du Collier a indiqué dans sa brochure à destination des parents et éducateurs que la violence psychologique étant plus compliquée à vérifier que les marques de coup, les parents peuvent s’y adonner avec un minimum de risques. 

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Une histoire de courant

Pondu le 25 avril 2012 - 12 commentaires

 Pré-note : Cette note est la plus longue que j’ai jamais faite, quasiment 4600 mots. C’est une fiction évidemment, et pas une très marrante en plus. De ce fait, point de photo de jeune femme courtement vêtue cette fois-ci. Bonne lecture…

Amandine était bien embêtée. Cette jeune brune de 28 ans travaillait à l’accueil clientèle au sein d’ERDF. Le fonctionnement d’ERDF restait un profond mystère pour elle, vu que lors de sa formation aucun responsable ne s’était risqué à lui décrire le fonctionnement de l’entreprise. Elle avait cru comprendre que c’était un reliquat de l’ancien monopole EDF-GDF, et que du coup lorsqu’il avait été décidé de créer ERDF, on y avait fourré pèle-mêle des trucs d’EDF et de GDF en priant très fort pour que ça ne foire pas.

Amandine venait d’avoir un appel d’un client qui avait fait sa demande de raccordement début octobre 2011, et là on était en avril 2012 et rien n’était terminé. Elle alla voir son responsable, M. Defort, qui était un quinquagénaire mal rasé, peu aimable et pas très beau.

« – Patrick, j’ai un souci avec un client : ils vont emménager à la fin du mois et ils n’ont toujours pas été raccordés.

– Ils ont fait leur demande quand ?

– En octobre de l’année dernière.

– Et ils croient peut-être qu’il suffit de claquer des doigts pour leur amener l’électricité ?!

– 6 mois, ça fait long quand même non ?

– Ah ma petite, tu n’es pas avec nous depuis très longtemps, sans quoi ça ne t’étonnerait pas.

– Mais alors je fais quoi ? »

(suite…)

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James Bond, ce crétin subversif

Pondu le 27 décembre 2011 - 8 commentaires

Aujourd’hui nous allons parler des films d’espionnage, avec en vedette ce coquin de James Bond. Non pas que ce soit le seul, mais c’est certainement le plus emblématique.

Intéressons-nous d’abord au héros du genre (avec sa sous-catégorie de la Femme Fatale), que nous mettrons ensuite en concurrence avec son alter-ego le Vilain-Grand-Méchant.

Le héros, un type héroïque.

S’il est quelque chose qu’on ne peut nier avec le héros, c’est qu’il a une belle gueule charismatique. Du genre à faire se retourner toutes les nanas et les gays dans un cocktail mondain. Enfin non, pas les gays : le héros est un hétérosexuel compulsif, et toute chose tendant à démontrer que le héros pourrait apprécier les Dieux du Stade doit être écartée. Si homme gay il y a dans un film d’espionnage, ce sera soit un méchant, soit un élément comique, soit les deux mais dans tous les cas il sera totalement facultatif au niveau de l’intrigue.

Black Widow, une espionne russe crée par Marvel. Un bon prétexte pour mettre une paire de seins dans une combi moulante.

D’ailleurs je parle du héros au masculin, mais dans les rares films où on confie le rôle principal à une gourdasse, c’est la même chose (avec une paire de seins renversante en plus). Le héros est donc beau, avec du sex-appeal, bien fringué, une dentition parfaite et une condition physique qui lui permettrait de battre tous les records olympiques s’il n’était pas constamment occupé à culbuter des donzelles dans les toilettes des ambassades lors de réceptions ennuyeuses.

Car le héros masculin est un bon coup. Ce n’est pas moi qui le dit, mais la brochure printemps 2012 de Espion Magazine :

Avantages pour vous mesdames :

  • Procure de multiples orgasmes en peu de temps
  • Est capable de prouesses de séduction dont il ne se servira pas car vous aurez déjà succombé à son after-shave.
  • Garanti sans panne sexuelle.
  • A une haleine fraîche le matin.
  • Ne pète jamais au lit.
  • Ne regarde pas le foot.
  • A de gros moyens financiers.

Inconvénients :

  • Se barre au beau milieu de la nuit.
  • Est infidèle.
  • Ne fait pas les courses ni le ménage.
  • Se contrefout de ce que vous pouvez penser ou dire.

On l’aura compris, le héros a une grosse libido et une très faible opinion des femmes.

Le héros ne respecte pas les règlements ni sa hiérarchie. Il est libre le héros, c’est un rebelle ! Et en plus comme personne ne vient le chopper par l’oreille pour lui dire d’arrêter ses conneries et d’aller au coin, il est conforté dans son comportement.

Il est également très con. Non pas qu’il ne soit pas intelligent : le héros sait parler plein de langues, il connaît tout un tas de coutumes et usages dans plein de domaines variés, il sait faire la conversation et donner la patte quand on lui demande. Non, en fait c’est juste qu’il se comporte comme un abruti. Donnez à un héros deux options : l’une qui demande de la patience, de la réflexion mais qui sera efficace et discrète, et l’autre qui lui permettra de rentrer dans le tas en faisant des explosions, des morts et des dégâts considérables sans attendre. Quelle option notre héros testiculé va-t-il choisir ?1

La seconde évidemment. Et même si par inadvertance il choisit la première, il va à un moment ou à un autre faire foirer son propre plan pour pouvoir tuer tout le monde dans une explosion monumentale. On pourrait penser que le principal ennemi du héros c’est le Vilain-Méchant-Ricaneur, mais en réalité le héros roubignollé n’a besoin de personne pour saboter son travail.

Les collègues du héros :

Ils ne servent qu’à faire diversion, à se faire tuer ou à ce qu’on ne remarque pas trop que finalement le héros arrive à descendre une centaine de types surentraînés en deux heures et demi de film à lui tout seul. Ils ne valent même pas la peine que je leur consacre plus de temps, c’est dire s’ils sont inutiles.

La Femme Fatale :

Quand je vous disais que les James Bond Girls avaient des moeurs légères...

C’est une femme forcément sublime et bien roulée, élégante et pas vulgaire pour un sou. Très propre sur elle, elle sort souvent avec le Méchant Qui Fait Peur et va changer de partenaire sexuel sur une simple roucoulade du héros, ce qui va bien sûr fortement agacer le Méchant De La Terreur qui n’arrive pas forcément à satisfaire pleinement sa partenaire au lit, vu qu’il a quand même un projet de conquête du monde à organiser, et que non-pas-ce-soir-chérie-j’ai-mal-à-la-tête.

La Femme Fatale est intelligente et stupide à la fois : raffinée et bien élevée, elle saura briller en société. Pour autant elle fait des choix de vie qui confinent à l’acte suicidaire. Et quand les évènements ne lui sont pas fatals (c’est décidément un adjectif qui lui sied comme un gant), elle s’en sort de justesse et avec les cheveux décoiffés. Première bourde : sortir avec un Méchant Fourbe et Sournois ; deuxième erreur : sortir avec le héros qui veut justement éliminer le Méchant Sournoisement Fourbe ; troisième erreur :  non contente de faire tout ça, elle le fait de façon ostentatoire : tout le monde va voir qu’elle a joué à touche-pipi dans les toilettes avec le héros pendant le discours d’inauguration d’une entreprise de son méchant de mec, mais elle croit tout de même qu’elle va pouvoir s’en sortir avec un battement de cils et une sourire enjôleur.

Cette insouciance ridicule lui vaut fréquemment d’être tuée par le Méchant Vilain au Cœur Brisé de façon cruelle et douloureuse, mais ça survient après qu’elle ait fait des galipettes avec le héros et elle peut donc mourir sans gêner l’action de celui-ci.

A noter que certaines Femmes Fatales font partie des Méchants Secondaires. On peut au moins leur accorder qu’elles ne jouent pas à la girouette comme leurs collègues pro-héros, et qu’au moins elles restent fidèles. Mais par contre elles meurent à coup sûr, c’est ballot.

A l’inverse, voici les méchants, classés en plusieurs catégories :

Ceux qui n’ont pas de nom :

Sacrifiables à merci, ils sont systématiquement tués par le héros ou par le Grand Vilain Machiavélique. C’est dans cette catégorie qu’on met tous les gens de couleur présents dans ces films : le héros est blanc, le méchant est blanc, et la femme fatale… On s’en fout de la femme fatale, elle n’est là que pour montrer sa plastique de rêve.

Les Méchants Secondaires :

On pourrait les comparer à des Boss de fin de niveaux dans les jeux vidéo : ce sont des méchants intermédiaires qui mourront brutalement. Ce sont souvent eux qui ont le plus affaire au héros tout au long du film, et pourtant ils sont traités comme du petit personnel par le Vilain Méchant en Chef. Inutile de dire que nos méchants secondaires reportent toute la frustration de leur situation sur le héros ou à défaut sur la femme fatale du héros.

Ils ont souvent une difformité physique, ça renforce leur côté ouh-là-là-qu’il-fait-peur-celui-là. Et quand ils n’en ont pas, c’est le héros qui leur en crée une (balafre, bisou sur la joue, bras en moins, etc.). Ce sont des personnes qui ont une personnalité très fragile et qui craquent facilement. Ça leur vaut souvent une mort brutale et rapide.

Le Méchant Principal Plus Méchant que Les Autres :

C’est mon préféré, je ne vous le cache pas. Le Méchant a une élégance et un charisme certain, et pourtant il fait fade à côté du héros étincelant. Le Méchant est un type qui a réussi dans la vie : il est riche, il a une Rollex, des superbes villas, une femme magnifique… Ah non tiens, il vient de se la faire piquer par le héros. Mais à part ça il a tout pour être heureux. Tout ? Noooon, car il lui en faut plus !

C’est pourquoi le Méchant Diabolique et Vil a un plan. Un plan qu’il a mis des années à préparer, le but de sa vie, le couronnement de sa carrière, un plan qui lui vaudra d’être en couverture de Vilain Magazine comme étant le Méchant du Siècle ! Patiemment, il a rassemblé ses forces, mis en place ses pions, posé discrètement les bases de ce qui va lui permettre d’obtenir plus de pouvoir, plus d’argent, et d’obtenir enfin une reconnaissance de son talent par son papa qui le traite tout le temps d’incompétent.

Inutile de vous dire que le Méchant Monstrueusement Maléfique est d’une rare intelligence. Il est raffiné, cultivé, audacieux, visionnaire, méticuleux, il connaît ses tables de multiplication, il ne fonce pas tête baissée dans les ennuis, il réfléchit avant d’agir  et il n’oublie jamais de sortir les poubelles la veille du jour de ramassage des ordures. Par contre il a un complexe d’infériorité, il se sent rejeté, il veut l’admiration de ses petits camarades et il tolère très mal l’échec. Si jamais il rate son exercice de maths, il peut bouder pendant une journée entière.

Mais alors pourquoi donc le Méchant Qui est Malin et Cruel perd-il à la fin ? Il devrait pourtant mettre la misère au héros crétin !

Il me restait une photo, c'était dommage de vous en priver.

Et bien mes petits, ça s’appelle tirer le niveau vers le bas : dans une classe d’école, quand un élève est perturbateur et médiocre il a tendance à entraîner tous les autres enfants avec lui dans ses bêtises, abaissant à lui tout seul le niveau de la classe. C’est pareil pour le Méchant Qui Fait Peur aux Bébés : en présence du héros, il va vouloir tuer tout le monde et faire pan-pan boum-boum au lieu de réfléchir cinq minutes et mettre calmement un bon coup de pied dans les bourses hypertrophiées du héros pour lui apprendre à piquer la nana des autres.

Voilà la conséquence : le Méchant Vilain de la Peur s’éparpille dans tous les sens en essayant de singer le comportement stupide du héros pour lui mettre une raclée, et du coup il foire le plan de sa vie. Bon, il a quand même la satisfaction de buter son ex la plupart du temps, c’est toujours ça de pris. Et à la fin cet odieux personnage meurt, et jamais de façon élégante. De toute façon vous aurez compris qu’à partir du moment où on fait partie de toute autre catégorie que le héros, on meurt.

Mais alors, que peut-on retenir du film d’espionnage à la James Bond ? Premièrement, c’est une ode à la stupidité. Deuxièmement, les femmes adultères et frivoles y jouent un meilleur rôle que celles qui restent fidèles à leur chéri. Troisièmement, les gens qui présentent un handicap ou une difformité sont moqués et présentés comme méchants. Quatrièmement, on y célèbre l’arrivisme face au besogneux entrepreneur : le pique-assiette gagne face à celui qui a trimé toute sa vie et qui allait enfin réussir à s’épanouir. Cinquièmement, on met en valeur ceux qui ne respectent pas les règlements et qui n’en font qu’à leur tête.

L’air de rien, on tente de vous conditionner à désobéir aux règles et aux mœurs en vigueur dans notre société actuelle lorsqu’on vous montre tout ça.

Ces films sont la quintessence du film subversif. Et en plus y a des jolies filles dedans.

 


  1. Indice : pan-pan boum-boum. 

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Le mythe du plombier

Pondu le 31 août 2011 - 13 commentaires

Alors que j’étais en voiture pendant les vacances, la radio était branchée sur RTL à l’heure des Grosses Têtes. M. Bouvard a soulevé un point intéressant, qui a malheureusement été traité de façon tout à fait honteuse dans l’émission :

Quelle est l’importance du plombier dans la mythologie contemporaine ?

Je me sens donc obligé de reprendre ici la question, afin d’y répondre de façon un peu plus sérieuse que les membres des Grosses Têtes. Même si l’on n’a jamais vu de plombier président de la république ou de plombier astronaute, il n’en reste pas moins que le plombier occupe une place de choix dans notre société et notre culture. Épluchons ensemble cette passionnante muse qu’est le plombier.

– Dans les jeux vidéo :

Le drame de la mode : la moustache étant totalement démodée, cette jeune femme refuse de la laisser pousser.

Tout le monde connaît Mario et son frère Luigi, les deux plombiers créés par Nintendo. Ce vieux Mario a très souvent pour mission d’aller délivrer de la gourdasse princesse en détresse (Peach la plupart du temps), ce qui en dit long sur ce que pensent les concepteurs de jeux nippons de la capacité des femmes à se débrouiller toutes seules… Mario Bros est un succès vidéo-ludique énorme qui dépasse en surpuissance les crêpes au Nutella, c’est dire si c’est balèze.

Plus généralement, on trouve souvent des mini-jeux de plomberie où il faut assembler divers morceaux de tuyaux pour faire passer un fluide d’un point vers un autre. Ce concept a été imaginé par l’International Plumbers Academy, au sein du programme controversé  « Pipe Support Committee for a Better World« . Le but était de sensibiliser puis d’endoctriner de jeunes adolescents crédules pour les recruter dans des camps d’entraînements spéciaux où on leur lavait le cerveau pour des raisons troubles qui ne furent jamais vraiment élucidées. Le FBI mit fin à la branche américaine de l’organisation en 1992, mais il subsiste encore dans le monde des groupuscules déterminés à répandre la terreur et l’amour de la plomberie.

– Dans les légendes urbaines médiatiques :

Vous vous souvenez peut-être du fameux « plombier polonais » qui allait voler tous nos emplois début 2005, au moment du référendum sur la Constitution Européenne. Ce personnage est à rapprocher du vilain communiste pendant le Maccarthysme1 américain en pleine Guerre Froide, du Juif pendant la seconde guerre mondiale, et du trader depuis 2008. Bref, un gars qui fait peur et qui vient jusque dans nos foyers violer nos femmes et nos canaris, prendre notre pain et nous mener à la ruine.

Il se trouve que dans les faits, un rapport d’une commission d’enquête européenne dédiée à ce sujet a indiqué que le plombier polonais n’avait quasiment eu aucun impact sur les emplois français. Heureusement qu’on a depuis trouvé les traders comme boucs émissaires, on aurait eu l’air malin à avoir peur d’un type inoffensif.

– Dans le porno :

Zut alors, ma chemise a rétréci au lavage ! Quelle piètre ménagère je fais !

un des scenarii les plus connus des films pornographiques met en scène une jeune femme seulement vêtue d’une chemise de nuit qui fait appel à un plombier pour une fuite au robinet de la cuisine. Le plombier se trouve être parfois beau2, toujours grand et musclé pour résoudre les déboire de la jeune femme. En cours de route des mains s’égarent, des langues se retrouvent dans d’autres bouches et finalement ça se termine par un documentaire sur la reproduction animalière. On peut d’ailleurs constater que la plupart des acteurs masculins n’ont aucune véritable idée de la façon dont les humains se reproduisent, vu qu’ils répandent leurs fluides sur la dame et non pas dedans. Le duo plombier/femme au foyer est un grand classique du genre, aux côtés des duos docteur/infirmière, patron/secrétaire et tomate/chorizo.

Une étude datant de 2009 de l’Institut Pakistanais de la Statistique Ostensiblement Sexuelle (IPSOS, que nous connaissons tous) rapporte que les plombiers ont 38% de chances supplémentaires d’avoir un rapport sexuel avec une parfaite inconnue, alors que les patrons et docteurs ont 62% de chances supplémentaires d’être accusés de harcèlement sexuel dans le même contexte ; on ne peut que constater que les plombiers jouissent d’un prestige bien supérieur à ces professions pourtant mieux reconnues socialement.

En conclusion, je pense qu’on peut affirmer sans rougir que oui, le plombier fait bel et bien partie de la mythologie contemporaine. Sans jouer un rôle central, il se cache à la frontière de nos plaisirs et de nos peurs, discret mais attentif. C’est même la profession d’un des personnages importants de Desperate Housewives (Mike Delfino), ce qui montre que non content d’être bien intégrés dans notre culture moderne, les plombiers sont aussi de redoutables magouilleurs qui ne reculent devant rien pour se faire de la pub. Parce que quand même, un plombier qui vit dans un quartier aussi huppé que Wisteria Lane c’est n’importe quoi. Pourquoi pas y mettre un psychopathe, un vendeur de voitures, ou même un autre psychopathe, ou carrément des latinos aveugles pendant qu’on y est ?.

 

Tout ça pour vous dire que j’ai changé avec succès un réducteur de pression défectueux chez moi, et que mon groupe de sécurité fonctionne enfin normalement. C’est un petit pas pour moi, mais un grand bond pour la plomberie amateure !


  1. Il est à noter que McCarthy partageait le même prénom qu’un des plus célèbres dirigeants communistes moustachus, et qui est par ailleurs mon deuxième prénom à moi. Ces deux personnages avaient aussi en commun la flatulence facile, d’après quelques témoins. On me souffle que c’est également mon cas, mais c’est du vent tout ça. 

  2. Pas si fréquemment que ça d’ailleurs, c’est dire le peu de considération qu’a l’industrie du porno pour l’esthétisme masculin. Il faut bien le dire, les acteurs masculins sont souvent réduits à leur sexe. Les féministes feraient donc bien de la ramener un peu moins sur les films X, vu que les femmes y sont bien mieux représentées… 

Je trouve qu'on ne parle pas assez de poneys ici, vite je commente !